Loger les Nord-Africains dans le Nord Franche-Comté (1945-1962)

Stéphane Kronenberger, Chercheur associé à l'Unité de Recherche Migrations et Société (URMIS) Université de Nice Sophia Antipolis et membre du Conseil scientifique du site Migrations à Besançon.

Depuis le XIXe siècle, le Nord Franche-Comté constitue un « pays d’usines », ayant la particularité de n’être situé à proximité d’aucune grande ville (Gibert, 1930). En 1946, Belfort et Montbéliard ne comptent respectivement que 37 000 et 14 000 habitants. Les industriels, tels Peugeot, Alsthom ou Japy, ont donc très tôt mis en chantier, au sein du Pays de Montbéliard, du Territoire de Belfort et de l’Ouest de la Haute-Saône, des cités ouvrières pour attirer et fixer la main d’oeuvre indispensable à leur expansion (Kronenberger, 2014a). Dans l’entre-deux-guerres, la forte empreinte militaire de ces terres de l’Est a en outre permis de loger, au sein de casernes, des ouvriers originaires d’Europe centrale ou d’autres horizons. Après 1945, avec l’arrivée croissante de travailleurs en provenance d’Afrique du Nord, et en particulier d’Algérie, il est intéressant de se demander dans quelle mesure la création de lieux d’hébergement pour accueillir et porter assistance à cette population allogène s’appuie sur des héritages, et quelles sont à l’inverse les nouvelles dynamiques initiées par le milieu local ou la sphère étatique ? Cela pose donc la question de savoir quels acteurs interviennent ? Avec quels objectifs ? Et selon quelles temporalités ?

Lien : http://urmis.unice.fr/spip.php?article903

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