Isabelle la potière

Tenacité et persévérence réflètent le caractère d »une femme qui se dit têtue et qui n’a de cesse de mettre en oeuvre son projet et vivre de son métier : potière.
Isabelle n’a pas hésité à ouvrir les portes dont celles du Centre National d’initiation de Formation et de Perfectionnement de la poterie et du grès.

Ma devise : « il y a toujours une porte qui s’ouvre.»

Mon histoire avec la poterie est tout d’abord une histoire de rencontres avec en filigrane un souvenir d’enfance : J’avais 5 ans.

Un voyage avec mon grand-père dans le Lot.

Un potier sous un arbre.

Il était grand, il était beau. L’image idéale de vacances.

Je me suis dit : c’est ce que je veux faire.

Puis j’ai grandi. J’ai fait mon petit bout de chemin.

Les aléas de la vie font que je me retrouve seule avec deux jeunes enfants.
Il faut reprendre les rênes de sa vie, aller de l’avant, se reconstruire, rechercher un emploi, etc.

Comment ? Se pose alors la question : qu’est-ce que j’aime faire ?  Cette image du potier sous son arbre et toute la sérénité qui se dégageait de lui ressurgit de ma mémoire. Voilà ! Je veux être potière.

Même si je suis rurale et très manuelle, je n’ai jamais travaillé la terre et encore moins de la poterie.

Mon histoire avec la poterie est bien toute une histoire de rencontres :

– D’abord avec ce potier de mon enfance.

– Aujourd’hui avec une conseillère de l’ANPE. Elle me tend une grosse enveloppe pleine de documents sur l’Ecole nationale de poterie. Elle passe un coup de fil pour un petit stage d’initiation.

Tout s’est fait dans l’heure : un véritable cadeau de la vie !!!

Reste la question du financement et du lieu du stage.

J’habite la Haute-Savoie, le CNIFOP est dans la Nièvre et il commence bientôt. Il faudra déménager.

A Dieu va !

Pas peur ! je fonce !

Je trouve des financements à droite et à gauche.

J’arrive à l’école avec mes deux gamines sous le bras !

Problème ! Pour l’hébergement il n’y a que le dortoir, les enfants ne sont pas prévus. Nous avons été superbement accueillies et au bout d’une semaine on nous a trouvé un petit logement.

La formation peut commencer sans trop de stress.

Tout a été simple. Je n’avais pas le sentiment d’être en apprentissage, d’avoir à faire un quelconque effort. C’est comme si mon corps avait enfoui un souvenir. Tout se délie et tout me paraissait naturel.

Les difficultés du métier ont commencé à m’apparaître quand j’ai commencé à transmettre mon savoir faire et à dire aux autres : regardez comme c’est facile, faites le. Eh bien, ce n’était pas si simple : maîtriser la terre, la caresser et la dominer en même temps.

Il faut 7 ans de tournage pour acquérir le métier. Pour cela, j’ai entrepris mon tour de France.

Mais auparavant, j’ai passé une année au Sénégal en Casamance où j’ai rencontré différentes ethnies de potières. C’est vraiment là qu’a commencé mon vrai apprentissage d’une autre vie. J’ai découvert une autre chaleur, une autre façon de penser et de vivre. Tout était différent de ce que j’avais connu auparavant.

Cette riche expérience sénégalaise m’a donné une nouvelle ouverture d’esprit qui fait que l’adaptation est déjà facile. L’Afrique m’a apporté ce regard de tolérance.

A mon retour en France, j’ai travaillé dans une grande poterie dans la Drome puis  dans le Lot. Les pièces étaient tellement grosses qu’on pouvait se cacher dedans !! Ensuite, j’ai travaillé plutôt de petites pièces plus délicates.

Enfin, il y a quatre ans, j’arrive à Besançon où il n’y a pas de potiers. Ils sont tous à la campagne.

En fait je suis venue à Besançon pour soutenir ma fille. Elle a 20 ans, un CAP de tourneur et un BMA. Actuellement elle est au chômage. C’est pour cela qu’aujourd’hui mon projet professionnel intègre ma fille. J’ai mon propre four mais pas encore d’atelier.  J’en cherche un pour nous deux.

Actuellement et transitoirement, je suis salariée- entrepreneur dans une coopérative au sein de laquelle nous pouvons rester pendant deux ans pour viabiliser notre projet. Au mois de décembre prochain, je devrais opter pour mon statut : soit je deviens coopératrice soit entrepreneur indépendant.

Après des mois de recherche, mon atelier va enfin ouvrir ses portes en septembre à Recologne (2 rue de Chevigney – mail : yzapot@)hotmail.com) où je pourrai fabriquer mes pots et transmettre mon savoir-faire par le biais de cours et de stages.

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