Julien, 30 ans

Julien, 30 ans
Photographie de l'exposition Empreintes

Julien, 30 ans

Ich stamme aus Deutschland ! Si de part mon père j’ai des origines tunisiennes (de Nabeul), c’est à mes origines d’Outre-Rhin, héritées de ma grand-mère maternelle, que je suis le plus attaché! Mon grand-père l’a rencontrée en 1945 alors qu’il

servait au sein de la 1ère  Armée. En 1948 enceinte du troisième de ses huit enfants, elle a suivi mon grand-père démobilisé, pour déménager de Neustadt an der Weinstraße, située en Rhénanie-Palatina, à Besançon.
Arrivée en France, l’intégration fut difficile pour elle, comme pour ses enfants confrontés à la xénophobie. Elle, qui était infimière diplomée, dû mettre un terme à son épanouissement professionnel, ainsi qu’à son désir d’apprendre l’allemand à ses enfants, car dans la France des années 50 il n’existait pas d’associations comme le Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples. Les maîtres d’écoles trouvaient normal que soient rossés par leurs camarades, les jeunes filles et jeunes garçons qui avaient commis le crime de parler allemand dans leur cour d’école primaire. Comme quoi l’intolérance n’est pas liée qu’à la couleur de peau ou la religion ! Pourtant jamais ma grand-mère ne reprocha à mon grand-père de lui avoir fait quitter son train de vie bourgeois, pour une vie prolétaire de mère au foyer et seule la mort vint les séparer.
La vie est plus belle en Allemagne. C’est une autre mentalité qui se ressent au niveau social, culturel,  politique et économique. Je parle allemand, mais je perds la pratique car j’y  retourne de moins en moins.