Une dame passionnée de perles …un atelier thématique du groupe « Miroirs de femmes »

Avec Geneviève on voyage, on apprend, on admire… Elle fait partie de ces personnes qui ne s’arrêtent jamais … Active sur plusieurs fronts, Geneviève est aussi une contributrice du site Migrations : avec sa plume elle recueille des récits de vies, rencontre des personnes, notamment originaires d’Afrique et réécrit la transcription de leurs témoignages.

Cette fois-ci, c’est elle qui témoigne et nous amène dans une terre riche de couleurs et d’émotions. Pendant sa carrière professionnelle, elle a travaillé et vécu de nombreuses années au Cameroun. Elle a appris beaucoup de  choses sur les cultures, les traditions diverses…Mais, aujourd’hui, notre rencontre porte sur sa passion : les perles, dont elle est tombée amoureuse en Afrique et la création des bijoux, uniques et sublimes.

« Les perles et la parure font partie de l’histoire de l’homme. Dès la préhistoire l’homme s’est paré, et dans toutes les civilisations les perles ont joué un rôle. Les religions s’en servent pour les chapelets, elles ont été des monnaies d’échange lors de la constitution des empires coloniaux et elles ont fait la fortune des verriers et des marchands vénitiens, entre autres. Ces perles anciennes, aux techniques de fabrication très élaborées, sont en bonne place dans les musées actuellement, un trésor culturel à travers les âges » dit-elle.

Elle nous montre des perles, elle les tient précieusement dans sa main :

« Je vous ai fait une sélection des perles que j’utilise dans mes créations. J’aime mélanger des matières naturelles, issues du monde minéral, animal et végétal. Pour le monde minéral, admirez le bleu du lapis-lazuli, les reflets de l’œil de tigre, le vert de la malachite. Dans le monde animal, j’utilise de l’os, des dents de phacochère, des crayons d’oursin, des coquillages. Les graines, le bois, la terre se trouvent dans le monde végétal. Maintenant, un peu de vocabulaire. Quand on parle de perle, un bijoutier va comprendre la perle fine, produite par une huître, sans que l’homme intervienne, c’est le fruit du hasard. Sinon, il s’agit de perles de culture, l’homme a fait en sorte que le mollusque fabrique une perle autour d’un noyau introduit (pearl en anglais). Enfin, communément, le mot perle désigne tout objet, le plus souvent sphérique et percé, susceptible d’entrer dans la composition d’un bijou, (bead en anglais). D’après certaines croyances, les perles sont les larmes des dieux et le clair de lune  a le pouvoir de les faire croître. Les Grecs pensaient que les perles naissent de la rosée que la lune dépose dans la chair offerte des huîtres flottant la nuit, grandes ouvertes, à la surface des eaux. »

Nous sommes émerveillées ! D’autant plus que les colliers qu’elle nous présente sont nés d’une histoire qu’elle  réussit à transmettre en respectant la nature, l’origine et la beauté des ces matières nobles. Sona, Christine, Françoise… les dames du groupe, ont beaucoup de questions et elles aimeraient découvrir encore plus des choses. La culture n’a pas de frontières, ni de limites…elle doit se partager et être la graine qui donne ensuite  naissance à tant de belle choses. De magnifique colliers composés par différentes perles : « Plus elles  sont variées, d’origines diverses, plus le collier est beau, c’est un peu comme votre groupe » dit-elle pour conclure.

 

Merci Geneviève et viens quand tu veux  dans notre « divers-cité »…

 

 

 

Regard de femme sur sa place dans la société

11 avril 2011

Nous avons reçu les premières photos de Magali qui sont magnifiques . Elles nous montrent la vie quotidienne d’une communauté  inconnue de nous, habitations, habillements, paysages et  lieux de travail.

Pour visionner les photos : cliquer sous le lien ci dessous

.http://www.flickr.com/photos/magalijeanningros/sets/72157626446697922/show/

4 avril 2011

Nous continuons à prendre des contacts pour rencontrer le plus de femmes possibles.

