Note historique: Les pieds noirs d'Algérie

Sommaire

L’expression « pieds-noirs » est tardive. Son origine est discutée : allusion aux chaussures portées par les colons, qui les distinguaient des pieds nus des Musulmans ?

On désigne du nom de pieds-noirs la population d’origine européenne qui s’installa et fit souche française dans les trois pays du Maghreb après la colonisation de ces pays par la France en 1830 (Algérie), 1881 (Tunisie), 1912 (Maroc), et qui gagna ou regagna, en majorité ou totalement, la métropole après les indépendances survenues en 1955 (Tunisie), 1956 (Maroc) et 1962 (Algérie).

 

1) Définition

Le terme est surtout utilisé pour désigner les pieds-noirs d’Algérie, de loin les plus nombreux, et dont le départ fut le plus brutal. C’est d’eux que nous parlons ici
Termes synonymes : Européens d’Algérie ; Français d’Algérie ; après 1962 : rapatriés d’Algérie.

  • L’expression « pieds-noirs » est tardive. Son origine est discutée : allusion aux chaussures portées par les colons, qui les distinguaient des pieds nus des Musulmans ? Comparaison ironique, apparue au Maroc, avec la tribu indienne d’Amérique du Nord portant ce nom ? JJ Jordi  (« Les Pieds noirs », 2009, pp. 17-24) fait l’histoire de cette appellation. Une chose est sûre : elle ne s’impose que vers 1960-62. Elle a pu avoir une nuance péjorative à l’origine. Elle n’est plus péjorative depuis plusieurs décennies.
  • En 1960, l’Algérie avait environ 10,5 millions d’habitants. Les pieds-noirs étaient 1 021 047 (dont 130 000 Juifs)  et les Algériens musulmans 9 487 000. (D. Lefeuvre, ibid.)

 


2) Conquête et peuplement par les Français

 

a) la conquête de l’Algérie fut difficile, et dura une vingtaine d’années, entre le débarquement à Sidi Ferruch près d’Alger (1830) et la reddition de l’émir Abdelkader, âme de la résistance, en 1847.

b) L’installation des colons progressa fortement après 1848 : il y avait 131 000 Européens en 1851, 385 000 en 1881, 583 000 en 1901, 1 million en 1954.

Ils venaient de presque tous les départements de métropole (notamment de Paris, du Midi, d’Alsace), d’Espagne (les Espagnols étaient 150 000 en 1886, notamment en Oranie), d’Italie (44 000 Italiens en 1886), de Malte.

c) Les Juifs d’Algérie étaient présents avant la colonisation française, et, pour la majorité, avant même la conquête arabe du VIII° siècle. En 1870, la III° République naissante leur accorda la citoyenneté française (décret Crémieux ; ils étaient alors 34 000). De judéo-arabes qu’ils étaient très majoritairement sur le plan culturel et linguistique,  ils choisirent de devenir français juifs, si bien qu’on les compte parmi les pieds-noirs. Les expressions « juif pied-noir » ou « séfarades» (abrégé familier : « séf ») sont fréquentes dans la France de 2009 pour désigner les Français issus des communautés juives maghrébines, alors que, en toute rigueur, le terme « séfarade » devrait être réservé aux Juifs d’Espagne (Sefarad=Espagne en hébreu), peu nombreux à être venus en Algérie.

d) Juridiquement, l’Algérie était terre française. De Gaulle parla un jour de « la France, de Dunkerque à Tamanrasset » .

Mais seuls Européens et Juifs étaient citoyens français. Les Musulmans avaient un statut ambigu, « sujets français » selon le Code de l’Indigénat de 1881. Seule une minorité d’entre eux furent admis au privilège de la citoyenneté intégrale. Les leaders pieds-noirs, soutenus par la majorité des Européens, s’opposèrent toujours à ce que cette admission soit élargie, alors que plusieurs leaders musulmans la réclamaient vers  1920-1930.

