Actualités : Exposition « l’autre moitié du ciel » du 14 mars au 15 avril 2012

Ouverture spéciale le jeudi 8 mars à 18h  à  l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Selon une sentence chinoise, la femme est « l’autre moitié du ciel ». Cette exposition c’est le regard d’une photographe, Magali Jeanningros, sur les femmes de minorités chinoises : clichés pris sur les marchés, au coin des rues, entre sourires et attente, qui mettent en lumière la diversité culturelle de ce pays. C’est également un point de vue sonore, celui d’Aurélien Bertini, reporter pour Radio Campus Besançon. Entre cartes postales et sujets de société, l’auteur suggère une terre de contrastes et de paradoxes.

L'autre moitié du ciel - photo Magali JeanningrosCette exposition est un carnet audio-photographique d’un voyage printanier en 2011 dans la Chine du sud. C’est aussi une interrogation sur la place des femmes là-bas, où la situation démographique en faveur des hommes questionne. Une interrogation sur la place des femmes ici aussi, par le regard que le groupe Miroirs de femmes du site Migrations à Besançon pose sur cette question.

Miroirs d’elles

Une plume libre pour écrire et décrire le groupe « Miroirs de femmes » et l’expérience vécue le 7 décembre 2011  » Lecture à voix autres » à travers leurs mots:

Karima : Je ne sais pas où on trouve la force pour dépasser sa timidité. Je me suis dit : « Chanter en arabe devant des personnes que je ne connais pas, non, ce n’est pas possible » ! J’ai souhaité être un papillon, celui de ma comptine, et m’envoler mais comme par magie, je me suis vue me présenter devant le public et chanter. J’ai vu les yeux emplis de douceur m’encourageant  à continuer. A cet instant bref, j’étais à la fois dans les bras de ma maman, dans mon « bled » et ici, à la bibliothèque, dans mon nouveau pays.

Lioudmila : Ici ou là bas…j’essaye de remplir chaque moment de mon existence avec des choses qui me comblent. Cette expérience, (elle réfléchit un instant) oui, en effet, en Russie j’enseignais l’anglais aux enfants dans une école primaire. Et là, devant les petits et leurs parents je retrouvais la  Lioudmila d’avant. Le cœur bat bien fort quand les sentiments brodent des œuvres autour de lui.

Sona : J’ai un travail à accomplir. Une trace à laisser à mes enfants et mes petits-enfants. Leur permettre de garder des liens avec l’Arménie. Présenter des comptines dans ma langue devant le public c’est aussi rendre hommage à ma mère qui chantait si bien. J’appréhendais ce moment, mais ce jour-là, une force inexplicable  m’a donné des ailes.

Christine : (d’abord un rire du fond du cœur) J’ai dit oui parce que j’aime chanter ! Parce que je suis fière de vous « amener » au bord de la rivière de mon enfance, au Congo. Le son du lingala est magique et quand on y croit, la magie se produit. La musique traverse des paysages inconnus et fabuleux. Les gens devant moi avaient l’air heureux,  j’étais si contente !

Julienne : Je devais partir travailler et je suis restée en me disant : tant pis si j’ai du retard pour une fois ! Tous ces visages d’enfants et de leurs parents valent  mille fois mieux que tous les papiers et les mots qui vous parlent de « vivre ensemble ». Là, dans la simplicité de cette rencontre je me suis sentie la bienvenue et celle qui peut donner un peu de soi, de son pays. A travers une berceuse pour les petits qui réunit les deux Congo-s. Qui réunit les gens. Le monde.

Chantal : A part mon accent franc-comtois, je n’en ai pas d’autres. Je suis celle qui vous dira « bonjour » en français et qui est très fière d’être membre du groupe « Miroirs de femmes ». Dans la solitude encore plus prononcée de la journée pluvieuse du 7 décembre, j’avais envie d’être parmi ma « petite famille adoptive ». Chaque accent, chaque chanson, peu importe la langue, c’était une caresse pour ma p’tite Sophie, ma girafe, seul souvenir de mon enfance. Ce fut une journée où mon cœur a vu plus clair que mes yeux.

Floriane : Je suis très heureuse d’avoir fait partie de cette expérience. Je me suis sentie « intégrée » au groupe « Miroirs de femmes » ahahah ! J’ai été très émue de pouvoir partager la langue de ma grand-mère avec des enfants et leurs parents. Cela m’a permis à la fois de me rapprocher de mes origines espagnoles et aussi de me rappeler la si belle diversité de mon pays, la France.