  20 mars  2011 

Aurélien  et Magali sont partis pour 3 mois en Chine à la rencontre de la société matriarcale des Mossuos.

Avant de partir, Aurélien nous a remis un appareil d’enregistrement afin d’assurer la continuité du projet et a demandé à ses collègues de nous aider techniquement en cas de besoin, ce qu’ils ont accepté gentillement.

Nous espérons avoir prochainement des nouvelles de nos deux voyageurs.

14 mars 2011

De janvier à mars, nous avons rencontré 4 groupes de femmes  de différents quartiers de la ville, à savoir :

un groupe de Planoisiennes accompagnées par une éducatrice de l’ADDSEA  ;

un groupe de femmes participant à un atelier couture sur le Centre Ville ;

un groupe de femmes étrangères nouvellement arrivées à Besançon ;

un groupe de femmes habitant le quartier de la Grette.

Après avoir présenté le projet, nous nous sommes entretenu avec les personnes qui souhaitaient y participer.

A ce jour, nous avons déjà réalisé 11 interviews.   A chaque fois les femmes se sont montré très intéressées par ce projet. Si pour certaines, il a été assez facile de s’exprimer, pour d’autres cela a été difficile car c’était la première fois qu’on leur demandait leur avis. Nous apprécions beaucoup ces rencontres avec des femmes de tous horizons avec lesquelles nous pouvons échanger nos expériences et qui se sentent en confiance avec nous. Ce que nous aimons aussi dans ce projet c’est qu’il permet à beaucoup de femmes de « s’ouvrir » et de se valoriser.

31 janvier 2011

De Novembre  2010 à Janvier, nous avons travaillé pendant plusieurs séances sur lélaboration du questionnaire.

Nous avons été attentives au choix des questions pour qu’elles soient simples, accessibles et en lien  avec  notre projet.

Nous avons testé ce  questionnaire au sein de notre groupe en utilisant du materiel d’enregistrement. Cela a été pour la plupart d’entre nous une nouvelle expérience c’est à dire de nous retrouver dans un rôle de « journaliste ».

Aurélien nous a fait visiter Radio Campus pour mieux connaitre le travail , l’ambiance dans un studio radio.

visite à Radio campus

Christine s'essaie au micro

Lors de cette visite, Magali  quant à elle, nous a présenté son travail de photographe. Nous avons beaucoup apprécié sa façon de photographier les personnes qu’elle a rencontrées.

Au fur et à mesure des séances, nous nous sommes approprié le projet et nous sommes à l’aise, en confiance. Cette confiance en soi nous parait indispensable pour pouvoir rencontrer et interroger d’autres femmes.

20 décembre 2010

Aurélien Bertini, journaliste à Radio Campus et Magali Jeanningros, photographe, nous ont proposé de nous associer à leur projet sur la place de la femme dans différentes cultures. Ces derniers iront découvrir une société matriarcale : celles   des Mosuo (le royaume des femmes) en Chine.

Quant à nous, nous irons à la  rencontre de Bisontines de cultures et de générations différentes pour recueillir leur regard sur leur place dans la société. Nous utiliserons différents supports : photos, prises de son .

L’objectif de ce projet à travers ces différentes rencontres est de valoriser la diversité culturelle dans la société française. Ces différents regards  feront l’objet d’une exposition « Regards croisés » en lien avec les portraits réalisés par Aurélien et Magali.

Nous tiendrons un journal de bord tout au long de ce projet.

Si vous souhaitez y participer, contactez nous soit par mail, soit au 03.81.25.00.91.

Aller vers le meilleur de soi-même

–         Identité et  représentation sociale

–         Violences psychologiques

–         Reconstruction de soi

Ce  sont autant de thématiques que nous avions voulu traiter. Il nous a paru utile, voire évident,  de clore ce travail avec la thématique de la beauté, tant l’image prend de plus en plus   le pas dans la vie sociale et dans la sphère intime.

