Mon père était Harki

Vous êtes née à Besançon Où avez-vous vécu ?

Je suis née et j’ai vécu à Besançon.

Mon père est né en 1943 en Algérie et a été rapatrié en 1962 à  Valdahon  parce qu’il était harki.

Je ne pense pas qu’il soit devenu harki du jour au lendemain.

Il avait son histoire. Mon père n’avait pas de choix en ce temps là. Il n’y avait pas de travail. L’armée était la solution pour se nourrir et avoir un toit. Mon père a vécu dans des bidonvilles. Orphelin, il n’avait rien. Ma mère ma raconté qu’ils avaient une cuillère pour dix.

Son frère lui a demandé de s’engager dans l’armée, alors il s’est engagé.

Continuer la lecture

Mon pays s’appelait Zaïre

Je suis Congolaise. Quand je suis venue en France en 2000 le pays s‘appelait encore Zaïre. Le pays a changé de nom lors du changement de régime en 1997, il est redevenu Congo. Autrefois c’était le Congo belge.

J’avais une bonne situation, je ne manquais de rien. J’étais privilégiée. L’Europe ne m’est pas inconnue. Au pays, j’avais un supermarché et je venais en Europe pour faire mes approvisionnements.

J’ai vécu 9 ans en Suisse puis nous sommes rentrés au pays.

Continuer la lecture

Apprendre les gestes qui sauvent

Pour pouvoir prodiguer les premiers gestes qui sauvent, de jeunes mamans des Clairs soleils ont décidé de suivre une formation aux premiers secours civiques . [post=’8′ text=’Le Fonds de participation des habitants’] leur a, entre autres, apporté une aide financière.

A un bout du fil une jeune femme qui refuse de céder à la panique : quels gestes faut-il faire face au malaise d’un proche ? de l’autre un médecin du SAMU explique, rassure, s’assure que les gestes sont bien compris et bien faits en attendant la venue des secours.

« Je n’oublierai jamais ce médecin »  raconte-elle.

« Cet incident qui aurait pu être très dramatique a été pour moi un déclic. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie et tout le monde devrait apprendre  les gestes qui sauvent, comme on apprend à lire et à écrire. »

Que faire pour un bébé qui s’étouffe ?

Et face à une crise cardiaque ?

Comment appeler le SAMU ?

Où apprendre tous ces gestes ?

Elle en parle autour d’elle. Une dizaine de jeunes mamans se sent concernée. Elles constituent un petit groupe très motivé. Au Centre Martin Luther King des Clairs soleils, elles se renseignent. Elles montent  rapidement un projet de formation de Prévention et secours civiques mais ne savent comment faire les démarches administratives et surtout comment obtenir une aide financière.

Elles frappent aux portes qu’elles connaissent. Véronique Bartier de l’Espace social du quartier, charge Laure une jeune stagiaire de les seconder. Mais ce sont les jeunes femmes qui ont défendu leur projet devant les différentes structures.  Une fois des devis obtenus, le choix s’est porté sur la Croix rouge. Des aides financières ou matérielles ont été apportées par le CCAS, la MJC,  la Banque alimentaire et un organisme peut-être moins connu le Fonds d’aide aux habitants. Une toute petite participation financière a été laissée à leur charge.

La formation  a duré  4 jours à la MJC qui a mis à leur disposition une salle pour pouvoir organiser les horaires en fonction de ceux de leurs jeunes enfants.

Une semaine après le stage, l’une d’entre elle  a eu l’occasion de s’exercer sur une jeune fille qui saignait abondamment du nez dans le bus.  Elle raconte l’anecdote, explique le geste à faire.

Elles se  prodiguent   gestes et  conseils. Une discussion animée et pleine d’humour est déclenchée

– Pour nous, mamans c’est très important d’apprendre.

– Je ne sais pas comment faire quand j’ai avalé de travers une gélule.

– Avant j’avais peur quand je voyais un incident maintenant non.

– Quand on n’a jamais fait ça on s’imagine que c’est difficile, mais au fonds c’est très simple.

– C’est bien pour nous et nos enfants, maintenant qu’on  a appris les premiers secours. .

Plus tard, plusieurs mamans du quartiers ont regretté de ne pas y avoir participer et aimeraient à leur tour pouvoir le faire. Qu’à cela ne tienne !