"C'est moi, c'est l'Italien !" - Intégration

Sommaire

Intégration

Nés de père Italien et de mère Française devenue Italienne par le mariage, les enfants obtiendront la nationalité française presque automatiquement à leur majorité, les garçons tout simplement en se faisant recenser pour le service militaire. Ils seront enrôlés, Georges au 3ème Régiment de Zouaves de Constantine en Algérie, Arthur au 4ème Régiment d'Artillerie Divisionnaire d'Héricourt et Amédée au 60ème Régiment d'Infanterie de Besançon.
Devenus adultes, les trois garçons et l'unique fille de César Sinibaldi et Marie Bourcevet se marieront à Byans-sur-Doubs et Villars-Saint-Georges, villages où naîtront la plupart de leurs enfants. Aujourd'hui leur très nombreuse descendance vit dans les quatre départements francs-comtois et majoritairement dans celui du Doubs.

Dans son enquête réalisée en 1925 sur "Les étrangers en Franche-Comté et dans le Territoire de Belfort", le recteur de l'académie du Doubs cite de nombreux exemples d'intégration d'Italiens dans notre région, par exemple "Famille italienne de 9 enfants bien élevés à Liesle (Doubs)" ou bien "l'Italien se plait chez nous, se mêle volontiers à nous, sans renoncer aux relations avec ses compatriotes; ceux qui sont mariés à des Françaises resteront au pays ...etc..." Il en brosse un tel tableau idyllique et nous avons bien des difficultés à le croire. Imaginons un village du Doubs au début du XXème siècle de 670 habitants environ, avec une, ou peut-être deux ou trois familles d'origine étrangère, pas plus, dont une italienne. Le père pour appeler ses enfants leur disant "Subito presto a casa" (Tout de suite et vite à la maison), à qui fera-t-on croire que les compagnons de jeux de ces gosses n'avaient pas remarqué le langage employé, très différent de celui de leur propre père. "Qu'est-ce qu'il dit, ton père, ah oui c'est un ….!!" Rien n'est plus terrible que les méchancetés dites par des enfants, celles qui sont très souvent entendues dans le cercle familial.
Dans les années 60-70, alors que la recherche de mes origines n'était pas du tout une de mes priorités, je me rappelle avoir demandé à mon père Arthur, mobilisé d'août 1939 à juin 1940 puis prisonnier jusqu'en février 1943, quelle avait été la réaction de ses camarades de régiment lors de la déclaration de guerre de l'Italie à la France le 10 juin 1940, alors que la défaite française était déjà pratiquement consommée. Il me répondit aussitôt "Ils m'ont dit : tu as vu, tes copains italiens qui nous tirent dans le dos". Les témoignages recueillis par les historiens de l'immigration italienne sont unanimes, tous mentionnent "le coup de poignard dans le dos" des armées françaises donné par Mussolini. Pas facile d'être d'origine italienne en 1940 …!!

Partager cette page :