Ce que nous ne voulions surtout pas, c’était d’aborder la question sous l’aspect de l’esthétisme ou du consumérisme.

Nous avions plein d’idées et savions quel message faire passer, mais au fur et  à mesure de nos  échanges, nous constations combien le sujet est vaste et complexe car très subjectif.

La notion de beauté a évolué à travers les âges et les civilisations. Elle diffère d’une culture à l’autre.

Chacune et chacun de nous a sa propre  appréhension de la beauté, mais l’image qu’on renvoie et qu’on se renvoie peut parfois être fortement influencée par le regard de l’Autre, les stéréotypes, le matraquage des marchands de beauté.

Ne pas se laisser  entraîner dans cette spirale, au risque de se perdre. L’important c’est  d’être  soi car comme le dit si bien J.Salomè « c’est  à tout âge et chaque matin qu’une femme devient femme, en affirmant ses choix, en allant au bout de ses désirs, en acceptant d’aller vers le meilleurs d’elle-même. »

S’initier au code de la route

Aux Clairs soleils, des jeunes femmes dynamiques, entreprenantes montent des projets innovants. Pour se donner confiance et dépasser leurs difficultés linguistiques, après l’obtention du brevet aux premiers secours, certaines d’entre elles s’attèlent à l’initiation au code de la route à la cyberbase du centre martin Luther King avant de franchir la porte d’une auto école.

7 juin 2010

La formation est maintenant terminée.Le groupe d’apprenantes a passé l’examen pour l’obtention du code de conduite depuis un peu plus d’un mois. Et comme convenu depuis le début, nous nous retrouvons au Centre Martin Luther King pour faire le point de cette expérience.  Sur les 16 candidates, 2 ont obtenu le fameux sésame pour commencer l’apprentissage de la conduite. D’aucun diront peut-être  que c’est peu, cependant on peut affirmer que l’expérience est très positive. Les candidates malheureuses l’ont manqué de très peu, puisqu’en grande majorité elles ont fait entre 6 et 8 fautes.  Ce qu’il faut retenir de cette expérience si particulière c’est que :

– toutes ces jeunes mamans se sont accrochées à ce projet dont la genèse remonte à novembre 2008.  Pour certaines c’était la première fois de leur vie qu’elles passaient un examen. Joignant le geste à la parole  Yamina confie :  » j’ai très stressée. J’avais le boitier entre les mains et mon cœur battait, battait très fort. Entendre mon coeur me gênait.

-toutes ont décidé de se représenter à l’examen en septembre, vacances estivales obligent. Elles ont déjà fait des devis et opté pour une auto école.

– Elles ont donné envie à d’autres femmes du quartier de se lancer dans l’expérience.

Au delà de l’apprentissage du code de la route, elles sont contentes  d’avoir « pris contact avec l’informatique avec Internet » pour certaines et d’avoir amélioré leur niveau de français pour d’autres.

Si le permis de conduire leur ouvre des voies, pour nombre d’entre elles, ce document s’inscrit dans une démarche professionnelle. Elles insistent pour le faire savoir. « Nous, ce que nous voulons, c’est avoir les outils pour pouvoir travailler.

Nous avons nos projets professionnels. Leila titulaire du BEP couture veut passer son bac pro et monter sa micro entreprise.

malika  n’a pas travaillé pendant un certain temps pour se consacrer à ses enfants. Aujourd’hui, elle se retrouve chef de famille. Elle  souhaite reprendre ses études et faire une formation pour être auxilliaire de vie auprès de personnes âgées. Et pour exercer , un véhicule est indispensable !

Asma, récemment arrivée en France a un diplome anglais d’ ingénieur en génie civil. Elle   attend une réponse à sa demande d’équivalence.

