Fuir le Cambodge des Khmers rouges - France

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Quelle impression vous a fait la France à cette époque ?
Tout était triste, on était au mois de mars, pas de feuilles aux arbres, nous qui débarquions d'un pays verdoyant toute l'année. Les rues étaient vides, des autos, oui, mais pas de personnes à pied.

Oui, je comprends votre impression c'est celle que j'ai lorsque je reviens d'Asie, des Camps ou du Cambodge. Et après parlez-moi de votre insertion, pour vous qui étiez francophone, cela a dû être relativement facile car il n'y avait pas la barrière de la langue pour vous ?
À son retour des camps de Thaïlande, le père Gilles nous a emmenés à Paris au ministère de la Santé pour faire régulariser nos diplômes, pour moi de médecin et pour mon épouse celui de sage-femme. Étant trop âgé pour refaire ne serait-ce qu'une année d'étude de médecine, j'ai obtenu le diplôme IDE comme infirmier, et c'est le père Gilles qui m'a fait connaître Melle Devaux et entrer à l'hôpital comme infirmier et mon épouse comme aide-soignante à la maternité.

Votre intégration ?
Elle a été dure. Premièrement, j'ai été déclassé professionnellement, même si j'étais francophone. Certains jours, j'étais découragé et je voulais repartir. J'avais de la difficulté à subir la pression des supérieurs au travail. Naturellement pour travailler à l'hôpital, j'ai dû demander la nationalité française très rapidement. Après avoir construit une maison à Miserey, je l'ai vendue au cours d'une période de dépression et j'ai acheté un appartement en ville à Besançon.

Êtes vous retourné dans votre pays ?
Oui, par trois fois, pour retrouver les membres de ma famille encore vivants.

Ici, vous occupez-vous de la communauté cambodgienne ?
Oui, au sein de l'association des Cambodgiens pour préparer les fêtes du Nouvel An, la fêtes des morts, sur le plan culturel mes filles sont devenues danseuses cambodgiennes pour animer les fêtes et ce groupe était très apprécié même en dehors de la ville et de la région. J'ai participé aussi à la mise en place d'une radio cambodgienne très écoutée dans la communauté et même par des Français (radio bilingue)

Et vos enfants ?
Elles sont complétement intégrées et deviennent comme les Français. Elles ont deux cultures, l'une cambodgienne (par la famille) et l'autre française (par l'école). Nous restons toujours bouddhistes et réagissons souvent en Cambodgiens, et maintenant nous entrons dans le troisième âge, avec des nouvelles responsabilités. Mais je m'intéresse de très près à la politique du Cambodge.

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  • Qu’est ce que la discrimination ?

    Selon la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité), « une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi, comme l’origine, le sexe, le handicap, etc., dans un domaine visé par la loi, comme l’emploi, le logement, l’éducation, etc. »

  • Qu’est-ce qu’un réfugié ?

    « Un réfugié est une personne qui, ‘‘ craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ’’. (Convention de 1951 relative au statut des réfugiés).

  • Les harkis en quelques lignes

    La guerre d’Algérie a opposé entre 1954 et 1962 l’armée française et des dizaines de milliers d’Algériens musulmans à d’autres Algériens musulmans nationalistes membres du FLN.