Ismahen

Ismahen, 16 ans

Je m’appelle Ismahen, je viens du nord-est de l’ Algérie. Mon père est franco-algérien, il habitait déjà en France, on est venu le rejoindre le 13 novembre 2009.
Toute ma famille maternelle est en Algérie, ça a été dur de tous les quitter.
On est venu à Besançon où il y avait déjà une de nos tantes, c’est plus tranquille qu’à Paris où nous avons un oncle. Mais ce n’était pas facile d’arriver en France en novembre à cause du climat !
Ma mère ne se sent pas très bien ici, elle se sent isolée, loin de sa famille…
On a d’abord vécu un mois chez ma tante, puis dans un foyer, maintenant on est chez nous.
A la maison, on parle français et arabe.
Dès que je suis entrée au collège, j’ai pu ouvrir mon cœur et j’ai des amies marocaines, algériennes, françaises.
Quand je serai grande, j’aimerais bien être infirmière mais je ne sais pas où je vivrai …

Ibrahim

Ibrahim, 15 ans

Je m’appelle Ibrahim, je suis en France depuis le 6 février 2013, je viens de Bamako au Mali. Dans mon pays je ne voulais pas aller à l’école, ce n’est pas obligatoire, je suis allé un peu à l’école coranique. Mes parents sont commerçants au marché.
Je parle Bambara, Soninké et Wolof. J’apprends le français au collège.
Je voulais absolument venir en France pour étudier. La France c’est un mythe. Mes parents ont payé beaucoup, je suis passé par le Sénégal, le Maroc, l’ Espagne. C’est un tchadien qui m’a amené à Besançon, où je suis arrivé le 27 février 2013. Le Conseil Général m’a trouvé une famille d’accueil.
Je suis bien ici même si c’est très dur d’être sans sa famille et ses amis mais c’est moi qui ai décidé de venir. Des fois je regrette d’être venu, c’est très différent de ce que j’imaginais …
Je ne connais pas encore d’autres personnes de mon pays.
Il y a un peu de racisme ici, mais il existe aussi chez nous, entre clans.
Pour l’instant, je veux rester ici pour faire des études de commerce.

Emanuel

Emanuel, 14 ans

Je suis né à Dublin, en Irlande, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 9 ans.
Ensuite, je suis allé vivre en Roumanie (mon père est roumain) puis nous avons vécu en Espagne, et aussi trois mois au Canada. Nous sommes aussi allés en vacances aux Etats-Unis.
J’aime bien le mode de vie au Canada, il y a beaucoup de nature, c’est grand. Je suis aussi allé à l’école en Roumanie, où je trouve le niveau plus élevé. L’après midi était libre, et je pouvais faire de la musique.
Finalement papa a trouvé du travail à Besançon en septembre 2011.
Quelquefois, en tant qu’étranger, on me dit de retourner chez moi, mais je ne sais pas où c’est …
J’ai la nationalité irlandaise, roumaine et française. Je parle ces trois langues,  et l’espagnol aussi.
L’Irlande, c’est où je suis né, et où j’ai vécu le plus longtemps.
La Roumanie, c’est où il y a toute ma famille paternelle et mes amis.
La France, c’est où je vis maintenant et où il y a ma famille maternelle.
Quand je serai grand, j’aimerais bien vivre en Amérique, et je voudrais être ingénieur dans la construction.

Yahya

Yahya, 14 ans

Je suis arrivé en France le 2 novembre 2011. J’avais 13 ans. Ma famille est marocaine mais nous venons d’Italie, de Milan. Je parle arabe, espagnol, italien, anglais et français. J’ai deux sœurs de 18 et 15 ans et un petit frère de 4 ans. Ce sont mes parents qui ont quitté le Maroc pour l’Italie. Moi et mes sœurs nous sommes tous nés en Italie.
Quand mon père a perdu son travail en Italie, il est d’abord venu seul en France à Paris. Mais il ne trouvait pas de travail. Comme j’ai un oncle qui vit à Besançon, mon père a cherché du travail ici et il en a trouvé. Ensuite, il a pris un appartement aux Orchamps et nous avons pu le rejoindre.
J’aime vivre en France pour plusieurs raisons. Grâce à la diversité culturelle, ici, j’ai plus d’amis qu’en Italie. Et je préfère la France également parce qu’ici, j’aurai plus de chance de réussir dans la vie.
J’aime la couleur rouge comme l’équipe de l’AC Milan, j’aime beaucoup le foot, j’aime les jeux vidéo, j’aime aller à l’école, j’aime Besançon à cause de la mixité et j’aime bricoler. J’aimerais devenir physicien et footballeur.
Je souhaite la bienvenue et je remercie tous ceux qui ont lu mon témoignage.