Les cinq jeunes femmes présentes à notre ultime rencontre, parlant au nom de toutes les candidates affirment combien cette expérience est importante.  Ce projet a montré combien elles sont capables d’aller au bout d’une aspiration. C’est aussi « un exemple pour nos enfants. Nous avons dépassé nos difficultés et nos appréhension et nous voulons aller plus loin. Nous en sommes capables. On doit nous faire confiance.  »

Continuer la lecture

Dire les maux

texte : miroirs de femmes, reflets de quartiers - illustration : Christian Maucler

En France plus d’une femme sur 7 est victime de violences conjugales. Celles-ci ne sont pas seulement physiques. Elles sont aussi psychologiques (critiques plus ou moins systématiques, contrôle de tous vos actes, interdictions diverses et humiliations en privé ou en public).
Au début, il n’y a pas nécessairement volonté de faire du mal de la part du compagnon, mais la frontière entre le simple mot et celui qui va trop loin est très fine. C’est la façon dont les mots sont dits, sont enfoncés qui va faire basculer les choses. Il y a aussi les attitudes, les silences.

La violence psychologique ne s’installe pas comme ça brutalement. C’est comme une toile d’araignée. La personne est dans un mouvement, dans un rôle dont on ne peut plus se sortir. Les deux sont dans une spirale de violence.

Ne vous dites pas que vous la seule et surtout pas que vous êtes seule. Subir les violences de son conjoint n’est pas une situation normale ou une fatalité. C’est tout simplement inacceptable.
Ne restez pas dans le silence et la peur. Pouvoir parler, pouvoir agir : c’est déjà s’en sortir.
Des [post=’8′ text=’professionnels’] peuvent vous aider à prendre une décision.
Psychologique, verbale ou physique, la violence isole. Ne la laissez pas s’installer ( le site stop-violences-femmes-gouv.fr vous donne beaucoup d’informations)
vous pouvez appeler le 39 19 (n° gratuit)

En France plus d’une femme sur 7 est victime de violences conjugales. Celles-ci ne sont pas seulement physiques. Elles sont aussi psychologiques (critiques plus ou moins systématiques, contrôle de tous vos actes, interdictions diverses et humiliations en privé ou en public).

Au début, il n’y a pas nécessairement volonté de faire du mal de la part du compagnon, mais la frontière entre le simple mot et celui qui va trop loin est très fine. C’est la façon dont les mots sont dits, sont enfoncés qui va faire basculer les choses. Il y a aussi les attitudes, les silences.

Défi…lé

Chaque semaine, « en partant d’un rien », elles redonnent vie à des vêtements, des lés de tissus dont plus personne ne veut, créent des accessoires en matériaux divers. En mars 2009, elles ont accepté de participer au défilé de la boutique ELZA.

Pour toutes ces jeunes créatrices, le maître mot de cette belle aventure, c’est la confiance, c’est : oser. Oser faire face à des obstacles.

Elles se retrouvent, depuis deux ans pour certaines d’entre elles, chaque semaine sous la houlette bienveillante de Bernadette, conseillère en économie sociale et familiale, à l’Espace solidaire Centre Ville du CCAS de Besançon. Elles habitent différents quartiers de Besançon.

Chaque semaine, « en partant d’un rien », comme l’explique avec beaucoup de malice Patricia, elles redonnent vie à des vêtements, des lés de tissus dont plus personne ne veut, créent des accessoires en matériaux divers.

Au fil du temps une relation amicale s’est tissée avec ELZA une boutique de dépôt-vente de vêtements dans le quartier de Saint Claude. Cette dernière leur cède gracieusement certains invendus. C’est donc naturellement qu’ ELZA propose à ces petites fées de participer à son défilé annuel au Petit Kursaal de Besançon le 23 mars dernier : Une grande aventure pour Carole, Marie-Line, Lioudmilla, Béatrice et Chantal, Patricia et les autres. Un vrai défi !

