Un rôle de grand frère …

Nous avons un peu un rôle de grand frère pour accueillir les nouveaux ; les inviter à passer un week-end en famille, le temps qu’ils prennent racine.

Michel T., né en 1960 à Brazzaville, au Congo, est arrivé comme étudiant en économie en novembre 1980 à Besançon, où un de ses oncles était déjà installé. Non boursier, il n’a eu aucune difficulté à trouver des petits boulots pour subvenir à ses besoins. Il a travaillé chez Virolle Transport, fut agent d’accueil au Forum à Planoise entre autres.

 Un parcours simple.

Muni de sa maîtrise en économie, il a intégré la fonction publique où il est régisseur. Il s’est marié au Congo, le couple a obtenu ses papiers de séjour, puis la naturalisation. Les enfants nés à Besançon se sentent Franc-Comtois.
Il a conscience d’avoir eu un parcours simple, sans problème d’intégration, ce qui n’est plus possible actuellement. Les étudiants qui arrivent aujourd’hui sont catalogués comme réfugiés économiques, les difficultés sont nombreuses, pour trouver du travail notamment.
« Quelqu’un en situation régulière peut vite se retrouver en situation catastrophique. »
« Quand je vais au Congo, j’explique à mes compatriotes que la vie en France n’est pas facile. »

Les jeunes étudiants de Besançon.

« Je reste en lien avec les étudiants de l’époque installés à Besançon. Nous avons un peu un rôle de grand frère pour accueillir les nouveaux ; les inviter à passer un week-end en famille, le temps qu’ils prennent racine. »
Michel s’intéresse aux problèmes des jeunes des quartiers issus de l’immigration.
« Nous, on avait des parents qui ne savaient ni lire ni écrire, il fallait réussir ! La peur, pour nos enfants, c’est qu’ils n’aient pas envie de nous dépasser. Ils ne sont pas motivés pour aller au-delà du BTS, ils n’ont pas envie de percer. »
« Il y a beaucoup de familles mono-parentales, les enfants trouvent conseil dans la rue. L’éducation doit leur apprendre à respecter les lois du pays d’accueil. »

L’avenir.

En 1980, Michel ne pensait pas faire sa vie à Besançon. Les circonstances, le travail, les liens tissés l’ont fixé ici. La famille restée au pays l’incitera sûrement à faire des allers et retours entre ses deux pays à l’heure de sa retraite.

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