1945-1974

Pendant les Trente Glorieuses, Besançon connaît une période de grande expansion qui transforme peu à peu la petite cité provinciale en capitale régionale. La population de la ville double quasiment entre 1946 et 1968 : de 63 508 habitants, on passe à 113 220. Cette véritable explosion démographique s’accompagne d’une croissance économique sans précédent. Les industries alimentaires (Unimel), le secteur de la confection et des textiles artificiels (Rhodiaceta, Supérior-Maveg et Weil) et celui de la mécanique de précision (Bourgeois, Micro-Méga, Mischler etc) se développent considérablement et constituent désormais, aux côtés de l’horlogerie (Kelton, Lip, Yéma etc), les principales activités de la ville.
Pour les hommes comme pour les usines, le centre-ville devient vite trop étroit, de nouveaux quartiers (Palente, Montrapon, 408, Planoise, Clairs-Soleils) et de nouvelles zones industrielles (Trépillot, Palente) apparaissent. Faute de main-d’œuvre locale suffisante pour réaliser ces constructions, les entrepreneurs de travaux publics ont recours à des travailleurs immigrés en provenance d’Italie , d’Afrique du Nord , d’Espagne et du Portugal . Petit à petit, le poids des étrangers devient de plus en plus important dans la ville .
Les conditions de vie de ces bâtisseurs de cathédrales d’un nouveau genre sont souvent particulièrement difficiles et, non sans raisons, certaines personnalités locales (Jean Carbonare , Henri Huot , l’abbé Chays etc) s’émeuvent de leur situation, surtout de celle des travailleurs algériens. Une Association d’Accueil des Travailleurs Etrangers et Migrants (AATEM) voit ainsi le jour en 1952. Sous son impulsion et avec l’aide de la Municipalité, on leur octroie des logements (foyer rue Clémenceau, foyer des Founottes , cité familiale des Montarmots , les tours de l’Amitié près de Saint-Ferjeux …). Avec le temps, on instaure des cours du soir, les jardins familiaux s’agrandissent, l’école, la participation aux associations et aux clubs sportifs favorisent l’intégration des immigrés et de leurs enfants.
Dans le même temps, l’Université – qui ne cesse de croître – attire de plus en plus d’étudiants étrangers . De nombreux liens se tissent alors entre Besançon et l’Afrique, l’Asie et l’Amérique assurant ainsi une certaine renommée à la ville.
A partir des années 1970, la situation économique devient plus dure. En même temps que Besançon rentre dans une phase de crise, une page se tourne pour les immigrés, lorsqu’en 1974 l’immigration est officiellement stoppée et que seul le regroupement familial est autorisé (depuis 1976). Quoi qu’il en soit, la contribution des étrangers – travailleurs et étudiants – à l’expansion de Besançon est indiscutable. Il n’y a pas un édifice, pas une infrastructure construits pendant les Trente Glorieuses qui ne soient nés de mains étrangères…même si l’on a trop facilement tendance à l’oublier.
Frédéric Spagnoli (Docteur en Italien et docteur en Sociologie et petit-fils d'immigré italien
Contexte français (Film de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration)
Découvrez l'histoire de l'immigration dans le Doubs de 1850 à 1950.
Note historique : L'Algérie depuis l'indépendance
L'évolution de l'Algérie depuis son indépendance est marquée par des mutations considérables, que ce soit du point de vue démographique (la population est passée de 10 millions à 37 millions d'habitants) ou économique :
Les travailleurs immigrés à Besançon, d'après le travail d'Aimée Bouilly en 1970
En 1970, Aimée Bouilly, étudiante à l'Université de Franche-Comté, rédige l'une des premières enquêtes sur les travailleurs immigrés en Franche-Comté et, plus précisément, au sein de la ville de Besançon.
Coq migrateur
Cet emblème qui ornait le Monuments aux Morts du village d’EL ACHOUR a été récupéré par le Maréchal des logis /chef TOULIS au moment de l’Indépendance de l’Algérie en 1962
Construction des grands ensembles
De 1946 à 1968, la population de Besançon est multipliée par deux
La gare
La gare Viotte était le premier lieu d'accueil de la ville de Besançon. Dans les années 50 (reconstruite en dur en 1963), elle était en bois, ainsi qu'en témoigne M. Salah
Photo des Italiens de Battant-Madeleine en 1959
Communauté italienne du quartier Battant-Madeleine, prise le 29 mars 1959 devant l'église de la Cassotte (Chapelle des Capucins).
La population bisontine est multipliée par deux
En moins d'un quart de siècle, la population double passant de 63 508 habitants en 1946 à 113 220 en 1968.
Evolution des nationalités des étrangers à Besançon
En 1946, seules deux nationalités sont largement représentées. les Italiens et les Suisses. Ces deux populations sont issues d'une immigration déjà ancienne.
- Note historique : L'immigration portugaise en France
- Italiens des Trente Glorieuses
- Espagnols à Besançon en 1974-75
- Les Nord-Africains à Besançon après la Seconde guerre mondiale
- Etudiants français et d'outre mer à Besançon en 1954
- Algérie : l’action des étudiants français et algériens à Besançon entre 1950 et 1960
- Les Nord-Africains vus par les journaux bisontins
- Algérie : le problème des Harkis vu par la presse




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