Témoignage d'un ancien tirailleur marocain - Ma vie à Besançon

Sommaire

J'ai été marié au Maroc une première fois.  J'ai divorcé, ça n'allait pas avec cette femme. J'ai eu un fils que j'ai retrouvé il y a 13 ans. Il est dentiste militaire et maintenant colonel. Sa mère ne voulait pas qu'il me connaisse. Elle s'est remariée. Je l'ai recherché par des relations. Il m'a dit :«qu'est-ce que vous avez fait pendant tout ce temps ?»

Caserne LecourbeJe me suis remarié en 1963. Ma femme  est venue en France le 12 mars 1963. Nous étions logés dans la caserne Lecourbe.
J'ai 3 filles et 3 fils. Ils sont tous français. Mon fils aîné a eu une méningite à 3 ans et est très handicapé. Il a 45 ans. On s'occupe de lui à la maison. Il ne quitte pas ma femme.
Nous retournons au Maroc tous les étés, en voiture par l'Espagne. Nous y restons un mois ou deux. Nous n'avons plus de maison là-bas, nous allons chez la sœur de ma femme qui a une grande maison.

Nous ne voulons pas retourner habiter au Maroc. Nous sommes en France depuis 1955, cela fait 55 ans. Nous avons la nationalité française. Nous n'avons plus de famille là-bas (seulement ma belle-sœur).

Quand nous sommes arrivés à Besançon avec 3 bataillons de tirailleurs marocains, les gens ont eu peur de nous.  Il n'y avait pas beaucoup d'arabes à Besançon.
Le maire Jean Minjoz a été invité à une fête à la caserne, après, ça allait mieux. On défilait pour le 14 juillet à Chamars.

J'ai appris le français à l'armée. Je lis l'arabe, mais pas bien le français,
J'ai mon frère à Serre les Sapins. Je l'ai fait venir pour travailler chez Cropet.
J'ai des amis marocains et français.
Je suis musulman. Je suis allé 2 fois à la Mecque.
Quand je serai mort, j'ai une assurance par la banque populaire du Maroc pour être enterré dans mon village. Ma femme veut être enterrée où elle meurt.
C'est Dieu qui commande.
Je suis content de ma vie.

Partager cette page :
  • Esclavage et colonisation

    Situation d’un homme privé de liberté, qui est devenu la possession d’un autre homme qui peut faire de lui ce qu’il veut,