Découvrez des témoignages de migrants d'origine africaine vivants à Besançon et une conférence sur l'immigration africaine en Franche-Comté publiés sur le site.
Conférence : L'immigration africaine en Franche-Comté
Conférence de Mansour Diawara. Université Ouverte de Franche Comté
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Je suis sur un pont cassé …
« Nos traces au pays s’effacent par la longue absence. Je suis sur un pont cassé. J’ai quitté une rive sans pouvoir joindre l’autre bout, car ici je ne suis pas reconnue. Ceux qui sont restés croient que je suis arrivée … »
…Madame Harris découvre Besançon en juillet 2002, munie d’une bourse de la France, pour un stage de 2 mois au CLA. A Monrovia, au Libéria, pays anglophone, elle enseigne le français langue étrangère, langue qu’elle a apprise en Guinée où son père avait rejoint l’armée française et combattu en Indochine.
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Des premiers jours difficiles
Voilà l'histoire de mon premier jour à Besançon. Je viens d’un pays d’Afrique et après avoir obtenu mon Bac comme beaucoup d’autres confrères africains, j’ai eu l’honneur de venir continuer mon cursus universitaire ici à Besançon. Une ville magnifique et surtout étudiante. Mais souvent pour un étudiant africain qui arrive en Europe c’est une expérience très différente par rapport à ce qu’il a vécu auparavant.
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François Zoomevele, la voix de l’Afrique...
Prendre la parole est une seconde nature pour François. Animateur à Radio Sud, l’agenda culturel quotidien et « Bonjour l’Afrique », chaque semaine, c’est lui. Il veut ainsi informer sur toutes les cultures du sud, convoquant à l’antenne personnalités ou anonymes, mêlant musique et débats, sujets d’actualité et littérature, en lien avec divers correspondants journalistes, en France et en Afrique.
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J’ai vu des yeux pleins de haine …
« Dans le bus, une dame a mis son sac à côté d’elle pour m’empêcher de m’asseoir !
Nous sommes très exposés nous les noirs, j’ai vu des yeux pleins de haine.
Les gens ici ne savent pas rigoler, et quand on dit bonjour, personne ne répond. Après, j’ai honte avec mon bonjour !
Ceux qui ne sont jamais sortis de leur pays croient que c’est normal de vivre comme ça ! »
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Henri Dikongué, auteur compositeur
Lorsqu´il a 23 ans, ses parents l´envoient étudier le droit en France, à l´université de Besançon. Mais, la musique prend le pas assez vite sur les cours. Il s´inscrit à l´école normale de musique de Paris. Dès cette époque, il tente de sortir un disque, mais sans succès. En revanche, il créé une troupe théâtrale, Masques et Tam-Tam, mêlant musique et théâtre. Pour l´occasion, il rencontre et travaille avec le comédien Martin Yog et les musiciens Alfred M´Bongo de l´ex-Zaïre et le franco-camerounais Manuel Wandji. D´une troupe à l´autre, Henri Dikongué travaille ensuite avec Banthu Maranatha, chorale sud-africaine.
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Si je pouvais revenir en arrière, je resterais au Cameroun !
"On croit toujours qu’ailleurs c’est mieux que chez soi, c’est un rêve ! On croit qu’en France tout est facile ! Je voyais des filles qui ramenaient beaucoup d’argent au pays, avec de belles voitures. Elles vendaient leur corps mais ne le disaient pas … Après, quand on arrive, on se pose des questions si on ne veut pas gagner l’argent de cette façon !
Avec mon salaire, là-bas, je vivais mieux, j’avais des avantages, un chauffeur, une villa, je travaillais au service des douanes. Si j’avais su... j’ai tout perdu. Si je pouvais revenir en arrière, je resterais au Cameroun ! »
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Didier Viodé, dessinateur
Le moins que l’on puisse dire c’est que par l’art, Didier Viodé exprime beaucoup de choses et pose son regard notamment sur le vécu de migrants. Il revient sur son parcours du Bénin à l'école des Beaux-Arts de Besançon et sur sa BD Etrangers sans RDV.
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Une certaine idée de la France
Entretien avec Monsieur Jean-Michel Nzikou.
« Quand j’étais enfant, dans mon village au Congo, j’ai su que plusieurs de mes grands-oncles avaient fait la guerre en France, la grande, celle de 14-18, puis celle de 40 et d’Indochine. L’un d’eux était revenu amputé d’une jambe au cours de l’une de ces campagnes militaires. Le 14 juillet, même après l’indépendance, on hissait le drapeau français et celui du pays. Ils arboraient toutes leurs décorations. C’est à ces braves combattants de la liberté que je dois une certaine idée de la France.
Malgré ce don précieux fait à la France, dans les pires moments de son histoire, nous demeurons les enfants du désamour. Nous sommes les enfants de ce viol que l’on appelle complaisamment colonisation. Ce n’est pas parce-que nous sommes nés d’un viol qu’on doit être mal-aimés.
