Algérie : le problème des Harkis vu par la presse

La presse est discrète sur le problème des harkis. Une brève mention dans Le Comtois permet d’apprendre qu’à la mi-juillet « 160 algériens se trouvent au camp du Valdahon.

Placés sous le contrôle de l’armée ces harkis ont amené avec eux leur famille ».

Un long article sur cinq colonnes, publié dans l’Est Républicain du 23 août 1962, illustre bien une situation dramatique. Le titre est révélateur : « parce qu’il a peur, un jeune harki de 20 ans demande 10 ans de prison au tribunal pour « se mettre à l’abri ».
Le journaliste qui rend compte de l’audience écrit :
« on a connu des instants très pénibles, hier après-midi, au tribunal correctionnel... Il est rare de voir comparaître des inculpés venant réclamer comme ce jeune africain de 20 ans, 10 ans de prison. C’est parce qu’il a peur et veut se mettre à l’abri. Ancien harki, il ne se sent plus en sécurité même en France où quel que soit l’endroit où il vient chercher refuge, il se croit suivi à la trace par des émissaires du FLN voulant lui réclamer des comptes ».
M. X a fracassé la vitrine d’un garage. Après coup,
« pour être plus sûr d’être appréhendé au plus tôt il est venu frapper à la porte du commissariat ».
Le tribunal condamne le briseur de vitres à un mois de prison, souhaitant par ailleurs que l’assistante sociale de la prison « prenne en mains » les intérêts de M. X.

 

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Extrait de "les Nord-Africains à Besançon", éd Ville de Besançon juin 2007

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