1919-1939

1919-1939

Tout au long de l’entre-deux-guerres, Besançon demeure une ville aux dimensions modestes et au dynamisme limité. L’horlogerie connaît, durant toute la première moitié du XX siècle, une période difficile et d’autres secteurs comme le textile, la métallurgie, l’alimentation et le papier-carton se développent. La ville s’agrandit et, pour faire face à la sérieuse pénurie de logements qui sévit au lendemain de la guerre, la municipalité entreprend un certain nombre de travaux. Elle démolit, non sans controverses, de vieux remparts dans les quartiers d’Arènes et de Battant . Ces deux quartiers, qui sont alors particulièrement insalubres, accueillent à l’époque beaucoup d’étrangers, en majorité Italiens. Dans le même temps, les premières cités-jardins voient le jour, notamment celle du Rosemont .
De manière assez surprenante, si les années 20 ont été beaucoup moins dynamiques pour Besançon que pour l’ensemble du pays, les effets de la crise des années 30 ont été également relativement moins importants. La crise frappe toutefois Besançon en 1931 et ce n’est qu’en 1936-1937 que les premiers signes de reprise se manifestent. Comme au niveau national, il s’agit d’une crise suivie d’une longue période de stagnation sans que l’emploi ne se redresse rapidement mais sans jamais prendre l’aspect d’une catastrophe. On peut supposer que la faible insertion de l’économie bisontine dans le grand capitalisme explique à la fois son dynamisme modéré dans les années 20 et le caractère limité des dégâts provoqués par la crise.
Entre 1921 et 1936 , la population de Besançon augmente de près de 17% et passe de 55 652 à 65 022 habitants. En 1936, pic de l’immigration à Besançon, il y a alors 1352 Italiens et 1103 Suisses. Outre les maçons italiens et les horlogers suisses, on note dans la deuxième moitié des années 30 l’arrivée de juifs d’Allemagne et d’Europe Centrale, de républicains espagnols, de réfugiés venus d’Europe de l’Est et des territoires de l’Union Soviétique . Même si, comme pour l’ensemble du territoire français, la population bisontine s’obstine à croire à la paix, la menace de la guerre et les bruits de bottes se font de plus en plus pressants. Le racisme anti-étranger se développe, surtout pour les ressortissants des pays qui ont adopté une autre politique que celle de la France : les Espagnols, comme les Tchèques, sont mal considérés et des manifestations anti-italiennes ont lieu en 1938 et en 1940. Malgré toutes ces difficultés, les immigrés s’adaptent et s’installent petit à petit dans la ville. Pour certains, notamment les Italiens, ils ont préparé le terrain à l’arrivée de parents et amis pendant les Trente Glorieuses. Aujourd’hui, les descendants de ces migrants font figure de vieux Bisontins. Dans certains cas, l’on a même oublié leur origine étrangère — et tous les problèmes rencontrés — pour les considérer comme des modèles d’intégration, surtout par rapport aux vagues migratoires plus récentes.

Frédéric Spagnoli (Docteur en Italien et docteur en Sociologie et petit-fils d'immigré italien)

Contexte français (Film de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration)
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