Entre France et Italie

Quand je suis en Italie, j’ai l’impression de trahir la France et quand je quitte l’Italie j’ai un pincement au coeur. J’ai eu une enfance en zigzag entre la France et l’Italie et j’ai autant d’amour pour l’une que pour l’autre.

Mon grand-père maternel Tony est venu à Besançon en 1924 à l’appel de la France  qui avait des besoins en main-d’œuvre dans le bâtiment et les carrières. Il avait 21 ans. Ma grand-mère l’a rejoint 11 ans plus tard. Aujourd’hui, mon grand-père étant retraité ils sont retourné vivre au pays natal.

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Chez nous c’est les hommes qui commandent

Curieux destin que le mien. Je suis née en France. Mon enfance  était celle de toutes les petites filles. Puis un jour de mes neuf ans sans que je n’y comprenne rien -mes sœurs  non plus d’ailleurs-, on a pris le train et le bateau. On partait pour l’Algérie en laissant tout derrière nous.

Pour mes sœurs et moi, c’était un grand changement : l’Algérie était un pays totalement étranger. Notre mère nous  expliquait que nous étions dans notre pays mais pour nous c’est la France notre pays !

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Mon père était Harki

Vous êtes née à Besançon Où avez-vous vécu ?

Je suis née et j’ai vécu à Besançon.

Mon père est né en 1943 en Algérie et a été rapatrié en 1962 à  Valdahon  parce qu’il était harki.

Je ne pense pas qu’il soit devenu harki du jour au lendemain.

Il avait son histoire. Mon père n’avait pas de choix en ce temps là. Il n’y avait pas de travail. L’armée était la solution pour se nourrir et avoir un toit. Mon père a vécu dans des bidonvilles. Orphelin, il n’avait rien. Ma mère ma raconté qu’ils avaient une cuillère pour dix.

Son frère lui a demandé de s’engager dans l’armée, alors il s’est engagé.

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Mon pays s’appelait Zaïre

Je suis Congolaise. Quand je suis venue en France en 2000 le pays s‘appelait encore Zaïre. Le pays a changé de nom lors du changement de régime en 1997, il est redevenu Congo. Autrefois c’était le Congo belge.

J’avais une bonne situation, je ne manquais de rien. J’étais privilégiée. L’Europe ne m’est pas inconnue. Au pays, j’avais un supermarché et je venais en Europe pour faire mes approvisionnements.

J’ai vécu 9 ans en Suisse puis nous sommes rentrés au pays.

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Apprendre les gestes qui sauvent

Pour pouvoir prodiguer les premiers gestes qui sauvent, de jeunes mamans des Clairs soleils ont décidé de suivre une formation aux premiers secours civiques . [post=’8′ text=’Le Fonds de participation des habitants’] leur a, entre autres, apporté une aide financière.

A un bout du fil une jeune femme qui refuse de céder à la panique : quels gestes faut-il faire face au malaise d’un proche ? de l’autre un médecin du SAMU explique, rassure, s’assure que les gestes sont bien compris et bien faits en attendant la venue des secours.

« Je n’oublierai jamais ce médecin »  raconte-elle.

« Cet incident qui aurait pu être très dramatique a été pour moi un déclic. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie et tout le monde devrait apprendre  les gestes qui sauvent, comme on apprend à lire et à écrire. »

Que faire pour un bébé qui s’étouffe ?

Et face à une crise cardiaque ?

Comment appeler le SAMU ?

Où apprendre tous ces gestes ?

Elle en parle autour d’elle. Une dizaine de jeunes mamans se sent concernée. Elles constituent un petit groupe très motivé. Au Centre Martin Luther King des Clairs soleils, elles se renseignent. Elles montent  rapidement un projet de formation de Prévention et secours civiques mais ne savent comment faire les démarches administratives et surtout comment obtenir une aide financière.

Elles frappent aux portes qu’elles connaissent. Véronique Bartier de l’Espace social du quartier, charge Laure une jeune stagiaire de les seconder. Mais ce sont les jeunes femmes qui ont défendu leur projet devant les différentes structures.  Une fois des devis obtenus, le choix s’est porté sur la Croix rouge. Des aides financières ou matérielles ont été apportées par le CCAS, la MJC,  la Banque alimentaire et un organisme peut-être moins connu le Fonds d’aide aux habitants. Une toute petite participation financière a été laissée à leur charge.

La formation  a duré  4 jours à la MJC qui a mis à leur disposition une salle pour pouvoir organiser les horaires en fonction de ceux de leurs jeunes enfants.

Une semaine après le stage, l’une d’entre elle  a eu l’occasion de s’exercer sur une jeune fille qui saignait abondamment du nez dans le bus.  Elle raconte l’anecdote, explique le geste à faire.

Elles se  prodiguent   gestes et  conseils. Une discussion animée et pleine d’humour est déclenchée

– Pour nous, mamans c’est très important d’apprendre.

– Je ne sais pas comment faire quand j’ai avalé de travers une gélule.

– Avant j’avais peur quand je voyais un incident maintenant non.

– Quand on n’a jamais fait ça on s’imagine que c’est difficile, mais au fonds c’est très simple.

– C’est bien pour nous et nos enfants, maintenant qu’on  a appris les premiers secours. .

Plus tard, plusieurs mamans du quartiers ont regretté de ne pas y avoir participer et aimeraient à leur tour pouvoir le faire. Qu’à cela ne tienne !

