Claire-Nicolle, 68 ans

Claire-Nicolle, 68 ans
Photographie de la série Empreintes

Claire-Nicolle, 68 ans

Mes parents étaient hongrois. Ils sont nés juste à la fin de la vieille Monarchie, mon père à Budapest et ma mère à Szeged. Je crois que c’est elle qui a le plus souffert dans sa famille de ce

dépècement de l’Europe centrale. Ses grands-parents, hobereaux du sud de la Hongrie, ont été ruinés par la fin de la guerre. De plus, ma mère est née en dehors du mariage, reconnue et adoptée par son père plus tard. Tous deux sont venus en France pour des raisons de travail, mon père, engagé à Budapest par Renault.
Le hongrois est une langue musicale que je garde dans l’oreille. La culture ? Je m’aperçois maintenant que la culture de mes parents était une culture européenne que tout le monde revendique maintenant. Chaque fois que je peux, je vais en Hongrie. J’y ai toujours de la famille. Budapest est si beau avec son grand fleuve houleux, et tout autour la Puszta, ses chevaux et sa mélancolie.