Mr X, marocain, rejoint sa femme

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L’accueil

Les jeunes du quartier m’ont fait peur quand je suis arrivé là : ils m’ont dit : «  T’es un bledard et t’arrives pas à travailler avec les français ». « Tu viens de là-bas, tu as des idées de là-bas, tu n’arrives pas à t’intégrer ici ».   Mais j’ai prouvé le contraire, je travaille, j’ai des bonnes relations avec les français et même des portugais.

Mais je me défends quand ils me disent ça, je leur réponds aussi. Je leur dis : « Moi je suis un bledard du bled, mais vous, vous êtes des bledards d’ici, vous avez vécu ici, vous ne savez rien faire. » Je leur dis qu’ils sont des bledards d’ici parce qu’ils ont vécu ici, ils ont les moyens de faire quelque chose, mais ils traînent à droite, à gauche. La majorité ne réussissent pas les études ni au travail. Si les parents ne les nourrissaient pas, ils termineraient dans la rue. Ils ont une vue qui n’est pas comme la mienne. Ils disent qu’ils profitent de la vie, ils sont libres. Mais la liberté se termine quand ils touchent la liberté des autres. Et profiter ce n’est pas s’habiller en marques, ou bien acheter une belle voiture. On profite qu’on est jeune pour la vieillesse. On travaille beaucoup, pour économiser pour faire quelque chose dans la vie. Par exemple, devenir propriétaire d’une maison, ou bien quelque chose comme ça. Tu laisses à tes enfants quelque chose. Quand je leur dis ça, ils me répondent :  « Oh tu ne connais rien ».

Ils croient que ceux qui viennent de là-bas ils ne comprennent rien, que ce sont des arriérés ; c’est quelque chose comme ça.


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