Philippe Grenier, le député musulman de Pontarlier - L’élection de 1896

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L’élection de 1896
À Pontarlier, en 1896, une élection législative partielle doit permettre de pourvoir le siège de Dionys Ordinaire, le député qui vient de décéder. Seuls deux candidats semblent avoir leurs chances : Maurice Ordinaire, fils du député disparu, et Émile Grillon, un avocat de Vesoul. L’un et l’autre sont républicains, de même d’ailleurs que les trois autres candidats, parmi lesquels Philippe Grenier. Les résultats du premier tour donnent 4853 voix à É. Grillon, 3497 à M. Ordinaire, et Ph. Grenier arrive troisième avec 1659 voix. Le handicap semble insurmontable, mais Ph. Grenier décide de se maintenir au second tour. Les deux candidats de tête, qui représentent des tendances très voisines, sont condamnés à s’entendre. M. Ordinaire, arrivé deuxième, se retire donc logiquement, mais sans se désister pour É. Grillon. En coulisse, il recommande plutôt à ses électeurs de ne pas reporter leurs voix sur son adversaire plus chanceux que lui, car il ne s’agit que d’une élection partielle, et il espère bien gagner le fauteuil de son père quelques mois plus tard, lors des élections générales de 1898. Néanmoins, É. Grillon semble largement favori… Pourtant, l’improbable se produit : au second tour, É. Grillon n’obtient que 4855 voix, soit le même score qu’au premier tour, tandis que Ph. Grenier fait le plein des voix et l’emporte avec 5138 suffrages.

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