Les Nord-Africains vus par les journaux bisontins - Une série remarquable d'articles

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1952 : Une série remarquable d’articles de portée nationale dans Le Comtois

Le 8 février 1952 Le Comtois inaugure une  enquête consacrée aux « Nord-Africains en France » qui comportera pas moins de 8 longs articles. L’auteur Michel Collinet était un militant syndicaliste enseignant qui a publié notamment un « Essai sur la condition ouvrière (1900-1950) ». Il décrit une situation globale sans évoquer les dimensions locales de la question traitée. Voici la série des titres :
• 8 février : « Le drame des Nord-Africains transplantés, c’est qu’il n’a pas de toit et pas toujours du travail ».
• 9 février : « C’est la famine qui pousse les Nord-Africains vers la métropole ».
• 11 février : « Entre le travail et la déchéance ». Sous titre : « le Nord-Africain, même quand il travaille, reste dans cette marge où le prolétaire et le  gueux se confondent ».
• 12 février : « La nuit  d’un clandestin ». Sous titre : « Sans argent, sans papiers, c’est chez un compatriote que le Nord-Africain trouvera le plus souvent une paillasse et un bol de soupe ».
• 13 février : « Les privilèges de la misère » : Sous titre : « Lorsque le Nord-Africain réussit à obtenir un emploi stable et un foyer, il ne veut plus retourner dans son pays ».
• 14 février : « La tuberculose décime les travailleurs algériens ». Sous titre : « Promiscuité, sous-alimentation, travail malsain ».
• 15 février : « Le travailleur Nord-Africain n’est pas protégé contre la tuberculose ». Sous titre :
« Insuffisance de la prévention et des soins de convalescence font de l’Algérien de la métropole une proie facile pour le fléau ».
• 16 février : « Problème n° 1 : créer des écoles en Afrique du Nord ». Sous titre : « Moins de 10 % des enfants d’Algérie bénéficient de l’instruction primaire ». « Et le travailleur Nord-Africain illettré ne peut recevoir aucune formation professionnelle ».
Quand on sait que les quotidiens de l’époque n’avaient que 6 ou 8 pages, il est remarquable de constater que Le Comtois ait consacré d’aussi longs articles, occupant un tiers de page, avec des titres, couvrant trois colonnes sur six, à une étude
exhaustive d’un problème auquel très peu de gens s’intéressaient.

Une intervention de Jean Minjoz»
Le 31 mars Le Comtois publie une réponse du préfet à une lettre de Jean Minjoz qui lui avait demandé
« des éclaircissements sur les conditions de travail et le logement des Nord-Africains employés à Besançon par l’Entreprise continentale de travaux publics ».
Le préfet indique qu’il a obtenu la mise à disposition des ouvriers « d’un local en dur et des wagons désaffectés dans l’enceinte de la Mouillère en attendant la construction d’un centre d’accueil ».

Où loger le Centre d’accueil des Nord-Africains ?
baraquement avenue clemenceauLe 30 juillet 1952 La République rend compte des débats du conseil municipal. Il est clair que si tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut faire quelque chose, les élus se heurtent à des réticences des habitants des quartiers où une implantation est projetée.
« Plusieurs conseillers précisent que la population est effrayée, sans raison précise, de l’établissement de ce centre d’hébergement. Cet état d’esprit est un peu injustifié.
Le conseil demande que les services municipaux étudient la question et offrent un terrain... »
« Le conseil a voté récemment l’achat d’un baraquement devant être installé quelque part à Besançon afin de servir de Centre d’accueil aux Nord-Africains. La question principale est de savoir s’il existe un emplacement propice, or on n’en voit guère et un projet a déjà suscité de vives réclamations de la part des habitants du quartier choisi ».

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  • Jardins familiaux

    L’association Les Jardins familiaux existe à Besançon depuis 1896. C’est l’abbé Jules Lémire, député du Nord, qui est à l’origine de ce concept, rappelle Ludovic Ellena, permanent aux Jardins familiaux.

  • Algérie : l’action des étudiants français et algériens à Besançon entre 1950 et 1960

    L’association des étudiants de Besançon (AGEB) est la section locale de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF).

  • Note historique : L'Algérie depuis l'indépendance

    L'évolution de l'Algérie depuis son indépendance est marquée par des mutations considérables, que ce soit du point de vue démographique (la population est passée de 10 millions à 37 millions d'habitants) ou économique :

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    Cet emblème qui ornait le Monuments aux Morts du village d’EL ACHOUR a été récupéré par le Maréchal des logis /chef TOULIS au moment de l’Indépendance de l’Algérie en 1962

  • Une vie mouvementée

    A. est née en 1951 en Algérie, à Sidi Bel Abbès. Elle a trois frères et six sœurs dont une qui est décédée. Lorsqu’elle était jeune, elle est allée à l’école maternelle Gaston Julia puis à l’école Pasteur, à Sidi Bel Abbès.

  • 1952, création de l'AATEM, Henri Huot

    Demander à la municipalité de se préoccuper de leur sort n’était pas populaire : les conditions de vie lamentables de ces immigrés ne dérangeaient pas grand monde...