 

 


3) La vie des pieds-noirs en Algérie

 

a) Moins de 10% étaient des colons au sens strict de  travailleurs de la terre en pays colonial. Il y avait 17 200 propriétaires de terres, dont 8 000 étaient des petits paysans. (chiffres de 1954)

b) Le reste était constitué de salariés urbains : 269 000, soit 75% des actifs pieds-noirs, dont 90 600 ouvriers et 99 400 petits employés. Les pieds-noirs n’étaient pas, contrairement à ce que veut une légende tenace, de gros colons du bled, mais des petits-blancs des villes

c) Une vie plutôt heureuse. Le « peuple pied-noir », né du mélange des Français, Espagnols, Italiens, Maltais et autres, était un peuple méditerranéen, extraverti, rieur, convivial. Des rapports simples, l’apéritif au soleil, les heures de tchatche (=bavardage), les excursions en famille à la mer, il y a du vrai dans ces clichés souriants, qui nourrissent chez les rapatriés une « nostalgérie » que le temps n’a guère atténuée.

Ce bonheur allait avec une vraie fierté : « Pour nous, l’Algérie , c’était un département français comme un autre, on racontait la conquête, je ne me posais pas de questions…C’était comme ça. On avait quand même l’impression que la France apportait le progrès, elle apportait l’éducation, l’enseignement, les écoles, les médecins…, quand même, il y avait un aspect positif en dépit des aspects négatifs, on le sentait comme ça…Il faut comprendre qu’une grande majorité des gens qui vivaient en Algérie n’étaient pas des oppresseurs. C’étaient des enseignants, des petits fonctionnaires, des employés des postes, des artisans… » (cité par Jeannine Verdès-Leroux, p. 265).

d) Les relations avec les Musulmans.

Il y a sur ce sujet deux versions des choses violemment opposées. D’un côté les nationalistes  algériens et la gauche anticolonialiste française parlaient (parlent encore) de racisme, de mépris, d’inégalité et d’exclusion. De l’autre côté, la grande majorité des pieds-noirs s’indignent de ce procès qui leur est fait, évoquent les amitiés nouées sur les bancs de l’école, les bonnes relations avec les salariés agricoles ou les employées de maison, « les conciliabules, les échanges, parfois la tendresse » (Jean Pélégri). Beaucoup concèdent l’ignorance (le système colonial avait écarté l’apprentissage obligatoire de la langue arabe ), le paternalisme, mais presque tous nient le mépris et l’hostilité qui sont contenus dans le racisme.
Le fond de la chose est que « les rapports entre les individus ne règlent pas les rapports entre les ethnies » (J. Verdès-Leroux). Les amitiés et les bonnes relations entre tel et tel ne pouvaient effacer les inégalités fondamentales au plan social et politique. Il n’y eut certes jamais d’apartheid dans l’espace public (stades, transports publics, écoles), mais l’appareil politico-administratif était totalement aux mains des fonctionnaires français et des élus pieds-noirs. Il y avait certes des médecins musulmans (encore que très peu : 75 en 1954 pour 1 400 médecins européens), des enseignants musulmans, mais le pouvoir, lui, n’était pas partagé.

e) les variations d’image. Le regard des métropolitains sur les Européens d’Algérie connut des variations très profondes : hostile aux tout débuts (« la lie des peuples d’Europe… »), il devint plus favorable vers 1880 (« des gens durs, égoïstes, mais travailleurs et patriotes… »), puis franchement élogieux en 1930 au moment de l’apogée du centenaire, qui vit se déverser des flots d’éloquence autocélébratrice, aussi bien métropolitaine que pied-noir (« un peuple de pionniers ardents, laborieux, héroïques, efficaces… »).

Le désarroi des pieds-noirs n’en fut que plus profond quand, peu de temps après, vers 1945-1960, le vent de l’histoire tourna, et que se déclencha la tempête décolonisatrice. La majorité de l’opinion métropolitaine, alors que les pieds-noirs étaient venus  nombreux (avec les Musulmans indigènes qu’un film récent a honorés) libérer la France en 1944-45, les considéra assez vite  comme un ensemble d’exploiteurs racistes à qui il était juste que les colonisés fassent rendre gorge.