La France a mal à son triptyque : Liberté, Égalité, Fraternité. L’égalité est un vœu pieux et nous avons mal à la fraternité. »
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Regard d'un étudiant Centrafricain sur la France
Florin Gohi est un jeune Centrafricain qui a quitté son pays pour la France, afin de préparer un diplôme d'expert-comptable. Depuis 6 ans, Florin a appris à s'adapter à cette nouvelle vie «Française», à comprendre les fonctionnements de notre société, les habitudes culturelles, tout en gardant précieusement en lui les valeurs et la culture de son pays. Florin nous livre deux regards : un regard nostalgique sur son pays d'origine, et un regard nouveau sur la France, pays d'accueil aujourd'hui, pays colonisateur hier. Entre la France et la République Centrafricaine, le coeur de Florin balance.
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« Mon arrivée en France ? un calvaire ! »
La situation de guerre dans son pays d’origine, le Congo, a fait qu’elle a dû quitter l’Afrique avec sa fille, en laissant tout. En 2000, L … a demandé l’asile politique en France.
« Un calvaire pire commence. Si j’avais su, j’aurais préféré mourir en Afrique pour ne pas vivre ce que j’ai vécu ici.
On sait d’où l’on vient, mais on ne sait pas où l’on va.
Je m’en suis sortie parce-que mes parents m’ont donné l’essentiel, une bonne éducation. Ils m’ont donné les armes pour avancer. On dit chez moi : éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation. »
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Manuel Wandji, musicien et producteur
D’un père camerounais et d’une mère française, il est né et a grandi à Nancy. Mais c’est au Cameroun, à l’âge de 8 ans, qu’il vit la musique, les percussions. Arrivé à Besançon pour suivre des études de micromécanique, son envie est autre : que son existence vibre toujours aux sons des rythmes des musiques du monde. Rapidement, la musique s’imposera, comme une évidence. Depuis, de nombreuses terres l’ont accueilli partout dans le monde pour entendre sa musique métisse. Il participe à de nombreux festivals, de New- ork à Yaoundé en passant par Mexico en tant que musicien ou producteur.
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Un rôle de grand frère …
Michel T., né en 1960 à Brazzaville au Congo est arrivé comme étudiant en économie en novembre 1980 à Besançon, où un de ses oncles était déjà installé. Non boursier, il n’a eu aucune difficulté à trouver des petits boulots pour subvenir à ses besoins. Il a travaillé chez Virolle Transport, fut agent d’accueil au Forum à Planoise entre autres.
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Jean-René Ovono Mendame, écrivain
Universitaire et écrivain gabonais, Jean-René Ovono-Mendame a posé sa plume à Besançon depuis novembre 2004. Il a soutenu une thèse de Doctorat en 2008, à l'Université de Strasbourg II, intitulée "Écritures de la modernité dans le roman africain contemporain". On pourrait tout à fait affubler l’auteur de ce titre. Une écriture de la modernité dans le roman africain contemporain. Parfois audacieux parfois satirique mais toujours lyrique, son style est singulier.
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Témoignage d'une étudiante guinéenne sur le choix des filières d'étude
Une étudiante guinéenne explique ce qui motive le choix des filières d'étude pour les étudiants africains. Sans bourse, sans aide des parents, l'étudiant doit trouver le moyen de se loger et de vivre, donc de travailler tout en continuant ses études. Ces contraintes influent directement sur le choix de la filière d'étude.
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Le Nigeria et la France, deux drapeaux, ensemble !
M. Okorocha est né en 1975 à Lagos, au Nigeria. Il appartient au peuple Igbo, l’un de ceux qui constitue la population de ce pays (avec, notamment, les Haoussas et les Yorubas).
Je suis resté au Nigeria jusqu’au bac, puis j’ai quitté mon pays pour venir ici et pouvoir poursuivre mes études. Je parle anglais ; je n’avais qu’à peine débuté le français au Nigeria. J’ai donc d’abord commencé à apprendre le français, puis j’ai continué mes études à la fac.
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Mon pays s'appelait Zaïre
Je suis Congolaise. Quand je suis venue en France en 2000 le pays s‘appelait encore le Zaïre. Le pays a changé de nom lors du changement de régime en 1997, il est redevenu Congo. Autrefois c’était le Congo belge. J’avais une bonne situation, je ne manquais de rien. J’étais privilégiée. L’Europe ne m’est pas inconnue. Au pays, j’avais un supermarché et je venais en Europe pour faire mes approvisionnements. J’ai vécu neuf ans en Suisse puis nous sommes rentrés au pays.
En raison de la situation politique, on a été obligés de quitter d’urgence le pays. Toute la famille a été dispersée. J’ai quitté le Congo pour l’Europe comme demandeur d’asile .
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