Note historique: les Arméniens - Les Arméniens et l'empire ottoman: une nation très originale

Sommaire

 

2) Les Arméniens et l’empire ottoman

L’empire ottoman était un empire multiethnique. A son apogée, vers 1680, les Turcs y étaient nettement minoritaires par rapport aux Arabes du Moyen-Orient et aux peuples chrétiens des Balkans (Grecs, Serbes, Bulgares, Croates,  Roumains) et d’Anatolie (Grecs à l’Ouest, Arméniens à l’Est). Le sultan reconnaissait les communautés ethnico-religieuses (appelées en langue turque « millet »), qui pouvaient pratiquer assez librement leur culte.

Le peuplement arménien à la veille du génocide (1915). Source : “Atlas historique de l’Arménie”, Claude Mutafian et Eric Van Lauwe, Collection Atlas, Editions Autrement, Paris 2001

Au XIX° siècle, l’Empire ottoman connut une terrible décadence, qui se traduisit par une perte continue de territoires. Les nationalités chrétiennes des Balkans (Grèce, Serbie, Roumanie, Bulgarie) conquirent une à une leur indépendance, avec le soutien intéressé des tsars de Russie, qui avançaient leurs pions dans les Balkans et le Caucase (Erivan conquise en 1828 sur la Perse).
Les Arméniens, tout en restant loyaux au sultan, ne pouvaient pas ne pas être influencés par ce « mouvement des nationalités ». Ils réclamèrent du pouvoir ottoman un meilleur respect de leurs droits, culturels et économiques. Les puissances européennes (Angleterre, France, Allemagne, Italie, Russie) soutenaient ces revendications. Certains Arméniens, minoritaires, rêvaient d’indépendance. La majorité se contentait prudemment de demander plus d’autonomie.
Chez les Turcs se développa , d’une manière hélas logique, un nationalisme turco-musulman méfiant ou hostile à l’égard des revendications des minorités chrétiennes qui, vers 1910, existaient encore dans ce qui restait de l’empire ottoman, c’est-à-dire les Grecs et les Arméniens d’Anatolie.
En 1895-96 eurent lieu une série de pogroms anti-arméniens , suscités par le sultan Abdul Hamid II. 200 000 Arméniens furent massacrés, 100 000 convertis de force, et 100 000 émigrèrent. Une répétition générale. Nouvelle alerte en 1909 : 20 000 Arméniens sont massacrés en Cilicie, dans la région d’Adana.

 

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