 

 


4) La catastrophe pied-noir (1954-1962)

 

La quiétude des pieds-noirs, après l’alerte du soulèvement de Sétif|Le 8 mai 1945, une manifestation nationaliste algérienne a lieu à Sétif. Des heurts l′accompagnent. Quelques Algériens sont tués. En réponse, une centaine d′Européens sont massacrés dans la ville et les alentours. Dans les semaines qui suivent, une répression féroce par l′armée française fera autour de 10 000 victimes algériennes musulmanes le 8 mai 1945 , ne fut pas tout de suite entamée par les débuts , modestes de l’insurrection du FLN le 1er novembre 1954. Il fallut les massacres de Philippeville en août 1955 (une centaine d’Européens massacrés par des groupes de Musulmans lancés contre eux par le FLN) et la vague de terrorisme à Alger en 1957 pour plonger les pieds-noirs dans la peur et le doute. Ils n’en furent que plus reconnaissants aux paras des colonels Massu et Bigeard d’avoir réussi à briser (au prix de tortures systématiques) l’appareil terroriste du FLN dans la capitale algérienne.

  • De Gaulle revenu au pouvoir en mai-juin 1958 grâce aux manifestations des pieds-noirs parut leur promettre d’abord de garder l’Algérie française. Il y eut dans ces mois de 1958 en Algérie un vrai espoir de fraternisation entre pieds-noirs et Musulmans. Mais trop d’occasions avaient été ratées auparavant  et le vent de la décolonisation soufflait trop fort sur l’Afrique et l’Asie, et à l’Onu.
  • De Gaulle infléchit peu à peu son discours dans le sens d’une acceptation des négociations avec le FLN et de l’acceptation de l’indépendance algérienne.
  • Stupéfaits, indignés, les pieds-noirs soutinrent ardemment les militaires français hostiles à l’infléchissement gaullien (putsch raté  d’avril 1961, puis action de l’OAS, Organisation Armée secrète,  qui visait à garder l’Algérie française, par l’affrontement avec le FLN et même avec l’armée française, et par l’assassinat de de Gaulle).
  • 1962 fut une année de folie et de malheur : entre mars (accords d’Evian le 18, cessez-le-feu le 19  entre armée du FLN et armée française) et juillet (proclamation de l’indépendance algérienne le 5) régna le chaos. Des centaines de pieds-noirs furent enlevés et assassinés par des groupes de Musulmans  (notamment à Oran le 5 juillet), des dizaines de musulmans et de Français libéraux furent tués par l’OAS.

Et nous ne parlons pas ici des harkis.

  • Dans cette ambiance d’apocalypse et de haine, totalement désespérés, des centaines de milliers de pieds -noirs décidèrent brutalement de quitter leur terre natale : la valise plutôt que le cercueil. Entre mai et août, on compte plus de 670 000 départs, sur des bateaux surchargés, ou par avion. La plupart laissaient  derrière eux tous leurs biens matériels.

 

 


5) Les rapatriés en France

 

a) Les premiers temps en métropole furent très durs. Difficultés matérielles, malgré l’action du secrétariat d’Etat aux rapatriés. Pénible isolement moral, la majorité  de l’opinion, surtout à gauche, ayant à leur propos une opinion très négative. Douleur d’être des vaincus de l’histoire sans même bénéficier, au contraire, de la compassion qui va généralement aux vaincus. Nostalgie lancinante de la terre natale.

b) Les pieds-noirs, massivement, sont repartis de zéro en serrant les dents ont beaucoup travaillé, et réussi leur intégration économique. Ils ont encore accru le dynamisme de la France, engagée dans les 30 Glorieuses, surtout dans le Midi, où, pour des raisons géographiques évidentes, ils se sont installés très nombreux (120 000 dans les Bouches-du-Rhône ; un symbole : la ville de Carnoux-en-Provence).

Des lois d’indemnisation furent votées (loi de 1970 et ses décrets d’application de 1978, 1982, 1987). Selon un rapport officiel de 2003, l’indemnisation a été en moyenne de 58% de la valeur des biens perdus. Les associations de rapatriés ramènent ce pourcentage à 22%.

c) La blessure morale, mémorielle, reste très forte. Les voyages en Algérie, désormais assez fréquents, sont pour les pieds-noirs source d’émotions heureuses (revoir des vieux amis ou voisins musulmans), mais aussi de tristesse (revoir la tombe familiale, tel lieu changé, telle maison dégradée). Les choix idéologiques du pouvoir algérien, qui donne des gages aux islamistes et reste à mille lieues d’une  réconciliation intercommunautaire à la Mandela, d’un côté, et, d’un autre côté, l’activisme mémoriel pro-OAS de certains cercles pieds-noirs en France, rendent très difficile l’apaisement, que semblent souhaiter pourtant un grand nombre d’Algériens et de pieds-noirs. 47 ans après l’indépendance, Enrico Macias ne peut pas aller chanter à Constantine, la ville de son beau-père le grand cheikh Raymond. 47 ans après l’été 62, il est des gens en France pour vouloir élever des stèles portant le nom de tueurs de l’OAS.(voir le site de la LDH-Toulon à propos de la stèle de Marignane, finalement enlevée).

