« On m’appelait la veuve »

Elle n’a aucune idée de son âge. Elle dit que ses rides et son dos parlent pour elle. Ses parents lui ont raconté qu’elle est née «l’année des Américains » ! [1] Elle, qui ne sait ni lire ni écrire, elle a comme ça des repères historiques qui jalonnent sa vie. Elle s’est mariée quand il y a eu le tremblement de  terre d’El Asnam.[2] Son mari et plusieurs jeunes du village sont partis en France à la saison des figues.

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« …Alors on reconstruit son environnement originel. »

Comme beaucoup d’autres de sa génération, Habiba est un témoin averti de l’histoire de l’immigration, de son intégration, des difficultés rencontrées pour y parvenir ou pas, enfin de son évolution ethnologique et socioéconomique.

« Je suis née à l’Escale (dans le quartier des Founottes) dit-elle. C’était une cité de transit qui accueillait beaucoup d’immigrés. Pourtant il y avait peu de mixité. On était parqué par communautés parce qu’à l’époque  l’Administration ne voulait pas de mélanges. On habitait une cité de transit mais c’était plus « luxueux » que chez ceux qui vivaient dans des roulottes. » Continuer la lecture