Roxana, 35 ans

Roxana, 35 ans
Photographie de la série "Empreintes"

Roxana, 35 ans

La Roumanie est un pays de douleurs, d’espoir, de poésie, de croyance larmoyante, pays de paysans, d’intellectuels partis…
Je n’ai pas honte de parler d’une Roumanie lumineuse qui grandira un jour sur la démolition d’un pays d’inquiétude,
tellurique, primitif, noirci d’un passé historique lourd, douloureux et désespéré – une proie !
Au début de mon arrivée en France, en 1989, l’image de mon pays m’a hantée. J’ai constamment remâché son passé en faisant toujours un parallèle ou une comparaison avec la France, pays de rois et de lumière, un vrai contraste ! Mais si j’ai réussi à faire adieu à un passé que je veux révolu, je n’en ai pas fait de même avec ma langue, latine, avec laquelle je ne peux pas et je ne romperai jamais. Une langue d’une culture riche, mélancolique, poétique….
On ne peut se figurer à quel point, en dehors des lieux où je suis née, j’adore cet espace, « mioritique » ou non.
J’y retourne chaque année. C’est mon abreuvoir. C’est le lieu où je me ressource. Quel bonheur que de respirer l’air matinal de mon enfance, entendre, écouter, voir et m’y perdre dans les coutumes bien conservées à l’occasion des fêtes religieuses comme Pâques ou Noël.
Je voudrais que la Roumanie réunisse en elle le destin de la France et la population de la Chine… Folie que tout cela !
Mon coeur est roumain, mon amour est des deux : roumain et français, des âmes sœurs. A quand, toi, Bucharest, capitale d’enchantement, redeviendras-tu le «petit Paris» comme on t’appelait autrefois ?