Nombreux sont les monuments commémoratifs (monuments aux morts, statues…) transférés d’Algérie en France. A Besançon, dans le Monument aux Français morts pour la France outre-mer inauguré le 1er octobre 1976 par Edgar Faure sur les remparts non loin de la gare, a été intégré un coq de métal provenant du monument aux morts du village de colonisation d’El Achour en Algérie.

 

 


CONCLUSION
Aurait-on pu éviter l’exode de masse de l’été 62 ? Probablement pas. La majorité des pieds-noirs ne souhaitait pas vivre dans une Algérie indépendante où elle aurait perdu le pouvoir. La majorité des cadres du FLN avait une conception ethnico-religieuse de la nation, et ne souhaitait donc pas que l’Algérie indépendante abrite une forte minorité européenne non-musulmane. La majorité de l’opinion métropolitaine se désintéressait du sort des pieds-noirs. Aucun leader algérien ne parla pour dire aux pieds-noirs de rester. Aucun grand leader pied-noir non plus. De Gaulle ne dit pas un mot de réconfort aux pieds-noirs arrivant en métropole.
Au total, un gâchis humain, dont aucun des camps en présence ne peut dire qu’il n’en est pas responsable.
Une chose est sûre : les pieds-noirs, quelles qu’aient été leurs erreurs collectives, leur manque de lucidité, ne furent pas un million d’exploiteurs, racistes et fascistes. Ils furent une communauté complexe, diverse (en 1950, il y avait deux députés communistes pieds-noirs, Alice Sportisse et René Justrabo). Ils ont droit comme tout groupe humain à un traitement normal de la part des historiens : un examen conduit avec une rigueur scientifique. Ni réquisitoire, ni plaidoirie. La  légende rose, celle du Centenaire, de 1930, a été suffisamment décriée et se trouve depuis longtemps ridiculisée ; la légende noire règne quasiment sans partage depuis 50 ans. Il est temps , non pas de revenir à la légende rose, mais de soumettre à critique normale la légende noire.

 


 

LIVRES-FILMS-BD-SITES

DES LIVRES
Jean-Jacques Jordi : trois volumes aux éditions « Autrement », deux dans la collection « Mémoires » : « Alger 1860-1939 », avec JL Planche (1999), et « Alger 1940-1962 » avec Guy Pervillé (1999), et un dans la collection « Français d’ailleurs, peuple d’ici » : « 1962 : l’arrivée des Pieds-Noirs » (1995).
Jean-Jacques Jordi, « Les Pieds-Noirs », Le Cavalier Bleu, collection Idées reçues, 2009, 181 pages.
Jeannine Verdès-Leroux, « Les Français d’Algérie de 1830 à aujourd’hui. Une page d’histoire déchirée », Fayard, 2001, 492 pages. Un très gros travail, fondé sur de vastes lectures, et sur 170 interviews de pieds-noirs de tous statuts et de toutes opinions.
Pierre Mannoni, « Les Français d’Algérie », L’Harmattan, 1993. Très vivant et précis sur la vie quotidienne des pieds-noirs avant la Guerre d’Algérie, 288 pages.
Raphaël Delpard, « L’Histoire des Pieds-Noirs d’Algérie », éditions Michel Lafon, 2002, 302 pages.
Daniel Lefeuvre, « Les Pieds-Noirs », in « La Guerre d’Algérie, la fin de l’amnésie », dir. Mohammed Harbi et Benjamin Stora, Robert Laffont, 2004, pages 267 à 286.
Eric Savarese, « Algérie, la guerre des mémoires », éditions Non-Lieu, 2007.
Benjamin Stora : au moins quatre livres : 1) « Le transfert d’une mémoire. De l’Algérie française au racisme antiarabe », La Découverte, 1999. 2) « La gangrène et l’Oubli », La Découverte, 2005. 3) Les Trois exils, Juifs d’Algérie », Stock, 2006.  4) « La Guerre des Mémoires. La France face à son passé colonial », L’Aube, 2007.
Gilles Manceron, Hassan Remaoun : « D’une rive à l’autre , la guerre d’Algérie de la mémoire à l’histoire », Syros, 1993.
Albert Memmi : « Portrait du Colonisé . Portrait du Colonisateur », collection Folio-Actuel. Un  classique, paru en 1957. Un miroir cruel tendu aux pieds-noirs et à tous les colonisateurs.
Marie Cardinale : « Les pieds-noirs », Place Furstenberg éditeurs, 1994.
Jacques Fieschi : L'homme à la mer, Editions Lattès, 1990.

