Rencontre avec les résidents du logement-foyer Marulaz

L’ouverture vers les autres,  l’échange, et l’enrichissement mutuel restent les objectifs principaux du groupe « Miroirs de femmes ». Dans cette perspective, une collaboration interservices a été mise en place entre les animatrices du CCAS : Véronique Gallois, animatrice des cinq logements-foyers dela Ville de Besançon, et Tanja Nikolova, animatrice du site Migrations. Les deux collègues ont ainsi organisé une rencontre intergénérationnelle entre les femmes et les résidents du logement-foyer Marulaz. Voici le descriptif de ce rendez-vous, à travers le regard de Lise, qui a accompagné, en tant que stagiaire, le groupe Miroirs de femmes :

 Il est 15 heures, nous nous rendons au logement-foyer. Les résidents arrivent peu à peu dans la salle du restaurant, lieu de la rencontre. Nous nous asseyons tous autour d’une table. Nineli, du groupe, est déjà venue participer à des ateliers, Christine connaît quelques personnes grâce à la collaboration avec les espaces solidaires. Nous sommes une quinzaine, les générations se mêlent, l’ambiance est détendue. Alors, tour à tour, chacun se présente. Les femmes du groupe « Miroirs de femmes » se racontent et expliquent qu’elles aiment la France, ce pays qui les a si bien accueillies, et dans lequel elles se sentent bien… Les résidents racontent leurs parcours de vie, leurs anciennes professions, depuis combien de temps ils sont ici : de 8 mois à 12 ans ! Et enfin, ce qui les a menés à prendre la décision de venir vivre dans un logement-foyer. Pour beaucoup, c’est la santé qui les a empêchés de continuer à vivre chez eux, en toute autonomie. Leur sincérité nous touche. De 23 à 92 ans les générations s’encouragent : les résidents sont admiratifs de la perfection avec laquelle les femmes parlent la langue française, les femmes sont admiratives de la vie et de la volonté des résidents. Beaucoup expliquent qu’ils se plaisent dans ce logement-foyer, ils participent tous aux ateliers proposés : mémoire, chorale, écriture, bricolage, informatique… L’atmosphère est remplie d’émotions, la plus jeune des résidentes dévoile sa fragilité… Une autre souhaiterait davantage ce genre d’échanges. En effet, les photos prises cet après-midi et cet article du blog seront fièrement montrés à leur famille. La discussion s’est poursuivie sur le sujet de la « migration » qui parfois est un choix, ou parfois une nécessité. Certains résidents ont souligné la difficulté d’adaptation face à un changement de quartier, à un changement de vie. Laissant imaginer ce que ressentent les personnes qui migrent à des centaines, ou à des milliers de kilomètres de leurs pays, et toutes les difficultés qu’ils ont pu rencontrer. Les femmes du groupe en savent quelque chose…

Les yeux brillants, monsieur Raymond nous raconte son histoire : sa femme vit dans un autre foyer à Thise ; ils ont quitté leur maison suite à un incendie. Ne pouvant plus s’occuper de sa femme, ils se sont retrouvés séparé. C’est sa passion pour le chant qui compense, en quelque sorte, ce manque. Il nous démontre ses talents. S’ensuit alors un moment mélodieux qui rythme l’assemblée : Christine l’accompagne en lingala, Lioudmila nous chante « Kalinka » en russe, et les résidents nous interprètent les chansons du répertoire de l’atelier choral. L’échange se prolonge autour d’un goûter préparé par les femmes du groupe. Cet après-midi là les années et les distances ne se comptent plus.
A l’issue de cette rencontre, une belle promesse : nous reviendrons partager les comptines d’enfance des résidents et les comptines des pays d’origine des femmes…
 

Lectures à voix autres

Geneviève Cailleteau, une spectatrice de « Lectures à voix autres » :

Le 21 Mars 2012, j’étais conviée par Tanja à passer un moment avec le groupe « Miroirs de femmes », rendez-vous à la bibliothèque Nelson Mandela.

Je ne savais pas à quoi m’attendre… surprise ! Dans la salle se trouvent déjà assis des tout-petits avec leurs parents, et en face d’eux, en une scène improvisée, plusieurs femmes munies qui de marionnettes, qui de jouets, qui de livres…

Le spectacle commence, les babillements s’arrêtent au son d’une chanson animée de gestes que tout le monde imite, une comptine sera reprise par ceux qui la connaissent. Tour à tour ces dames chantent, récitent, captivent leur jeune auditoire, bercé par ces mots doux. La version française est d’abord lue, mais après, seule la musicalité des mots compte, la douceur de la voix, la gestuelle dansante.

Je n’ai pas dit l’essentiel : ces comptines ont été récitées dans la langue d’origine, arménien, serbe, macédonien, lingala, vietnamien, russe…, on a bien reconnu l’air de « Frère Jacques », mais il y était question de papillon en vietnamien.

Pour les enfants, aucun problème de compréhension ! Dans le miroir de ces femmes, ils se sont vus aimés de la même façon, en Afrique, en Asie ou en Europe…

Ce moment s’est poursuivi par un repas pour celle qui le pouvaient, j’ai cru comprendre que pour certaines, ces retrouvailles hebdomadaires, leur étaient indispensables, pour rompre la solitude, se faire des amies, être ensemble tout simplement.