Note historique: Les pieds noirs d'Algérie - Les rapatriés en France

Sommaire

5) Les rapatriés en France

 

a) Les premiers temps en métropole furent très durs. Difficultés matérielles, malgré l’action du secrétariat d’Etat aux rapatriés. Pénible isolement moral, la majorité  de l’opinion, surtout à gauche, ayant à leur propos une opinion très négative. Douleur d’être des vaincus de l’histoire sans même bénéficier, au contraire, de la compassion qui va généralement aux vaincus. Nostalgie lancinante de la terre natale.

b) Les pieds-noirs, massivement, sont repartis de zéro en serrant les dents ont beaucoup travaillé, et réussi leur intégration économique. Ils ont encore accru le dynamisme de la France, engagée dans les 30 Glorieuses, surtout dans le Midi, où, pour des raisons géographiques évidentes, ils se sont installés très nombreux (120 000 dans les Bouches-du-Rhône ; un symbole : la ville de Carnoux-en-Provence).

Des lois d’indemnisation furent votées (loi de 1970 et ses décrets d’application de 1978, 1982, 1987). Selon un rapport officiel de 2003, l’indemnisation a été en moyenne de 58% de la valeur des biens perdus. Les associations de rapatriés ramènent ce pourcentage à 22%.

c) La blessure morale, mémorielle, reste très forte. Les voyages en Algérie, désormais assez fréquents, sont pour les pieds-noirs source d’émotions heureuses (revoir des vieux amis ou voisins musulmans), mais aussi de tristesse (revoir la tombe familiale, tel lieu changé, telle maison dégradée). Les choix idéologiques du pouvoir algérien, qui donne des gages aux islamistes et reste à mille lieues d’une  réconciliation intercommunautaire à la Mandela, d’un côté, et, d’un autre côté, l’activisme mémoriel pro-OAS de certains cercles pieds-noirs en France, rendent très difficile l’apaisement, que semblent souhaiter pourtant un grand nombre d’Algériens et de pieds-noirs. 47 ans après l’indépendance, Enrico Macias ne peut pas aller chanter à Constantine, la ville de son beau-père le grand cheikh Raymond. 47 ans après l’été 62, il est des gens en France pour vouloir élever des stèles portant le nom de tueurs de l’OAS.(voir le site de la LDH-Toulon à propos de la stèle de Marignane, finalement enlevée).

Nombreux sont les monuments commémoratifs (monuments aux morts, statues…) transférés d’Algérie en France. A Besançon, dans le Monument aux Français morts pour la France outre-mer inauguré le 1er octobre 1976 par Edgar Faure sur les remparts non loin de la gare, a été intégré un coq de métal provenant du monument aux morts du village de colonisation d’El Achour en Algérie.

 

 

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  • Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

    On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.