Nineli : Le chemin de confiance (en soi, aux autres) est long et il n’est pas toujours lisse. Il faut du temps et j’espère être à « l’heure » pour le rendez-vous prochain. (elle a contribué par écrit avec une comptine en géorgien).

Tanja : Rendre visible « un jardin » dans lequel chaque fleur a sa propre histoire, sa beauté et sa fragilité. L’entretenir par ce qu’il enrichit le paysage. Prendre soin de « la culture » pour qu’elle puisse être sur une terre fertile et  donner la naissance à des « variétés » encore plus belles et plus solides.

« L’après-midi aux 17 saveurs »

A l’occasion de la semaine du goût, des femmes du groupe de l’Amitié et de « Miroirs de femmes » de Planoise ont partagé, par la dégustation, l’exotisme culinaire de leurs origines respectives. Sucré, salé, épicé, fruité, parfumé, inconnu, ou encore délicieux : autant de goûts et d’impressions échangés entre des femmes de divers horizons.
Encore une fois, le plaisir des papilles nous a rassemblé et chacune a relevé le défi de surprendre les autres avec une saveur inhabituelle venue d’ailleurs, ou traditionnelle de la région. Ce fut l’occasion de donner à connaître un peu de ses racines mais aussi de sa personnalité.
Car autour d’une table, c’est plus qu’un après-midi « gastronomique » que nous avons vécu mais bien un moment convivial entre femmes.
« Ce mélange des saveurs et des cultures est comme un voyage dans les pays », nous a confié Nathalie du groupe de l’Amitié.

La recette pour un après-midi savoureux se compose d’aliments, de fruits et de boissons venus d’ici et de là-bas, de sourires et d’envie de se connaître.

Si vous avez d’autres « ingrédients » à proposer, n’hésitez pas à nous rejoindre!

 

 

Souvenir d’enfants

Pour les  personnes arrivées en france à l’âge adulte, les souvenirs du contact avec leur nouveau pays restent longtemps vivaces même si paradoxalement au fil du temps ils sont de plus édulcorés. Qu’en est-il alors pour les enfants ?  Il y a quelques mois j’étais en contact avec des jeunes femmes des Clairs soleils.   Ce sont de jeunes mamans pour la plupart, toutes très dynamiques en tous cas. Elles ont environ entre 25 et 35 ans. Certaines sont nées ici en France, d’autres , aînées de leur fratrie étaient jeunes voire en très bas âge lorsqu’ en en 93 /94, elles ont rejoint le père immigré en 93 /94 et si elles sont attachées au pays de leurs ancêtres elles ne le sont pas moins à la France : leur propre pays natal.

J’ai eu envie de leur demander quel souvenir le plus frappant elles gardaient de leur arrivée à Besançon, même si pour beaucoup notre ville  n’a pas été leur destination première.

 Pour un grand nombre d’entre elles, c’était l’école et surtout l’accueil de la maîtresse. Elles sont unanimes : « nous n’oublierons jamais notre maîtresse d’école. Aujourd’hui nous n’aurions jamais été accueillies comme nous l’avions été. »Â  (elles étaient en CLIN  ou classe d’intégration pour les primo arrivants).

Malika  très enjouée avoue avoir été fascinée par un jeune garçon de sa classe; un Suédois : »pour moi, il était comme un grand soleil tellement il était blond. J’arrivais  d’un petit village marocain et je ne connaissais que des enfants bruns. Uneblondeur pareille a été un choc pour l’enfant que j’étais alors.  »

Johra : « J’ai quitté la campagne marocaine dans les années 80 pour rejoindre mon père à Besançon. J’avais alors 14 ans. Je ne savais ni lire ni écrire le français. D’ailleurs, je n’avais jamais été à l’école de ma vie. Je ne comprenais rien, mais rien en classe. Alors la maîtresse me disait «tu es trop grande, tu perds ton temps en classe, il vaux mieux aller apprendre la couture.»  Aujourd’hui, j’ai 35 ans et je n’ai toujours pas digéré que ces paroles de la maîtresse, pour moi elle ne voulait pas s’occuper de moi ». 

