La 1ère guerre mondiale. Le génocide (1915-1916) - Page 3

Note historique: les Arméniens - La 1ère guerre mondiale. Le génocide (1915-1916)

Sommaire

 

3) La 1ère guerre mondiale. Le génocide (1915-1916)

L’Empire turc, allié de l’Allemagne, entra en guerre en 1914 à ses côtés contre Angleterre, France et Russie. Les troupes russes entrèrent en Arménie turque ; elles comptaient des unités composées d’Arméniens de Russie.
Le gouvernement turc , notamment Talaat Pacha et Enver Pacha, profita de cette situation d’urgence nationale (préserver l’unité nationale contre une minorité présumée déloyale) pour entreprendre le règlement définitif de la question arménienne, par le massacre et la déportation.
Ce fut épouvantable. Le « travail », impulsé et coordonné par une « Organisation Spéciale » nichée au cœur de l’Etat turc, et accompli par les troupes et bandes turques et kurdes, dura de mai 1915 à la fin 1916. Les Arméniens étaient 1 800 000 dans l’empire ottoman. Yves Ternon évalue à 1 200 000 le nombre des victimes : 600 000 (surtout les homme) assassinés sur place, en Arménie turque, 600 000 (surtout femmes, enfants et vieillards) morts d’inanition ou tués lors de la déportation à pied vers la Syrie du Nord, où le camp de Deir es Zor, principal point d’aboutissement de cette marche de la mort, est resté pour les Arméniens un important lieu de mémoire, et de pélérinage

100 000 enfants furent enlevés, turcifiés et islamisés. 150 000 personnes survécurent à la déportation, dans des camps en Syrie ou cachées dans le pays. 150 000 autres, notamment à Istamboul et sur la côte ionienne (Smyrne), avaient été épargnées. (Toutefois, en septembre 1922, à la fin de la guerre gréco-turque d’Anatolie qui vit la victoire d’Atatürk, la communauté de Smyrne subit, en même temps que la communauté grecque, une expulsion accompagnée de violences et de meurtres).
Tous ces chiffres absolus sont controversés. Erik J. Zürcher ("Turkey, a modern history", I.B. Mauris, 2004) évalue entre 600 000 et 800 000 le nombre des Arméniens tués. Mais les spécialistes s'accordent sur les pourcentages : entre la moitié et  les 2/3 des Arméniens ottomans ont été assassinés.
Selon l’ONU (Convention du 9 décembre 1948), pour qu’on puisse parler de génocide, il faut : 1) que la victime soit un groupe humain ; 2) que les membres de ce groupe aient été tués comme tels, cad en raison de leur appartenance au groupe ; 3) qu’il y ait eu intention d’anéantir ce groupe. Ce fut le cas en Turquie en 1915-16.

 

Partager cette page :