Philippe Grenier, le député musulman de Pontarlier - Le député

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Le député
En tant qu’élu du peuple, le docteur Grenier prend la parole à plusieurs reprises à l’Assemblée nationale, en particulier pour proposer de créer une armée coloniale grâce aux populations d’Algérie, de Tunisie, du Sénégal, de ce que l’on appelait alors le Soudan français (qui correspond à peu près à l’actuel Mali), et d’Indochine. De même, il intervient pour défendre les musulmans des possessions coloniales françaises – il est le seul député musulman de la Chambre. Il demande pour eux des secours, des écoles, des fournitures de graines pour les semailles… Il s’occupe aussi d’hygiène, de transports, de soulager la pauvreté de certains des concitoyens de l’arrondissement de Pontarlier. La plupart de ses propositions ne rencontrent pas l’appui de la majorité des députés. Mais sa principale intervention concerne « l’armée coloniale », comme l’illustre sa proposition de loi concernant la Défense nationale .
Dernière photo du docteur GrenierEn 1898, lors des élections législatives générales, Ph. Grenier tire le bilan de ses interventions à la Chambre durant son mandat de député : « Aussitôt après mon arrivée au Parlement, préoccupé de l’augmentation considérable de la population allemande et de la faiblesse croissante de nos contingents, qui sont toutes les années inférieurs de 150 000 hommes aux contingents allemands, j’ai déposé un important projet de loi, ayant pour but l’utilisation dans une large mesure des contingents indigènes de nos colonies, la création de quatre nouveaux Corps d’Armée en Algérie, Tunisie, au Soudan et au Tonkin, et l’application des lois de recrutement à tous nos indigènes. » Lors de ces élections, Ph. Grenier n’arrive que troisième, et Maurice Ordinaire l’emporte. En 1902, Ph. Grenier est à nouveau battu. Sa carrière politique s’arrête là, et il se consacre avec un dévouement certain à sa tâche de médecin, soignant notamment les gens pauvres gratuitement, et allant même jusqu’à leur acheter lui-même les médicaments qu’il leur ordonnait. Il meurt le 25 mars 1944.

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