Une enfance terrible, entre France et Vietnam

Mon enfance a été malheureuse. Ma mère était très malade, elle avait des problèmes avec le foie.

MarchéEn 1958, nous sommes retournés dans le village natal de ma mère et nous y sommes restés jusqu'en 1961. Ensuite, nous sommes revenus à Saigon car la guerre a commencé à arriver jusque dans notre village, et nous avions des problèmes car je suis métisse. C'était une preuve que ma mère avait trahi sa patrie ! À Saigon, ma mère est restée au lit pendant trois ans de 1961 à la fin de 1963. J'ai dû me débrouiller toute seule pour survivre. Tous les matins, je faisais les commissions pour les voisins et les voisines. Ceux-ci me donnaient 0,50 à 1 dông chaque fois. Vers midi, j'achetais un plat de riz aux œufs caramélisés ou du riz au tofu au caramel à 1 dông. Je gardais le reste pour acheter des remèdes pour ma mère (5 dông pour les médicaments). L'après-midi j'allais à l'école et le soir je tricotais des bords de gilet pour gagner un peu plus d'argent. Je subissais souvent des insultes, des mépris ou des humiliations des autres. En plus, il y avait des problèmes entre les autres enfants et moi. J'avais toujours tort parce que j'étais métisse et que je n'avais pas de père dans ma famille. On dit que « les métisses sont mauvaises et sans père pour les éduquer ». Malgré toutes ces brimades j'ai toujours fait attention à tout ce que je faisais et je n'ai jamais voulu faire de la peine à ma mère !!!

Par la suite, Mme Lang est devenue enseignante, et elle a quitté son pays pour la France en 1985. Elle vit à Besançon depuis cette date.

Partager cette page :