« Nous sommes en sécurité ici. »

Busrha, originaire de Bagdad, capitale de l’Irak, est arrivée en France le 29 juillet 2008. A Paris, elle trouve la ville trop grande, avec trop de monde. Au bout de 5 mois, le CAUDA l’envoie au CPH de la rue Chaffanjon à Besançon, où elle arrive avec son mari et ses 3 enfants, le 20 janvier 2009.

C’est l’insécurité qui règne à Bagdad qui les ont fait fuir, et les persécutions dont sont victimes les chrétiens, minoritaires en Irak.

Encore maintenant, quand le téléphone sonne, elle a peur pour ses enfants, pour son mari, qu’une bombe ait éclaté. « Je suis toujours inquiète et nerveuse pour les enfants, mais non, je suis à Besançon, nous sommes en sécurité ici. »
Elle trouve la vie à Besançon agréable et calme, et l’école très bien pour ses enfants.

Pour Bushra, la principale difficulté c’est la langue.
«  C’est la clé magique pour la vie, je ne savais que 4 mots ; bonjour, bonsoir, oui, non. »
A la maison, la famille parle araméen. Elle parle aussi arabe et anglais, les enfants essaient de parler en français avec leurs parents.
A son arrivée, elle a suivi les 400 heures de cours de français à la FRATE. Puis à pôle emploi on lui a dit qu’elle devait suivre un autre cours, donc ici à Planoise avec le CCAS.

Le second problème  c’est le travail. En Irak elle était secrétaire. Après la guerre, elle faisait de la couture et de la broderie à la maison. « Mais ici, ça n’intéresse personne ! »
Elle déplore aussi que l’on ne reconnaisse pas les diplômes du pays d’origine. Son mari était ingénieur électricien, il a fini par trouver du travail dans sa branche, il a maintenant un CDI.
Avant de trouver un travail, il faut bien parler français. « Je dois sortir pour parler, mais ici je n’ai pas d’amis. Je connais seulement une autre famille irakienne qui est ici depuis 12 ans et qui m’a bien aidée. »

Bushra est satisfaite de l’école en France, mais ne comprend pas que sa fille, en classe de 3°, qui parle déjà 3 langues, français, anglais et arabe, soit obligée d’apprendre l’espagnol en plus, car l’arabe n’est pas accepté comme seconde ou troisième langue.

Avec ses enfants, Bushra participe aux activités du centre Mandela.

A Besançon, dans les administrations certaines personnes parlent très vite, mais, heureusement, pas toutes.
« Il n’y a pas d’interprètes en langue arabe, ce serait bien. Et aussi si les papiers, pour l’OFPRA, la CAF, étaient traduits en anglais, ce serait plus facile quand on arrive et que l’on ne comprend rien, mais maintenant ça va ! »

Bushra et sa famille ont obtenu le statut de réfugié politique.

« Il faut sortir, ne pas rester à la maison, mais je n’ai pas d’amies françaises à qui parler. Une autre famille irakienne doit arriver bientôt à Besançon, nous allons les accueillir, les aider. »

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