Continuer la lecture

S’initier au code de la route

Le 12 mai 2009

Aujourd’hui, elles sont toutes, ou presque toutes, là pour faire un premier bilan.

Comment l’apprentissage se passe ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Et puis Paula finit son stage à la fin de la semaine et doit réintégrer l’IRTS ! !

Un tour de table s’organise :

Pour Habiba : « c’est compliqué, mais ça me donne du courage. Dans une auto école, avec tous les jeunes autour de moi, je ne pourrai pas. »

Pour Soraya : « Des fois c’est rouge, des fois c’est vert.»

« Moi, je n’ai fait que du rouge.» lance une voix au bout de la table.

« Quand je ferai zéro faute, j’irai m’inscrire à l’auto école. Ici, j’ai appris à utiliser l’ordinateur, à chercher sur Internet. C’est la première fois, mais maintenant je sais bien.  A la rentrée, on aura Internet à la maison, alors je pourrai plus m’entraîner parce qu’une fois par semaine c’est insuffisant. Mais quand je sors avec mon mari, il m’interroge sur les panneaux qu’on rencontre sur la route. Il m’explique quand je ne sais pas.»

Plusieurs d’entre elles disent l’importance de l’aide du mari et de la famille d’une façon générale. Très motivées, maintenant qu’elles ont appris à manipuler l’ordinateur et Internet, elles s’exercent à la maison pour celles qui le peuvent.

Yasmine ne lit ni n’écrit le français, aussi c’est très difficile pour elle car beaucoup de mots et surtout de tournures de phrases sont totalement incompréhensibles.

« Moi, j’ai peur que ça s’arrête et que le groupe ne vienne plus, alors je serai découragée.»

« Oh non ! réplique vivement Yamina, c’est notre rêve à toutes : on a commencé à parler de ce projet en novembre 2008.»

Agréable surprise : Djouahra qui, découragée par tant d’échecs, refusait de participer au projet est là et ne lâche pas. Quand je suis arrivée en France, dit elle, je ne parlais pas un seul mot de français, je ne comprenais rien. Je ne sais pas lire, pas écrire.» 

Mais ça, c’était avant, lui  répliquent les copines, faut s’accrocher ! Tu sais bien,  madame …, elle ne parle pas du tout le français et elle conduit !

Les panneaux : c’est une langue des signes compréhensible par tous.

Nadia a déjà le permis, mais elle a besoin de venir ici pour apprendre le code français. Elle a passé son permis au Maroc et dit-elle, « les panneaux sont différents. Pas facile, pas évident pour les gens qui ne comprennent pas trop la langue.» explique t-elle.

-«Je lis, mais je ne comprends pas, alors je demande à Hanane qu’est ce ça veut dire en arabe.» 
-«Demande à ton mari !!!»

-«Il me montre sur Internet.»

Malgré les difficultés de vocabulaire des unes et des autres, elles s’accrochent, s’entraident. Elles  comprennent l’importance  non seulement des mots  mais aussi des subtilités de la langue, car le jour de l’examen c’est un vocabulaire  très  précis qui sera utilisé par l’inspecteur.

Actuellement, on peut dire que toutes ces jeunes femmes dynamiques et très attachantes font en quelque sorte de l’auto formation à la cyberbase avec Paula et l’animateur qui viennent à la rescousse avec force de dessins ou de gestes quand c’est trop dur à comprendre.

L’association AGIR abcd viendra bien apporter  son savoir faire dans l’apprentissage de la langue. Ses bénévoles viendront à partir de septembre. 

Dans cette expérience, au-delà du simple apprentissage du code de la route c’est toute la dynamique que ce projet engendre qui est importante : apprentissage ou perfectionnement de la langue française, familiarisation et démystification de l’outil informatique et autonomie, parce que toutes ces jeunes mamans sont très volontaires, elles apprennent pratiquement toutes seules, elles continuent pour celles qui en ont la possibilité à la maison. Elles prennent confiance, se donnent confiance mutuellement. Elles prennent conscience qu’elles peuvent dépasser les obstacles  de la langue.

