Mr X, marocain, rejoint sa femme

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« Je suis arrivé par regroupement familial. Mon épouse est de la même région du Maroc que moi. Je me suis marié là-bas au Maroc en 1997 et je suis arrivé en France en 2000. »

Les raisons du départ

Avant tout je suis le fils d’un immigré qui a travaillé pour la France depuis qu’il est allé à Alger. Mon père a travaillé en Algérie et après il est monté en France dans le Var, vers Toulon, avec la même entreprise, l’Etablissement B. Il faisait des fleurs. Il est retraité depuis l’année 1998 et il est décédé en 1999. Quand il est décédé, on l’a enterré au Maroc. Il n’a même pas profité de sa retraite.

Moi, je suis l’aîné de la famille, nous sommes huit. C’est toujours le plus grand qui prend la responsabilité des autres. Il faut que je travaille pour aider ma famille.

Je suis allé à l’école jusqu’au niveau Bac. Et c’est toujours moi ai qui pris la responsabilité de la famille parce que ma mère s’occupait des petits. C’est moi le plus grand. C’est pour ça que je n’ai pas terminé mes études ; c’est à cause de la responsabilité de mes frères. Après la mort de mon père, c’est moi qui ai été engagé pour les prendre en charge. Je suis venu en France toujours pour partager avec eux, pour qu’ils puissent vivre au Maroc comme tous les gens là-bas.

Celui qui me suit a une licence en histoire - géographie. Même s’il a la licence, il ne trouve pas de boulot. Peut-être que quand il terminera son stage, il va travailler. Le deuxième a son Bac et prépare son diplôme en électricité, comme un électricien d’industrie. Et le petit il va passer son Bac cette année. Et les sœurs sont toutes mariées. Parce qu’elles n’arrivent même pas au collège, elles sont mariées à l’âge de 16 ans, 17 ans. Ce n’est pas comme ici. Ce sont les parents qui décident parce qu’ils disent qu’ils ont confiance ou bien qu’ils aimeraient bien marier leurs filles de leur vivant. Ici, je maintiens ma famille aussi. Oui, parce que si je reste là-bas, peut-être ils ne terminent pas leurs études, ou bien … Il y a des moments où tu tombes malade et tu n’as même pas d’argent pour acheter des médicaments.

Comme tout le monde, je cherche à aller au mieux parce que là-bas nous sommes d’une région désertique et il n’y a rien à faire. Je viens du sud du Maroc. Il y a la sècheresse qui ravage tout, il n’y a rien. Avant, je n’avais pas l’idée de venir parce que je cherchais à faire quelque chose là-bas. J’ai voyagé dans les villes pour travailler, comme tous les gens. J’ai fait un petit peu de commerce mais toujours il n’y avait pas assez pour la famille, je n’y arrivais pas. Après j’ai pensé à entrer ici ; et quand j’ai eu l’occasion, je ne l’ai pas raté, je suis venu ici.

Comme tous les jeunes, tous les jeunes de là-bas aimeraient aller en occident ; pas seulement en France, mais aussi en Espagne ou en Angleterre. Même maintenant, il y a des jeunes qui rêvent de venir ici. Et les clandestins qui meurent dans la mer, c’est parce qu’ils veulent immigrer en occident.

Là-bas on voit les jeunes vacanciers qui viennent d’ici. Ça se voit qu’il y a une différence. Ils sont bien habillés, bien équipés, les voitures et tout. Quand on les voit, ça donne envie parce qu’ils ont les moyens comme on dit.

Ça va, j’ai presque la majorité de notre famille qui a immigré : mon oncle, mon cousin, mon autre cousin ; j’ai six ou sept membres de ma famille qui sont déjà là. Il y en a deux en Espagne, quatre en France. Il y a trois en Italie. On fait comme les oiseaux, on cherche la nourriture. Là-bas il manque les moyens. Ici il y a des possibilités. Si tu as un bon niveau, tu as des possibilités pour faire quelque chose. Il y a des centres de formation. Ce n’est pas comme là-bas. Là-bas si tu n’as pas les moyens ou si tu n’as pas, par exemple quelqu’un qui te donne un coup de pouce, tu n’as rien.


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