Alexis quitte Vientiane (Laos) à douze ans

D-jai thii hû káp jâo ! « Ravi de vous rencontrer » en lao.

 

L’histoire que je vais vous raconter est celle d’un jeune homme, arrivé du Laos et résidant en France pratiquement depuis une vingtaine d’années.

Tout commence le 10 novembre 1976. Les époux de la famille C. vont bientôt être parents pour la deuxième fois d’un petit garçon, Alexis. Né à Vientiane, la capitale du Laos, tout comme sa maman, née en 1954, Alexis passe sa petite enfance avec ses parents et son frère, d’une année son aîné. Ils parlent le vietnamien au sein de leur foyer. Son père, né à Ha Dong au Vietnam en 1953, envoie son deuxième fils à l’école au Laos jusqu’à ses dix ans.

laos

L’enseignement était donné en laotien et en vietnamien, ses deux langues familiales. Durant les années 1980 et 1981, la famille s’agrandit puisque Alexis et son grand frère accueillent chez eux deux petites sœurs, nées également à Vientiane. En 1986, Alexis voit sa grand-mère, ses oncles et ses tantes partir en France. Ce n’est que dans l’année de son douzième anniversaire qu’Alexis, ses frère et sœurs, ainsi que ses parents, quittent le Laos. Les principales raisons sont les gros problèmes causés par le régime totalitaire mis en place par le Parti communiste vietnamien. La vie était devenue trop horrible pour avoir encore envie de rester dans leur pays.

 

drapeau

 

C’est donc durant l'année 1988 qu’Alexis et sa famille se dirigent vers la ville de rassemblement dans un camp en Thaïlande, puis prennent l’avion pour effectuer le voyage jusqu’à leur pays d’adoption, la France. Ce pays ne représentait rien pour lui, ce qui renforçait davantage l’appréhension face à ce périple. À leur arrivée, ils reçoivent heureusement de l’aide de leur famille déjà en France depuis 1986 tout d’abord, mais aussi des aides associatives. La langue est une des premières barrières puisque la famille C. ne parlait pas un mot de français. Les voilà arrivés à Paris, dans un foyer où ils restent deux semaines.

Ensuite, ils arrivent à Besançon au foyer Forum (plus précisément à Planoise). Ils y restent six mois avant d’habiter, pour finir, dans une HLM F4 à Planoise. Ce n’est qu’à ses débuts à l'école que le petit Alexis apprend rapidement le français et se fait de nombreux amis. La famille continue encore à s’agrandir malgré la distance entre eux et leur pays d’origine, puisque dans les années 1988 et 1992 naissent à Besançon deux autres petites filles.

En 1998, Alexis obtient la nationalité française et quelques années plus tard, après des études et des petits boulots, il rencontre une femme, Freddy D., avec laquelle il a des jumeaux, Théo et Lilian, nés le 12 juin 2002.

De son pays natal, le Laos, Alexis n’a gardé aucun contact et n’y est jamais retourné. De plus, ses enfants ne sont pas sensibles à leurs origines et ne parlent ni le laotien ni le vietnamien. Sans doute une manière de couper les ponts avec un pays où il a connu l’horreur du communisme.


Professeur organisateur : Alain Gagnieux

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