Être étudiant étranger à Besançon en 2008

Je viens d’un pays d’Afrique et après avoir obtenu mon Bac, comme beaucoup d’autres confrères africains, j’ai eu l’honneur de venir continuer mon cursus universitaire ici à Besançon.

Une ville magnifique et surtout étudiante. Mais souvent pour un étudiant africain qui arrive en Europe c’est une expérience très différente par rapport à ce qu’il a vécu auparavant.

Voilà l'histoire de mon premier jour à Besançon.

Premièrement, on ne peut réserver une chambre au Crous que si on est étudiant boursier. Or, tous les étudiants africains n’ont pas le droit à une bourse pour aller étudier à l’étranger. Souvent certains parents courageux vont jusqu’à faire un emprunt à la banque pour que leur fille ou leur fils puisse s’offrir d’autres opportunités à l’étranger. Tel a été le cas des mes parents .

Lors de mon premier jour à Besançon, il pleuvait, si bien que toute mes affaires étaient mouillées. J’ai atterri à l’hôtel Foch qui est juste en face de la gare de Besançon. J'ai choisi cet hotel pour ne pas me perdre dans cette ville où tout me semblait nouveau et dans laquelle j’étais un peu perdu je l’avoue. Le lendemain, c’était la routine qui commençait, il fallait que je trouve où se situait la fac pour compléter mon inscription; franchement, ça n’a pas été facile. Une fois cette étape terminée, il me restait encore un grand parcours à franchir : aller me trouver un logement moins cher car à l’hôtel les poches se vidaient très vite (j’ai du payer 850 euros juste pour 2 semaines). Au Crous c’était toujours la même réponse : « Monsieur il n’y pas de chambre pour vous, vous n’êtes pas prioritaire. " Pendant plus d’un mois, je n’avais pas d’adresse fixe faute de moyens car j’avais presque tout dépensé à l’hôtel. Entre-temps les cours ont commencé et j’accumulais du retard dans mes études. J'ai fini par trouver un couple d'étudiants qui m’a hébergé pendant trois mois jusqu’à ce qu’enfin je trouve une chambre au Crous suite à l’intervention d’un responsable de la fac.

Puis il reste encore l’étape la plus difficile celle de faire les papiers : la carte de séjour, ouvrir un compte alors qu’on n'a plus grand-chose à placer dessus. Une fois qu’on a trouvé sa chambre il faut trouver une personne qui se porte caution, qui habite nécessairement en France pour qu’il paie une garantie de trois mois. Toutes ces démarches te coûtent souvent ton premier semestre .

Pour pouvoir garder ma chambre, j’ai dû trouver un travail en plus de mes études ce qui n’est pas facile. Une fois qu’on a trouvé un travail on a l’impression que tout va rentrer dans ordre, mais très vite on se rend compte que c’est très difficile d’être un étudiant salarié. Malheureusement, beaucoup entre nous sont obligés de passer par là, d’étudier et de travailler à côté. Ce qui laisse peu de temps pour réviser, et se consacrer à ses études.

Je finirai en remerciant toutes les personnes qui font tout leur possible pour améliorer l’accueil et l’intégration des étudiants étrangers car la rencontre et l’engagement de certaines personnes auprès des étudiants étrangers m’ont énormément solidifié dans les moments difficiles. J’espère une meilleure intégration pour les étudiants internationaux à venir.

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  • Qu’est-ce que l’intégration ?

    Il existe de nombreuses définitions de ce mot, car, comme le signale la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, il s’agit d’un terme « qui évolue en fonction du contexte politique ».

  • Qu’est-ce que l’insertion ?

    L’insertion se joue au niveau social. On parle d’insertion lorsqu’un groupe minoritaire entre dans une société. L’insertion désigne ce processus, et elle s’oppose donc à l’exclusion, qui est le processus inverse, de rejet à la marge de groupes ou d’individus minoritaires.