Retour sur la journée du 8 Mars 2012

Le 8 Mars 2012. Il est 18heures. Le groupe « Miroirs de femmes » au complet se dirige vers le Fort Griffon. Il va présenter le projet mené avec Radio Campus pendant plusieurs mois sur « La place de la femme dans la société ». Aurélien, le journaliste de cette radio qui a travaillé avec nous, qui nous a encouragé pendant plusieurs mois. Ce soir, en quelque sorte, c’est un hommage que nous nous rendons mutuellement. Aurélien était à la base de ce projet et d’un voyage en Chine, afin de permettre un croisement de regards sur la place des femmes dans ces deux univers. Magali expose des photos de l’ethnie Mosuo, dans le sud-ouest de la Chine. Les sourires partent en ricochet quand nous découvrons aussi nos photos et celles des dames que nous avions interviewées.

Extrait du reportage réalisé par Aurélien Bertini pour Radio Campus

Fort Griffon, ce lieu culturel qui permet des rencontres, des échanges, se remplit peu à peu. Le nombre et la diversité des visiteurs accélèrent les battements de nos cœurs. Nous sommes fières !

Aurélien et Annie Ménétrier (elle représente la Ville de Besançon, un des financeurs de ce projet) présentent les objectifs de cette belle expérience et ouvrent l’exposition : La société matriarcale en Chine à travers des paroles et des photos et « La société française avec des femmes d’ici », présentées par un « voyage acoustique » que nous avons réalisé.

Et là… c’est à nous. Nous devons parler devant le public… Ce n’est pas facile. Nos visages rougissent, la voix tremble, mais la parole brode une écharpe riche en couleurs et en émotions. La journée du 8 Mars prend du sens grâce aux mots, ceux de Christine et de Julienne pour leur Congo natal et pour les femmes congolaises en souffrance. Sona, arménienne, est courageuse : c’est elle qui posait toujours le plus des questions et admirait les femmes émancipées, indépendantes ; elle ne se doute pas que c’est elle qu’on admirait pour sa détermination à dépasser ses propres difficultés : l’accent, la timidité… Voilà Nineli ; lectrice dans une maison d’édition pendant 30 ans en Géorgie elle veillait à ce que les mots soient justes et bien écrits… Aujourd’hui, cette « journaliste » s’efface devant les autres… Mais sa voix restera dans les archives… Lioudmila et son accent russe ; son sentiment « de ne pas être si à l’aise en interviewant des femmes » nous montre sa modestie. Chantal, quant à elle, se découvre comme une femme qui ose dire des choses, défendre ses principes…. Karima a rejoint le groupe plus tard, mais elle aussi n’a pas hésité à se glisser dans la peau d’une vraie journaliste. Françoise a été interviewée pendant ce projet et aujourd’hui elle est devenue bénévole dans notre groupe. Elle est toujours là pour soutenir, pour encourager, véritable ambassadrice d’hospitalité et de bienveillance.

Stéphanie et Farida, les deux animatrices des Espaces solidaires  avaient commencé cette aventure avec nous en 2010 et aujourd’hui, c’est Tanja, du site « Migrations à Besançon », qui anime le groupe.

Les personnes interviewées sont présentes ce soir, ainsi que d’autres qui ont des questions à nous poser. Nous avons écouté ensemble les interviews. Des mots resteront gravés : « Femmes, hommes pourquoi les comparer, ce sont des personnes égales… », « les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes… », « ce sont les femmes qui subissent le plus la violence… », « si j’avais une baguette magique je ferais que les femmes soumises et sans droit dans certains pays deviennent libres et heureuses »…

Une expérience riche pour nous toutes. Chaque interview nous a fait réfléchir, nous a montré que « la place » des femmes dans la société doit évoluer : les inégalités et les injustices montrent que le chemin sera encore long.

Une dame passionnée de perles …un atelier thématique du groupe « Miroirs de femmes »

Avec Geneviève on voyage, on apprend, on admire… Elle fait partie de ces personnes qui ne s’arrêtent jamais … Active sur plusieurs fronts, Geneviève est aussi une contributrice du site Migrations : avec sa plume elle recueille des récits de vies, rencontre des personnes, notamment originaires d’Afrique et réécrit la transcription de leurs témoignages.

Cette fois-ci, c’est elle qui témoigne et nous amène dans une terre riche de couleurs et d’émotions. Pendant sa carrière professionnelle, elle a travaillé et vécu de nombreuses années au Cameroun. Elle a appris beaucoup de  choses sur les cultures, les traditions diverses…Mais, aujourd’hui, notre rencontre porte sur sa passion : les perles, dont elle est tombée amoureuse en Afrique et la création des bijoux, uniques et sublimes.

« Les perles et la parure font partie de l’histoire de l’homme. Dès la préhistoire l’homme s’est paré, et dans toutes les civilisations les perles ont joué un rôle. Les religions s’en servent pour les chapelets, elles ont été des monnaies d’échange lors de la constitution des empires coloniaux et elles ont fait la fortune des verriers et des marchands vénitiens, entre autres. Ces perles anciennes, aux techniques de fabrication très élaborées, sont en bonne place dans les musées actuellement, un trésor culturel à travers les âges » dit-elle.

Elle nous montre des perles, elle les tient précieusement dans sa main :

« Je vous ai fait une sélection des perles que j’utilise dans mes créations. J’aime mélanger des matières naturelles, issues du monde minéral, animal et végétal. Pour le monde minéral, admirez le bleu du lapis-lazuli, les reflets de l’œil de tigre, le vert de la malachite. Dans le monde animal, j’utilise de l’os, des dents de phacochère, des crayons d’oursin, des coquillages. Les graines, le bois, la terre se trouvent dans le monde végétal. Maintenant, un peu de vocabulaire. Quand on parle de perle, un bijoutier va comprendre la perle fine, produite par une huître, sans que l’homme intervienne, c’est le fruit du hasard. Sinon, il s’agit de perles de culture, l’homme a fait en sorte que le mollusque fabrique une perle autour d’un noyau introduit (pearl en anglais). Enfin, communément, le mot perle désigne tout objet, le plus souvent sphérique et percé, susceptible d’entrer dans la composition d’un bijou, (bead en anglais). D’après certaines croyances, les perles sont les larmes des dieux et le clair de lune  a le pouvoir de les faire croître. Les Grecs pensaient que les perles naissent de la rosée que la lune dépose dans la chair offerte des huîtres flottant la nuit, grandes ouvertes, à la surface des eaux. »

Nous sommes émerveillées ! D’autant plus que les colliers qu’elle nous présente sont nés d’une histoire qu’elle  réussit à transmettre en respectant la nature, l’origine et la beauté des ces matières nobles. Sona, Christine, Françoise… les dames du groupe, ont beaucoup de questions et elles aimeraient découvrir encore plus des choses. La culture n’a pas de frontières, ni de limites…elle doit se partager et être la graine qui donne ensuite  naissance à tant de belle choses. De magnifique colliers composés par différentes perles : « Plus elles  sont variées, d’origines diverses, plus le collier est beau, c’est un peu comme votre groupe » dit-elle pour conclure.

 

Merci Geneviève et viens quand tu veux  dans notre « divers-cité »…