Elles ont pratiquement toute eu la même maitresse et elles ont souhaité la revoir après tant d’années. Lorsque les retrouvailles ont pu être organisées, ce fut un moment d’intense émotion où larmes, souvenirs, rires étaient intimement mêlés. Autre souvenir marquant : la réaction des grands parents à l’annonce du départ des petits enfants et de leur maman pour rejoindre le père en France depuis plusieurs années.

Amusée, Lila raconte :  » lorsqu’elle  a appris que mon père allait nous emmener en France, ma grand-mère a caché puis déchiré nos passeports. « 

Zohra explique : Mon père a dû refaire faire deux fois le passeport de ma mère, car à chaque fois mes grand parents le détruisaient. En fait, ils étaient tristes et affolés en même temps. Mon père étant absent, nous vivions chez nos grands parents et notre présence auprès d’eux étaient la garantie que l’exil de notre père était temporaire. Nous, l’ayant rejoint, les grands-parents étaient persuadés qu’ils perdaient à jamais leur fils.

Farida TOUATI

Regard de femme sur sa place dans la société

11 avril 2011

Nous avons reçu les premières photos de Magali qui sont magnifiques . Elles nous montrent la vie quotidienne d’une communauté  inconnue de nous, habitations, habillements, paysages et  lieux de travail.

Pour visionner les photos : cliquer sous le lien ci dessous

.http://www.flickr.com/photos/magalijeanningros/sets/72157626446697922/show/

4 avril 2011

Nous continuons à prendre des contacts pour rencontrer le plus de femmes possibles.

  20 mars  2011 

Aurélien  et Magali sont partis pour 3 mois en Chine à la rencontre de la société matriarcale des Mossuos.

Avant de partir, Aurélien nous a remis un appareil d’enregistrement afin d’assurer la continuité du projet et a demandé à ses collègues de nous aider techniquement en cas de besoin, ce qu’ils ont accepté gentillement.

Nous espérons avoir prochainement des nouvelles de nos deux voyageurs.

14 mars 2011

De janvier à mars, nous avons rencontré 4 groupes de femmes  de différents quartiers de la ville, à savoir :

un groupe de Planoisiennes accompagnées par une éducatrice de l’ADDSEA  ;

un groupe de femmes participant à un atelier couture sur le Centre Ville ;

un groupe de femmes étrangères nouvellement arrivées à Besançon ;

un groupe de femmes habitant le quartier de la Grette.

Après avoir présenté le projet, nous nous sommes entretenu avec les personnes qui souhaitaient y participer.

A ce jour, nous avons déjà réalisé 11 interviews.   A chaque fois les femmes se sont montré très intéressées par ce projet. Si pour certaines, il a été assez facile de s’exprimer, pour d’autres cela a été difficile car c’était la première fois qu’on leur demandait leur avis. Nous apprécions beaucoup ces rencontres avec des femmes de tous horizons avec lesquelles nous pouvons échanger nos expériences et qui se sentent en confiance avec nous. Ce que nous aimons aussi dans ce projet c’est qu’il permet à beaucoup de femmes de « s’ouvrir » et de se valoriser.

31 janvier 2011

De Novembre  2010 à Janvier, nous avons travaillé pendant plusieurs séances sur lélaboration du questionnaire.

Nous avons été attentives au choix des questions pour qu’elles soient simples, accessibles et en lien  avec  notre projet.

Nous avons testé ce  questionnaire au sein de notre groupe en utilisant du materiel d’enregistrement. Cela a été pour la plupart d’entre nous une nouvelle expérience c’est à dire de nous retrouver dans un rôle de « journaliste ».

Aurélien nous a fait visiter Radio Campus pour mieux connaitre le travail , l’ambiance dans un studio radio.

visite à Radio campus

Christine s'essaie au micro

Lors de cette visite, Magali  quant à elle, nous a présenté son travail de photographe. Nous avons beaucoup apprécié sa façon de photographier les personnes qu’elle a rencontrées.

Au fur et à mesure des séances, nous nous sommes approprié le projet et nous sommes à l’aise, en confiance. Cette confiance en soi nous parait indispensable pour pouvoir rencontrer et interroger d’autres femmes.

20 décembre 2010

Aurélien Bertini, journaliste à Radio Campus et Magali Jeanningros, photographe, nous ont proposé de nous associer à leur projet sur la place de la femme dans différentes cultures. Ces derniers iront découvrir une société matriarcale : celles   des Mosuo (le royaume des femmes) en Chine.