Narek

Narek, 16 ans

Je suis arrivé en France le 19 février 2010. Mais j’avais déjà beaucoup voyagé.
A un mois, ma famille et moi avons quitté l’Arménie pour le nord de la Géorgie, l’Aprasie. Quand j’ai eu 4 ans, nous nous sommes installés en Sibérie. A 12 ans, j’ai passé un an en Arménie pour obtenir des papiers pour pouvoir venir en France.
Mon père était ingénieur dans le Gaz en Arménie. Depuis 2000, en France, il était bénévole et vivait à Pontarlier dans un foyer. Ensuite, il a travaillé dans le tri sélectif. Aujourd’hui, il est retraité.
Quand ma mère et moi avons pu rejoindre mon père en France, je suis resté sans papier pendant quelques mois, donc sans aller à l’école. Puis j’ai pu entrer au collège à Diderot, en CLA.
Avant que j’arrive en France, mon père avait trouvé un logement aux Montarmots. Désormais, je suis au collège Camus, en CLA et en 3ème. J’ai de la chance de pouvoir étudier en France et de faire du foot à l’ASPTT. C’était mon rêve.

Karim

Karim, 14 ans

Je suis né en Algérie à Kenchale à la frontière tunisienne. Je parle le français et l’arabe. Je suis arrivé en France le 13 novembre 2009. J’avais 11 ans. Ma famille s’est installée à Besançon car nous avons une tante qui vit ici. Ma grand-mère paternelle est française et elle vit à Paris. Quand je suis arrivé à Besançon, j’étais en primaire au CM1. J’ai un frère et deux sœurs.
Quand nous avons quitté l’Algérie, nous avons pris l’avion jusqu’à Marseille, puis le train jusqu’à Besançon. Nous sommes restés environ un mois chez notre tante puis nous avons été logés 2 jours à l’hôtel. Ensuite, nous avons eu une place dans un foyer à Battant et nous y sommes restés deux ou trois mois. Puis, la ville nous a attribué un logement  à Palente.
Ici, la vie quotidienne est différente de celle qu’on avait en Algérie parce que là-bas nous vivions chez mon grand-père et c’était bien mieux de vivre en famille. Après Palente, nous avons déménagé à Clairs-Soleils. Puis, il y a quelques temps, nous sommes venus habiter aux Montarmots. Nous avons désormais plus de place et c’est à côté du collège.
Depuis 2009, je suis retourné cinq fois en Algérie pour les vacances. Je préfère vivre en France mais je voudrais vivre à Paris parce qu’il y a ma famille : grand-mère, oncle, tante, cousins.
J’aime le foot. Je joue au PSB. J’aime aussi la boxe mais j’aimerais devenir footballeur professionnel.

Arhun

Arhun, 14 ans

Je viens d’Azerbaïdjan. Je parle l’azéri, le turc, l’anglais et le français. Dans notre pays, mon père était journaliste et directeur d’un journal. Mon père a été emprisonné pendant deux ans car ses idées politiques ne correspondaient pas avec celles du gouvernement.
A sa libération, pendant l’été 2011, nous avons quitté l’Azerbaïdjan pour la Turquie. Puis nous sommes venus nous installer en France. D’abord à Paris, pendant une ou deux semaines, puis à Besançon et nous avons déménagé trois fois avant de nous installer à Planoise.
Nous sommes quatre enfants. Je suis le plus jeune et j’ai trois grandes sœurs. Je suis au collège Camus en CLA, j’ai beaucoup d’amis qui habitent le quartier Saint Claude et j’aime aller au collège.
Les différences entre l’Azerbaïdjan et la France concernent surtout le système scolaire : ici, c’est très bien organisé et le rythme scolaire est différent puisqu’on va en cours toute la journée. L’école est bien mieux en France. On apprend mieux et c’est une chance.
En Azerbaïdjan, c’est très compliqué de faire ce qu’on aime. Tout est bien plus facile en France.