Aller–Retour

Foncer et se retourner
Aller – Retour Foncer et ne pas se retourner

Pourquoi je ne trouve plus le sommeil
Il y a six mois je pensais avoir fait un cauchemar
La peur elle me tient en éveil
La réalité revient, j’en ai marre !
La douleur physique fait très mal
Après cela s’atténue
Mais aujourd’hui mon coeur saigne
Et l’on pense la vie continue
Autour de moi il y a du monde
Je n’ai plus de repère
Nouveaux visages, on me sonde
Je veux sortir de cette galère
Je ne veux plus avoir honte
Honte d’avoir aimé
Honte d’avoir été humiliée
J’ai été victime. Je ne suis pas coupable
Je n’ai pas commis de crime
Je tente de me reconstruire. J’en suis capable
Toute ma vie a été remplie de servitudes
Aujourd’hui c’est l’incertitude
Il faut être fort
C’est si facile de se donner la mort
Elle viendra quand ce sera l’heure
En l’attendant
Vivre c’est déjà un peu de bonheur.

Anonyme

2 octobre 2008

Clair-obscur

C’était juste un soir,
Aux couleurs d’une aube nouvelle,
Oh ! peine à y croire
A cette joie trop belle…
Ouvre les yeux
Et tends les bras
Rends-nous mieux
Le coeur suivra

Petite fille réveillée
D’un cauchemar
Enveloppée d’une nuit trop noire
A peine dissipée
Effraie nos coeurs
Soulève nos larmes
Lève nos peurs
Nos simples drames
De tout trop rien

D’un  regard
Quelques mots
Elle dit à notre histoire
Tous nos plus grands défauts
Etre sans le moindre fard
A notre juste niveau

Chantal

26 09 2008

C’était juste un soir,

Aux couleurs d’une aube nouvelle,

Oh ! peine à y croire

A cette joie trop belle…

Ouvre les yeux

Et tends les bras

Rends-nous mieux

Le coeur suivra

Petite fille réveillée

D’un cauchemar

Enveloppée d’une nuit trop noire

A peine dissipée

Effraie nos coeurs

Soulève nos larmes

Lève nos peurs

Nos simples drames

De tout trop rien

D’un regard

Quelques mots

Elle dit à notre histoire

Tous nos plus grands défauts

Etre sans le moindre fard

A notre juste niveau

Chantal

26 09 2008

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Le but de mon témoignage est de faire partager ma modeste expérience de retraitée.

Après 40 ans de travail, je voyais avec une certaine  inquiétude  arriver la retraite ou la sortie du circuit du monde du travail. J’allais devenir une retraitée. Je n’avais pas encore intégré cette notion dans mon esprit quand l’heure est arrivée.

Après une courte période de  réflexion, j’ai décidé de donner un peu de mon temps à aider les autres, en somme à être utile. Mais à quoi ? Je souhaitais m’occuper, c’est alors que j’ai rencontré une association : AGIR (Association générale des intervenants retraités) et j’y suis devenue bénévole et dispense des cours d’alphabétisation.

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Tendre la main

Lisa est une sacrée bonne femme pleine de ressources et pleine de valeurs. Malvoyante, son handicap l’a malheureusement exclue du monde du travail et elle devrait  alors avoir  toutes les raisons du monde pour ne rien faire.

Mais c’est compter sans les réserves extraordinaires qu’elle a en elle. Elle n’a sûrement pas pu se réaliser professionnellement, mais elle réussit à le faire à travers l’écriture et des actions de bénévolat. Et dans ce domaine, elle n’a pas choisi la voie de la facilité puisqu’elle intervient dans un domaine qui nécessite un véritable don de soi : celui de l’assistance à des personnes en grande précarité physique et morale.

«  Le bénévolat me permet de faire  des  rencontres tant avec d’autres bénévoles qu’avec le public qu’on reçoit. J’en tire beaucoup d‘enseignements : il y a ceux pour qui les actions qu’on mène en leur faveur est un dû, d’autres sont touchants dans leur façon de dire merci. Certains n’osent rien demander.

Vous savez, l’association dans laquelle j’œuvre est au cœur de la misère. Elle renvoie l’image de la pauvreté,  alors  certains me reprochent d’être bénévole. On me dit qu’est-ce que tu fais là ? tu vas attraper des maladies !

Pour moi le bénévolat remplace le travail qu’on m’a refusé,  dans le sens où dans le cadre de nos activités on doit être professionnel. C’est comme si on travaillait.

Personnellement, le  bénévolat m’apprend à me connaître à me sentir plus riche. Il me permet de me recentrer sur moi même, ne pas être dépressive et me remettre à niveau.  Mes différentes activités m’aident à dépasser ma timidité.

Je pense que pour beaucoup, le bénévolat comble un vide dans sa vie. Il permet de se réaliser surtout quand après certaines épreuves  de la vie on se croit plus bon à rien. Le bénévolat permet, non seulement, d’aider les autres mais aussi de retrouver l’estime de soi, de reprendre confiance.

Le bénévolat, dans un certain nombre de cas, remplace le tissu familial qui n’existe plus ou qui s’est distendu, dans  la mesure où on appartient à un  groupe.

Le choix du secteur dans lequel on s’investit comme bénévole n’est pas le fait du hasard. Il est souvent la conséquence logique d’une série d’évènements qui ont marqué notre vie.

Lisa

24 09 2008

Stéréotypes et identités sociales

L’idée qu’on se fait d’une personne en fonction de son apparence, de son origine sociale ou ethnique, repose souvent, sur des schémas construits par la société, la culture, l’éducation. Les représentations nous amènent parfois à avoir des préjugés entraînant des rejets voire des discriminations.

Pour dénoncer cet état de fait, des jeunes femmes participant aux manifestations célébrant la journée internationale pour les droits des femmes le 8 mars 2008, ont proposé cette galerie photos où elles apparaissent sous différentes apparences.

Marianne Boiral, plasticienne a mis en image 4 stéréotypes de la femme socialement admis.