Quant à nous, nous irons à la  rencontre de Bisontines de cultures et de générations différentes pour recueillir leur regard sur leur place dans la société. Nous utiliserons différents supports : photos, prises de son .

L’objectif de ce projet à travers ces différentes rencontres est de valoriser la diversité culturelle dans la société française. Ces différents regards  feront l’objet d’une exposition « Regards croisés » en lien avec les portraits réalisés par Aurélien et Magali.

Nous tiendrons un journal de bord tout au long de ce projet.

Si vous souhaitez y participer, contactez nous soit par mail, soit au 03.81.25.00.91.

Devenir français, est-ce juste obtenir des papiers ?

 

La culture française m’a toujours imprégnée, avant même mon installation en France il y a deux décennies de ça.

Je suis née en Algérie, alors département français, à Alger plus précisément. Ma langue d’usage, voire ma langue maternelle était et demeure en quelque sorte le français. Mon père, instituteur, nous a appris à lire et  à écrire cette langue avant même d’entrer en maternelle. Ma mère, quant à elle, nous enseignait la langue arabe pendant les grandes vacances scolaires. C’est dire, qu’à la maison nous parlions, réfléchissions, rêvions naturellement en français.  Chez nous, nous avons toujours parlé français.

Nous sommes en France, donc il faut épouser la France

    Fatima  tenait absolument à témoigner de son parcours de vie.  De son petit village du nord algérien à sa vie en France. Elle voulait absolument témoigner. Elle craignait Internet, on dit tellement de mal de lui, de ses dangers ! Elle voulait être sûre que son anonymat serait préservé. Et puis, les rares personnes à qui elle avait fait part de son projet lui disaient que c’est inutile, que témoigner sur la Toile, c’est comme jeter une bouteille à la mer.  Elle voulait apporter tout le dossier qui renferme sa vie  depuis son arrivée en France. Elle veut qu’on la croit. Elle a le sentiment que sans tous ces documents on mettrait en doute sa parole, son vécu. « Je veux quelqu’un qui m’écoute et qui puisse me croire. Je sais que c’est difficile de croire à tout ce qu’il me faisait. Etait-ce pour me rendre folle ou me pousser au suicide ? » répétait-elle  en disant regretter de ne pas avoir eu une caméra cachée.

Bien sûr, le parcours de Fatima ressemble à celui de milliers de femmes et surtout à celui de nombreuses femmes immigrées qui ont tout laissé derrière elles pour suivre leur homme.

Je crois que je me sens de plus en plus Bisontine

Je crois que je me sens de plus en plus Bisontine.

Par habitude ?

Le temps a sans doute commencé à faire son œuvre !

Bisontine d’adoption depuis quinze ans. Je me surprends à me dire : déjà !

Certains me disaient : c’est tout ! tu viens juste d’arriver en France !

Une question récurrente aussi : « est-ce que tu ne comptes pas un jour retourner chez toi !! »

Ah ! le vieux mythe du retour, comme s’il devait obligatoirement s’inscrire dans tout parcours migratoire. Tout ? non je ne crois pas. Je ne crois pas qu’il vienne à l’idée de quiconque de poser cette question à un Américain ou un Européen.

« On m’appelait la veuve »

Elle n’a aucune idée de son âge. Elle dit que ses rides et son dos parlent pour elle. Ses parents lui ont raconté qu’elle est née «l’année des Américains » ! [1] Elle, qui ne sait ni lire ni écrire, elle a comme ça des repères historiques qui jalonnent sa vie. Elle s’est mariée quand il y a eu le tremblement de  terre d’El Asnam.[2] Son mari et plusieurs jeunes du village sont partis en France à la saison des figues.

« …Alors on reconstruit son environnement originel. »

Comme beaucoup d’autres de sa génération, Habiba est un témoin averti de l’histoire de l’immigration, de son intégration, des difficultés rencontrées pour y parvenir ou pas, enfin de son évolution ethnologique et socioéconomique.

« Je suis née à l’Escale (dans le quartier des Founottes) dit-elle. C’était une cité de transit qui accueillait beaucoup d’immigrés. Pourtant il y avait peu de mixité. On était parqué par communautés parce qu’à l’époque  l’Administration ne voulait pas de mélanges. On habitait une cité de transit mais c’était plus « luxueux » que chez ceux qui vivaient dans des roulottes. »