Polémiques à propos des colonies - Les atrocités... furent des exceptions

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« Les atrocités... furent des exceptions. »
Un tel réquisitoire devait naturellement susciter des réactions. Une semaine après la parution de l’article, le Petit Comtois publiait une “lettre ouverte à Monsieur le Député de Besançon”, rédigée au nom de la “Société des Anciens de la Marine et des Colonies’.

Les responsables de cette association ne niaient pas les faits cités : « Vous choisissez pour étayer votre raisonnement des exemples d’atrocités qui, pour être exacts, furent des exceptions regrettables et légalement punies». Les anciens coloniaux estimaient que le séjour outre mer de troupes métropolitaines contribuait à aguerrir nos forces, à former des chefs ; « en grattant le sable du Soudan, le coq gaulois en a fait des soldats incomparables». Beauquier répliqua : «Quant aux malheureux soldats qui, dans les colonies, se sont rendus coupables des atrocités indéniables dont j’ai parlé, je ne dis pas qu’ils ont agi sous l’inspiration d’une nature foncièrement perverse. Au fond, c’était probablement de braves gens, mais ils ont subi l’influence néfaste de la guerre, de cette folie que déchaîne dans l’homme la bête ancestrale, la bête féroce qui sommeille en lui». Parallèlement, un marsouin (militaire de l’infanterie de marine) s’en prenait au député dans l’Eclair Comtois : «Les marsouins pourraient faire rentrer vos injures dans la gorge d’un coup de poing masse, vous ficeler et pendre haut et court... comme une andouille que vous êtes»...

Ce n’est pas l’effet du hasard si j’aborde ce sujet. L’histoire, à mes yeux, peut, certes, distraire et instruire, mais elle peut aussi éclairer le présent, faire réfléchir et -pourquoi pas - contribuer à apaiser les passions. Ne soyons pas aveugles et sourds. Depuis quelque temps - et les récents événements dans les banlieues ont renforcé le courant -- on parle à nouveau des colonies. Il en fut même question à propos d’une loi qui prétend dicter le contenu des cours d’histoire...

Symétriquement, dans la mouvance de Dieudonné, on dénonce une occultation de toute une tranche de notre passé qui serait volontairement cachée. Chiche. Parlons-en donc. Rappelons d’abord que l’histoire est souvent plus complexe qu’on ne le dit.

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