Les Nord-Africains vus par les journaux bisontins - l'année de l'indépendance

Sommaire

Après 1958, année 1962 : l’année de l’indépendance

Cette année est celle des accords d’Evian et de l’indépendance. Dans la phase ultime des négociations les tensions s’exaspèrent, comme le démontre cet article paru dans l’Est Républicain du 27 janvier 1962.
faits et mefaits
Quatre jours plus tard, nouveau titre « En décapitant l’organisation bisontine FLN la police aura évité deux assassinats ».
En février, la répression s’intensifie. Titre du 16
« 17 Nord-Africains de la région de Sochaux, Belfort, Besançon, condamnés à Dijon pour atteinte à la sûreté de l’Etat ».
Le 18 mars 1962, les accords d’Evian sont signés. Des initiatives sont prises pour tisser des liens entre les deux rives de la Méditerranée.
Le 18 mai, annonce de la création à Besançon d’un « Front de solidarité et d’amitié ». Il a pour but de « venir en aide aux musulmans d’Algérie ». Son siège est à la Cité universitaire.
Le 4 juillet, l’Algérie est devenue indépendante. C’est un franc-comtois, M. Jean Marcel Jeanneney qui est nommé premier ambassadeur de France auprès de la Nouvelle République.
200 algériens se réunissent au Centre nord-africain, avenue Clémenceau pour célébrer l’événement.
Le bâtiment est décoré de guirlandes aux couleurs du nouvel Etat. Ce jour-là, nombre de travailleurs ne sont pas allés au boulot. L’un d’eux déclare : « c’est comme vous pour le 14 juillet ».
Parallèlement se pose le problème des harkis.
Les relations entre la France et l’Algérie mettront un certain temps à se normaliser. Le Consulat du nouvel Etat est ouvert à Besançon en 1969. Chaque année une réception est organisée pour la Fête nationale du nouvel Etat. Toutes les autorités de la Ville y sont invitées. Mais, dans les premières années, les notables n’acceptent pas (à l’exception de l’archevêque) d’être photographiés par la presse, car l’opinion demeure traumatisée par les événements récents. Et le jour retenu commémore le début de la rébellion à la Toussaint 1954, marqué par des victimes civiles européennes. Le choix de la date heurte les rapatriés. On sait aussi que du côté des Anciens Combattants d’Algérie, des polémiques très vives et non encore éteintes opposent les associations au sujet du jour à retenir pour marquer le souvenir des soldats français victimes du conflit (ils furent 249 dans le Doubs).

Extrait de "les Nord-Africains à Besançon", éd Ville de Besançon juin 2007

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