S’initier au code de la route

Le 8 avril 2009

D’une confidence en novembre dernier est né un projet bien original. Apprendre le code de conduite.

– Rien de bien original diriez-vous !!

– Mais si, mais si !

Donc en novembre dernier, je rencontrai le groupe de jeunes mamans des Clairs soleils qui avait passé le brevet aux premiers secours civiques. On parle de cette formation bien sûr. Puis Yamina   confie qu’elle aimerait bien passer le permis de conduire. « Je sais un peu conduire mais je crains de passer le code : je ne maîtrise pas à fonds le français, mais surtout j’ai des moyens financiers très modestes  et j’ai peur d’échouer au code plusieurs fois et ce sera autant d’argent en moins pour ma famille et ça je ne peux pas me le permettre.»

Djouahra, elle, a raté son code au moins 5 fois. Elle dit avoir tiré un trait « sur cette histoire ».

Elles disent toutes leur envie profonde de pouvoir conduire. Chacune a ses motivations propres :

 Etre autonome. Ne plus se voir refuser des opportunités d’emploi faute du fameux sésame. Accompagner les enfants. Etc. Etc. 

«Ce qu’on aimerait : c’est trouver un moyen d’apprendre le code, d’essayer de le maîtriser avant de s’inscrire dans une auto école.»

Pour la plupart, la difficulté réside surtout dans la compréhension de certains mots.

Questions et propositions s’entremêlent. Le groupe se fait consensuel : trouver d’autres jeunes femmes du quartier intéressées et monter un projet.

Elles en parlent à Véronique, conseillère en économie sociale et familiale des Espaces solidaires du CCAS, qui confie le projet à Paula sa stagiaire en formation à l’IRTS. Ce sera donc la thématique de stage de Paula qui s’est énormément investie dans ce projet.

Divers contacts sont pris. Le projet prend forme progressivement. Des partenariats se montent. Un groupe de 16 personnes est très vite formé. Dans le quartier beaucoup de personnes sont intéressées mais ne peuvent être intégrées dans l’immédiat faute de place. Il y a même une liste d’attente.

Le projet est entériné par Agnès Bolard,  responsable du service des Espaces solidaires du CCAS. 

Dans un premier temps la formation se fera au centre Martin Luther King.

La Ville de Besançon  met à disposition sa cyberbase. Chaque apprenante aura  sa session personnelle sur ordinateur.

Sollicitée, l’association AGIR abcd*  vient de donner son accord de principe  pour un coup de pouce  à partir de septembre. D’autres contacts sont en cours pour un soutien logistique, humain ou financier.

Les représentantes élues des apprenantes vont bientôt défendre leur projet devant le Fonds de Participation des Habitants*.

Deux groupes de 8 personnes sont constitués. La formation va débuter cette semaine et se prolonger jusqu’aux vacances scolaires. Certaines des jeunes femmes n’ont jamais eu accès à la cyberbase. Ce sera leur premier contact avec l’ordinateur.

Une première évaluation du projet se fera à mi parcours, au mois de mai.