Une auto-école est positionnée pour préparer le groupe à l’examen. Une première mise en situation d’examen devrait avoir lieu à  la mi juin.

Pour plusieurs d’entre elles : obtenir le permis de conduire c’est non seulement un point supplémentaire pour la recherche d’emploi, mais aussi l’autonomie : accompagner les enfants, se déplacer sans être tributaires des uns et des autres, etc.

Elles continueront à fréquenter la cyberbase jusqu’aux vacances estivales.

Celles qui ne partiront pas, pourront continuer à venir quand elles le souhaitent à la cyberbase. 

Toutes ont signé un contrat d’engagement pour mener  à bien leur projet.
Entre temps, les projets de partenariat continuent de se tisser entre l’Espace solidaire du CCAS, la MJC, la Bibliothèque du quartier. Les représentantes des apprenantes participeront aux réunions des partenaires. Elles sont les mieux placées pour défendre leur projet.

S’initier au code de la route

Le 8 avril 2009

D’une confidence en novembre dernier est né un projet bien original. Apprendre le code de conduite.

– Rien de bien original diriez-vous !!

– Mais si, mais si !

Donc en novembre dernier, je rencontrai le groupe de jeunes mamans des Clairs soleils qui avait passé le brevet aux premiers secours civiques. On parle de cette formation bien sûr. Puis Yamina   confie qu’elle aimerait bien passer le permis de conduire. « Je sais un peu conduire mais je crains de passer le code : je ne maîtrise pas à fonds le français, mais surtout j’ai des moyens financiers très modestes  et j’ai peur d’échouer au code plusieurs fois et ce sera autant d’argent en moins pour ma famille et ça je ne peux pas me le permettre.»

Djouahra, elle, a raté son code au moins 5 fois. Elle dit avoir tiré un trait « sur cette histoire ».

Elles disent toutes leur envie profonde de pouvoir conduire. Chacune a ses motivations propres :

 Etre autonome. Ne plus se voir refuser des opportunités d’emploi faute du fameux sésame. Accompagner les enfants. Etc. Etc. 

«Ce qu’on aimerait : c’est trouver un moyen d’apprendre le code, d’essayer de le maîtriser avant de s’inscrire dans une auto école.»

Pour la plupart, la difficulté réside surtout dans la compréhension de certains mots.

Questions et propositions s’entremêlent. Le groupe se fait consensuel : trouver d’autres jeunes femmes du quartier intéressées et monter un projet.

Elles en parlent à Véronique, conseillère en économie sociale et familiale des Espaces solidaires du CCAS, qui confie le projet à Paula sa stagiaire en formation à l’IRTS. Ce sera donc la thématique de stage de Paula qui s’est énormément investie dans ce projet.

Divers contacts sont pris. Le projet prend forme progressivement. Des partenariats se montent. Un groupe de 16 personnes est très vite formé. Dans le quartier beaucoup de personnes sont intéressées mais ne peuvent être intégrées dans l’immédiat faute de place. Il y a même une liste d’attente.

Le projet est entériné par Agnès Bolard,  responsable du service des Espaces solidaires du CCAS. 

Dans un premier temps la formation se fera au centre Martin Luther King.

La Ville de Besançon  met à disposition sa cyberbase. Chaque apprenante aura  sa session personnelle sur ordinateur.

Sollicitée, l’association AGIR abcd*  vient de donner son accord de principe  pour un coup de pouce  à partir de septembre. D’autres contacts sont en cours pour un soutien logistique, humain ou financier.

Les représentantes élues des apprenantes vont bientôt défendre leur projet devant le Fonds de Participation des Habitants*.

