Entre deux aéroports

Je ne pense ni à mes parents, ni à ce pays que je viens de quitter, tout est confus, je ne comprends pas vraiment la raison de notre départ. Seule une image est claire : La France !

Le pays où il y a tout ce qu’il n’y a pas en Algérie ! J’allais enfin découvrir ce paradis, plus populaire que celui que Dieu offre aux fidèles…
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Depuis, quelques années se sont écoulées. Et pendant tout ce temps, je ne savais pas si j’avais réellement compris les raisons de notre départ. J’avais du mal à imaginer pourquoi un être qui a un pays éprouve le besoin de vivre dans un autre pays où il va devoir tout recommencer. Deux raisons étaient possibles. La politique ou la pauvreté. La pauvreté, ce n’était pas notre cas. La politique ? Sûrement. Je n’osais pas demander à mes parents de me raconter leur histoire, notre histoire. J’en avais fait, inconsciemment, un sujet tabou. Les questions se bousculaient dans ma tête… Suis-je toujours algérienne ? Je ne le savais pas vraiment. Après tout, un vrai Algérien, c’est celui qui évolue en Algérie et pas ailleurs ! Décidément les questions existentielles ne sont pas pour moi !
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Ce lundi 22 avril a été pour moi un jour de découvertes. J’ai découvert ce que pouvaient ressentir les jeunes Français d’origine maghrébine à qui l’on rappelle constamment qu’ils ne sont français que sur les papiers.
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L’avion est plein à craquer.
Je suis impatiente d’arriver. Il doit faire chaud. Une chaleur collante, étouffante. Mes vacances, depuis quelques années sont liées à l’Algérie, à ma famille. Je suis heureuse de revenir, de revoir mon pays. C’est une sensation unique. Le contact avec le sol algérien me donne des frissons. L’avion atterrit, les passagers s’impatientent, les portes s’ouvrent, un vent violent, chaud envahit l’avion. Voilà, j’y suis ! Mon bonheur est tel qu’il est impossible de me contrarier. Le manque d’organisation, les bousculades ne sont que facteurs de plaisirs. Oui, je suis en Algérie, dans mon pays. Ici, je ne laisserais personne me dire que je ne suis pas chez moi…
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Amel

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