Note historique : L'immigration portugaise en France - Pourquoi l’explosion migratoire vers 1960 ? Et pourquoi vers la France ?

Sommaire

Pourquoi l’explosion migratoire vers 1960 ? Et pourquoi vers la France ?
Pourquoi vers 1960 ? Parce que la natalité restait forte, alors que le développement économique interne était insuffisant, et que le Portugal restait un des pays les plus pauvres d’Europe. Parce que, à partir de 1961, le régime salazariste dut affronter trois guerres de décolonisation en Angola, au Mozambique et en Guinée-Cap-Vert, et qu’il porta, pour renforcer ses troupes en Afrique, la durée du service militaire à quatre ans. Les jeunes Portugais qui quittaient alors leur pays fuyaient donc soit la pauvreté, soit la perspective de quatre ans de guerre en Afrique, soit les deux.

Pourquoi surtout vers la France ? Parce que, même modeste, il existait déjà une communauté portugaise en France, et cela depuis que des régiments portugais étaient venus en 1916-1918 se battre dans le Nord de la France contre les Allemands. Parce que la France connaissait en 1960 une expansion remarquable, avec de gros besoins de main d’œuvre dans le bâtiment et les travaux publics, l’automobile, l’industrie en général. A joué aussi la proximité géographique. Elle aurait pu jouer en faveur du voisin espagnol, mais un vieux contentieux historique (rivalités impériales, linguistiques, souvenirs d'une union imposée en 1580-1640) a fait que les Portugais ne souhaitaient pas émigrer en Espagne.

Géographie de la migration : la zone de départ était le Nord du Portugal,entre Lisbonne et la frontière de la Galice espagnole (le Minho, Tras-os-Montes, c’est-à-dire les régions de Leiria, Coimbra, Viseu, Guarda, Braga, Vila Real, Bragança). Certains villages virent partir presque tous leurs hommes adultes. Le recensement de 1970 révéla que la population portugaise avait diminué en 10 ans, cas unique en Europe occidentale depuis la famine irlandaise de 1845-48.

Partager cette page :
  • Portugal : témoignage de M. Da Costa

    M. Da Costa explique les raisons de son départ du Portugal pour Besançon, le 28 octobre 1964, et nous raconte ce qu'il a ressenti en arrivant.

  • Un jour, il y a eu 2 contrats de travail pour l’étranger

    Je suis née au Portugal dans un petit village qui s’appelle Girabolhos en 1965. Nous sommes 5 enfants, 4 filles 1 garçon, 4 enfants nés au Portugal et la petite dernière née en France en 74 l’année où on est arrivés.

  • Jardins familiaux

    L’association Les Jardins familiaux existe à Besançon depuis 1896. C’est l’abbé Jules Lémire, député du Nord, qui est à l’origine de ce concept, rappelle Ludovic Ellena, permanent aux Jardins familiaux.

  • Le Portugal est son pays-émotion

    Paula, âgée alors de 11 ans, est arrivée en France, à Valentigney, en 1971, accompagnée de ses parents et de son petit frère de 4 ans. Elle venait du Portugal.

  • Immigration et travail à Besançon (depuis 1945)

    Depuis la 1° Guerre mondiale, événement fondateur sur cette question, et jusqu’aux années 70, l’appel à la main d‘oeuvre étrangère a été une constante de l’économie française. Besançon n’échappe pas à la règle.