Deux groupes de 8 personnes sont constitués. La formation va débuter cette semaine et se prolonger jusqu’aux vacances scolaires. Certaines des jeunes femmes n’ont jamais eu accès à la cyberbase. Ce sera leur premier contact avec l’ordinateur.

Une première évaluation du projet se fera à mi parcours, au mois de mai.

Apprendre les gestes qui sauvent

Pour pouvoir prodiguer les premiers gestes qui sauvent, de jeunes mamans des Clairs soleils ont décidé de suivre une formation aux premiers secours civiques . [post=’8′ text=’Le Fonds de participation des habitants’] leur a, entre autres, apporté une aide financière.

A un bout du fil une jeune femme qui refuse de céder à la panique : quels gestes faut-il faire face au malaise d’un proche ? de l’autre un médecin du SAMU explique, rassure, s’assure que les gestes sont bien compris et bien faits en attendant la venue des secours.

« Je n’oublierai jamais ce médecin »  raconte-elle.

« Cet incident qui aurait pu être très dramatique a été pour moi un déclic. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie et tout le monde devrait apprendre  les gestes qui sauvent, comme on apprend à lire et à écrire. »

Que faire pour un bébé qui s’étouffe ?

Et face à une crise cardiaque ?

Comment appeler le SAMU ?

Où apprendre tous ces gestes ?

Elle en parle autour d’elle. Une dizaine de jeunes mamans se sent concernée. Elles constituent un petit groupe très motivé. Au Centre Martin Luther King des Clairs soleils, elles se renseignent. Elles montent  rapidement un projet de formation de Prévention et secours civiques mais ne savent comment faire les démarches administratives et surtout comment obtenir une aide financière.

Elles frappent aux portes qu’elles connaissent. Véronique Bartier de l’Espace social du quartier, charge Laure une jeune stagiaire de les seconder. Mais ce sont les jeunes femmes qui ont défendu leur projet devant les différentes structures.  Une fois des devis obtenus, le choix s’est porté sur la Croix rouge. Des aides financières ou matérielles ont été apportées par le CCAS, la MJC,  la Banque alimentaire et un organisme peut-être moins connu le Fonds d’aide aux habitants. Une toute petite participation financière a été laissée à leur charge.

La formation  a duré  4 jours à la MJC qui a mis à leur disposition une salle pour pouvoir organiser les horaires en fonction de ceux de leurs jeunes enfants.

Une semaine après le stage, l’une d’entre elle  a eu l’occasion de s’exercer sur une jeune fille qui saignait abondamment du nez dans le bus.  Elle raconte l’anecdote, explique le geste à faire.

Elles se  prodiguent   gestes et  conseils. Une discussion animée et pleine d’humour est déclenchée

– Pour nous, mamans c’est très important d’apprendre.

– Je ne sais pas comment faire quand j’ai avalé de travers une gélule.

– Avant j’avais peur quand je voyais un incident maintenant non.

– Quand on n’a jamais fait ça on s’imagine que c’est difficile, mais au fonds c’est très simple.

– C’est bien pour nous et nos enfants, maintenant qu’on  a appris les premiers secours. .

Plus tard, plusieurs mamans du quartiers ont regretté de ne pas y avoir participer et aimeraient à leur tour pouvoir le faire. Qu’à cela ne tienne !

Partager

Le but de mon témoignage est de faire partager ma modeste expérience de retraitée.

Après 40 ans de travail, je voyais avec une certaine  inquiétude  arriver la retraite ou la sortie du circuit du monde du travail. J’allais devenir une retraitée. Je n’avais pas encore intégré cette notion dans mon esprit quand l’heure est arrivée.

Après une courte période de  réflexion, j’ai décidé de donner un peu de mon temps à aider les autres, en somme à être utile. Mais à quoi ? Je souhaitais m’occuper, c’est alors que j’ai rencontré une association : AGIR (Association générale des intervenants retraités) et j’y suis devenue bénévole et dispense des cours d’alphabétisation.

Continuer la lecture