Lectures à voix autres : séance du 7 décembre 2011

Tous les mercredis, la médiathèque Nelson Mandela organise l’animation « L’heure du conte ». C’est un rendez-vous pour les enfants et leurs parents, pendant lequel les bibliothécaires leur racontent plusieurs histoires.

Dans ce cadre, l’animation "Lectures à voix autres" a été mise en place et expérimenté pour la première fois le mercredi 7 décembre 2011. Elle valorise la pluralité culturelle du quartier et de ses habitants et permet de découvrir la beauté et mélodie de  langues différentes.
Les graines de ce projet ont été semées lors de la journée sur le plurilinguisme du 11 octobre 2010, organisée par le site « Migration à Besançon ». Emmanuel Mouchotte et Emilie Demoulin de la médiathèque Mandela avaient participé à cette journée et souhaitaient développer une action sur ce même thème.

« Lectures à voix autres » est le fruit d’un partenariat entre la médiathèque Mandela et le groupe « Miroirs de femmes » (http://migrations.besancon.fr/blogs/miroirs-de-femmes/) accompagné par Tanja Nikolova (animatrice socio-culturelle).

La première séance de "Lectures à voix autres" a permis une rencontre chaleureuse entre les femmes d’ici et d’ailleurs, entre les bibliothécaires et les nombreux parents et leurs enfants.

 

  • Créneau du matin

Le groupe « Miroirs de femmes » a été représenté par : Karima Bouhlala (Maroc / arabe), Julienne Emouengue Oyere (Congo Brazzaville / lingala), Christine Ngbakoto (Congo Kinshasa / lingala), Sona Pogosov (Arménie / arménien), Ludmila Rousselot (Russie / russe), Chantal Gouillier (France / français).

Accompagnées par Emmanuel Mouchotte, Emilie Demoulin, Fatima Ghadde et Charlotte Parini de la médiathèque, et de Floriane Loubatières du site « Migrations à Besançon », les femmes ont tour à tour récité et chanté leurs poèmes et comptines, après la lecture de leur traduction, assurée par Françoise Gayet, contributrice du site.

Le stress de départ a rapidement été dépassé. En « tenue du pays » pour certaines, accompagnées de marionnettes et de peluches en lien avec les textes, elles ont reçu un très bel accueil de la part des parents et des enfants présents : environ 50 parents et enfants d’origines diverses.

Heure du conte

Cette action sur le plurilinguisme s’est faite de manière interactive puisque le public a participé en répétant des mots choisis dans les comptines et des « bonjour » dans plusieurs langues. De plus, des langues non présentes parmi le groupe de femmes ont été proposées par des parents et enfants du public comme le portugais et le rwandais.

Tous les enfants sont repartis avec une feuille contenant l'ensemble des comptines et poèmes de la matinée ainsi que leur traduction.

Voir les comptines et les poèmes.

 

  • Créneau de l’après-midi

Liudmila et Christine ont participé à la lecture de contes l’après-midi. Les bibliothécaires lisaient en français puis les deux intervenantes en russe et lingala. Deux collégiens sri-lankais de Diderot ont également offert leur participation en tamoul.

Environ 25 personnes étaient présentes. Il est à noter que des femmes du groupe « Miroirs de femmes » avaient fait le déplacement pour venir soutenir les autres membres.

Une carte du monde avait été accrochée au mur et des gommettes marquaient les pays représentés. Sona a montré l’Arménie. Christine a trouvé ce pays tout petit en comparaison du Congo, et un grand éclat de rire s’est fait entendre lorsque Liudmila a pointé du doigt la Russie! Personne n’a pu rivaliser, pas même le Mexique.

heure du conte

 

  • Grâce à cette journée,

les langues des femmes du groupe « Miroirs de femmes » ont été valorisées. La langue maternelle n’était plus une différence, un obstacle à l’intégration en France mais une richesse à partager ; un bilinguisme applaudi et reconnu. Les participantes sont maintenant plus à l’aise à l’idée de s’exprimer en public, en français, tout en ayant l’envie de conserver leur langue maternelle et de la transmettre.

Heure du conte

Sona, par exemple, a très envie de montrer la vidéo de la matinée à ses petits-enfants, de leur faire écouter la langue de leur grand-mère sous les applaudissements. Karima elle, a eu le plaisir d’avoir dans la salle des « chœurs » qui l’ont accompagnée spontanément en arabe. Certains des enfants dans la salle étaient bilingues et comprenaient parfaitement les comptines en langue étrangère. Les autres ne se sont pas pour autant ennuyés. Les gestes, les intonations et leur imaginaire leur ont permis de suivre les histoires et même de retenir plusieurs mots, le nom des animaux notamment. Une complicité s’est mise en place, discrète, pour chuchoter à son petit voisin un passage non compris. Des parents, d’origine étrangère, fredonnaient ces chansons et leurs enfants étaient très fiers de les voir comprendre des mots dans une langue qu’eux ne connaissent pas.

Ils ont appris beaucoup de choses comme le fait qu’il y a deux Congos en Afrique, que les poussins au Mexique ne font pas « piou piou » mais « pío pío », que « simba » n’est pas que le prénom d’un lion mais aussi le verbe « toucher » en lingala, etc...

 

Ce fut un moment de convivialité, de sensibilisation aux langues étrangères et de reconnaissance d’une pluralité linguistique et culturelle.

 

La journée a été filmée par une contributrice du site, Elisabeth Trouche, et des photos ont été prises. Aurélien Bertini de Radio Campus a effectué un enregistrement sonore.

Un compte rendu de la journée illustré sera également mis en ligne sur le blog « Miroirs de femmes ».

 

Les parents et les enfants ont réclamé une prochaine édition plurilingue. Les bibliothécaires et les participantes également et un rendez-vous a été pris pour discuter d’une suite à donner à cette action sur les langues. Certaines des femmes qui n’avaient pas souhaité, osé, participer à la lecture plus longue de l’après-midi ont déjà fait savoir qu’elles s’inscrivaient pour la prochaine fois.

heure du conte

Les « merci » et les « au revoir » se sont faits en une quinzaine de langues mais c’est le « à bientôt » qui était de mise...

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