Note historique : L'immigration espagnole en France et la guerre d'Espagne

Sommaire

L'immigration espagnole a été pendant des décennies l'une des plus importantes accueillies par notre pays. Il y avait en 1901 80 000 Espagnols en France,

352 000 en 1931 (3èmes derrière Italiens et Polonais), 254 000 en 1936 (recul dû à la crise), 290 000 en 1954, 607 000 en 1968 (1ers devant Italiens et Algériens), 412 000 en 1990 (5èmes). Entre la vague des années 20 et celle des années 60 se situe l'épisode dramatique de la Retirada en 1939 : l'afflux massif  de soldats et civils républicains vaincus de la guerre civile, c'est-à-dire une vague d'exilés politiques entre deux vagues d'immigration presque totalement économique.

 

1. AVANT 1936

Malgré un réel essor industriel en Catalogne et sur la côte atlantique (Asturies, Pays Basque), l'Espagne restait vers 1900 un pays essentiellement agricole. Les inégalités sociales et la pauvreté dans les campagnes poussaient à l'émigration vers le voisin du Nord, plus développé, plus riche. Les Espagnols (surtout catalans, aragonais, levantins, basques) venaient alors  en France principalement dans le Midi, comme ouvriers agricoles.

Ce n'était plus le cas en 1931 : ils sont alors surtout dans l'industrie (85 000, alors qu'ils sont 19 000 dans la construction et 55 000 dans l'agriculture), et désormais dispersés dans toute la France (Paris, Lyon, l'Isère...). 100 000 repartirent au pays en 1931-1936, soit à cause de la crise économique qui finit par atteindre la France soit à cause des espoirs suscités par la proclamation en 1931 de la République en Espagne, mais, en sens inverse, le flux migratoire vers la France ne se tarit pas, à cause de la violence des affrontements sociaux et politiques espagnols à cette époque.

 

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  • « Un gran pequeño hombre » - Un grand petit homme

    Mon nom est Emilio Sánchez et je suis Andalou. En 1942, j'avais 10 ans, et nous étions cinq à la maison. Cela faisait déjà cinq ans que j'avais perdu mon père. Pour pouvoir nous nourrir, ma mère a été obligée de vendre notre maison pour 500 pesetas et 45 kilos de farine, pour rien.

  • Espagnols à Besançon en 1974-75

    Mise en valeur la situation de la colonie espagnole de la ville au sein des autres mouvements migratoires pour donner une « image spécifique et locale de l'immigration espagnole à Besançon, afin d'en tracer une sorte de portrait »

  • Les étrangers sous surveillance

    Dès le début de la guerre les autorités françaises se méfient des réfugiés espagnols. En effet, on craint que leur regroupement ne favorise la propagande communiste.

  • Migrant, mi-petit, pour ainsi dire moyen

    Je m’appelle le jour, je m’appelle la nuit, je m’appelle depuis que je suis sorti tête la première du ventre de ma môman.

  • Les républicains espagnols dans la Résistance

    Lorsqu’ils se lancent dans l’action, les Espagnols prouvent qu’ils sont des combattants hors pair dont la valeur finit par en imposer aux autres résistants.

  • Photos des Espagnols construisant la Rhodia en 1954

    "En 1954, j'avais 14 ans et ces ouvriers, je pensais que c'était des italiens. Mais un ouvrier lyonnais qui était responsable de l'installation de l'électricité m'a dit "ce sont des Espagnols".

  • Des campanules andalouses à Besançon

    Mon nom est José Peréz Fortes. Dans les années 1960, il y a eu une grande migration depuis l'Espagne. On y gagnait tout juste de quoi manger et payer un petit loyer, même quand on était qualifié.