Note historique: Les pieds noirs d'Algérie - Conclusion

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CONCLUSION
Aurait-on pu éviter l’exode de masse de l’été 62 ? Probablement pas. La majorité des pieds-noirs ne souhaitait pas vivre dans une Algérie indépendante où elle aurait perdu le pouvoir. La majorité des cadres du FLN avait une conception ethnico-religieuse de la nation, et ne souhaitait donc pas que l’Algérie indépendante abrite une forte minorité européenne non-musulmane. La majorité de l’opinion métropolitaine se désintéressait du sort des pieds-noirs. Aucun leader algérien ne parla pour dire aux pieds-noirs de rester. Aucun grand leader pied-noir non plus. De Gaulle ne dit pas un mot de réconfort aux pieds-noirs arrivant en métropole.
Au total, un gâchis humain, dont aucun des camps en présence ne peut dire qu’il n’en est pas responsable.
Une chose est sûre : les pieds-noirs, quelles qu’aient été leurs erreurs collectives, leur manque de lucidité, ne furent pas un million d’exploiteurs, racistes et fascistes. Ils furent une communauté complexe, diverse (en 1950, il y avait deux députés communistes pieds-noirs, Alice Sportisse et René Justrabo). Ils ont droit comme tout groupe humain à un traitement normal de la part des historiens : un examen conduit avec une rigueur scientifique. Ni réquisitoire, ni plaidoirie. La  légende rose, celle du Centenaire, de 1930, a été suffisamment décriée et se trouve depuis longtemps ridiculisée ; la légende noire règne quasiment sans partage depuis 50 ans. Il est temps , non pas de revenir à la légende rose, mais de soumettre à critique normale la légende noire.

 

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  • Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

    On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.