SUR LA GUERRE D’ALGERIE ET LA DECOLONISATION
Nous ne pouvions pas, dans le cadre de ces pages sur les pieds-noirs, être précis sur les événements de la Guerre d’Algérie.
L’internaute intéressé se reportera à l’un des livres de base :
Benjamin Stora, « Histoire de la Guerre d’Algérie 1954-1962 », La Découverte, 1993.
Bernard Droz et Evelyne Lever, « Histoire de la Guerre d’Algérie », le Seuil, 1982, rééd. 2002.
Sylvie Thénault, « Histoire de la Guerre d’indépendance algérienne », Flammarion, 2005.
Bernard Droz, « La décolonisation », Documentation Photographique n°8062, avril 2008.

DES BD
De Jacques Ferrandez, « Carnets d’Orient », une remarquable série en 9 volumes, parus chez Casterman entre 1987 et 2007, qui couvre toute l’histoire de l’Algérie française. Une réussite artistique et historique.
Du même, avec des textes de Rachid Mimouni,  « Retours à Alger », Casterman, 2006.
D’Anne Sibran (scénario) et Didier Tronchet (dessin), « Là-bas », Dupuis, Aire Libre, 2003 Anne Sibran raconte avec pudeur et émotion l’histoire de son père, pied-noir exilé à Paris.

DES FILMS

Alexandre Arcady, « Le Coup de Sirocco » (1979) (Roger Hanin est Albert Narboni, un pied-noir replié en France en 1962 avec sa femme , Marthe Villalonga,  et son fils, Patrick Bruel). Un grand classique.
Du même, « Le Grand Carnaval » (1983) : les Américains ont débarqué en 1942 en Algérie. Une comédie.
André Téchiné, « Les Roseaux Sauvages », 1995. Un film magnifique, d’une grande richesse.  La guerre d’Algérie est omniprésente, entre autres à travers le personnage d’un jeune pied-noir replié en France.
Trois documentaires :  Jean-Pierre Carlon « Il y a 40 ans déjà…l’histoire des Français d’Algérie » (2002, 55 minutes) ;
Serge de Sampigny, « 1830-1962 : quand l’Algérie était française » (2006, long métrage) ; et surtout, de Gilles Perez, « Les Pieds-Noirs, histoire d’une blessure », 160 minutes, passé sur France 3 en avril 2007, vendu sous forme d’un double DVD.
Jean-Pierre Lledo, « Algérie, histoires à ne pas dire » (autre titre : « Ne restent dans l’oued que ses galets »), film de 2007. Lledo est un cinéaste pied-noir algérien, de mère judéo-berbère et de père espagnol, de tradition communiste. Il a cru à une Algérie multiethnique et progressiste au point d’y demeurer et de devenir citoyen algérien. Il questionne la mémoire algérienne sur la présence pied-noir évanouie.

SUR INTERNET

Le remarquable site de la LDH- Toulon (Ligue des Droits de l’homme), très pointu sur le sujet, très engagé contre le lepénisme en général, et les sectateurs du souvenir de l’OAS en particulier. Des pieds-noirs de gauche s’y expriment . Cet engagement n’empêche pas les auteurs du site de présenter une assez large palette d’opinions.
On peut taper « Algérie française » sur Google, et avoir ainsi un panorama des sites pieds-noirs nostalgiques , dont certains sont  engagés très à droite.

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  • Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

    On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.