Réfugiés tchèques: les Bisontins sourds à l’appel du maire Charles Siffert

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Le contexte de Munich
Après avoir annexé l’Autriche à l’Allemagne (Anschluss) en mars 38 Hitler s’en prend à la fragile Tchécoslovaquie, fragile parce que née au lendemain de la première guerre mondiale elle est très hétérogène : sur ces 13 millions d’habitants 7 millions sont tchèques, 3 millions slovaques qui souhaitent une autonomie, 3,2 millions allemands - ce sont les fameux Sudètes de plus en plus travaillés par la propagande nazie - tandis que 750 000 hongrois se tournent vers Budapest et que la Pologne revendique des districts frontaliers. A la conférence de Munich (29-30 septembre) Hitler obtient des ministres français et anglais Daladier et Chamberlain de pouvoir occuper les terres des Sudètes. L’accord provoque ce que Léon Blum qualifie de “lâche soulagement”. En France ce fut une explosion de joie. Ouf! le risque immédiat de guerre paraissait écarté. Réuni en session extraordinaire le 3 octobre, le conseil municipal de Besançon votait à l’unanimité le texte suivant: “Le Conseil Municipal radical socialiste de Besançon, ville frontière, qui s’était préparée dans le calme et la résolution à remplir son rôle d’avant- garde, adresse au Président Daladier l’expression de sa reconnaissance pour l'oeuvre de paix qu’il a accomplie en triomphant des plus grandes difficultés”
Mais le triomphe n’était qu’illusion. Dès le 28 septembre la “République de l’Est” se demandait si dans sa volonté de récupérer les terres anciennement allemandes, Hitler n’allait pas revendiquer l’Alsace... et pourquoi pas le Pays de Montbéliard. Le 20 octobre dans le même journal le sénateur Georges Pernot, une des personnalités les plus influentes, dans le Doubs, écrivait “Prenons garde. Le programme de MEIN KAMPF se réalise avec une impressionnante régularité. Une fois que le Reich sera maître de l'Europe Centrale, c’est du côté de l’Ouest qu’il tournera ses regards et dirigera ses efforts. Sans doute le chancelier Hitler a t-il affirmé solennellement qu’une fois réglée la question des Sudètes, il n’aurait plus aucune revendication territoriale à formuler en Europe. Mais n’avait-il pas juré, il y a moins d’un an, de respecter l'intégrité de la Tchécoslovaquie et ne continue-t-il pas à laisser imprimer dans “Mein Kampf’: “avec la France aucune réconciliation n’est possible. Il faut lui régler son compte”.
Le 3 octobre le Petit Comtois consacrait le titre de sa première page au ‘grignotage de la Tchécoslovaquie, le 8 ‘il annonçait que la Slovaquie se donnait un gouvernement autonome’, le 11 il titrait à nouveau “Hongrois, Polonais et Allemands grignotent la terre tchécoslovaque” tandis que 140 000 tchèques fuyaient les régions passées sous l’autorité nazie.

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