1973 : la France cherchait de la main d'oeuvre - L´Amitié

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L’Amitié

M. Kocaman : J’ai habité deux ans à Pierrefontaine et après ici à l’Amitié en 1975.
A l’Amitié I c’était pareil, dans une chambre on était plusieurs. On était quatre, cinq personnes dans une chambre, ça dépendait. C’était tous des étrangers et que des hommes.

Il y avait beaucoup de monde avant. C’était tous des célibataires ; comme un foyer Sonacotra. On était 120, 180 personnes ici. Mais les gens restaient un jour, deux jours ; puis ils partaient en déplacement et quelqu’un d’autre arrivait.

Mlle Kocaman : Ça changeait tout le temps parce que ce n’était pas cher. Il y avait les lits, il y avait tout ; c’était comme un foyer. C’était tout dans le même bâtiment. Et puis il y avait le café là.
A l’Amitié I, il n’y a habité que quelques mois. De toute façon, il était obligé de louer un appartement pour toucher les allocations familiales. Il a loué cet appartement-là ,trois mois avant notre arrivée. Ça fait 32 ans bientôt. Les gens pensaient travailler un an et retourner après. Mais deux ans après, il nous a ramenés, nous.

M. Kocaman : C’était dur parce qu’on ne parle pas français.

Mlle Kocaman : C’était dur quand nous on est arrivés… Il y a la langue, mais il y avait aussi le boulot ; et puis il était séparé de sa famille. Déjà, on payait 513 francs le loyer et il ne touchait que 1200 francs. C’était 513 francs et il n’y avait pas de meubles, rien du tout. Il n’y avait rien, rien, rien.
Et puis on avait froid, ce n’était pas isolé avant. On faisait couler de l’eau chaude pour se chauffer. On chauffait la cuisinière. Il n’y avait pas autant de magasins. Le Casino à Saint-Ferjeux, là ; il n’y avait que ça avant. Et puis le Grand Casino, le Mammouth avant et le Coop à la place du Carrefour Chalezeule maintenant ; ils y allaient à pied. C’était cher aussi ; c’était pas comme maintenant : 1 euro, 2 euros, on trouve n’importe quoi. Ça va, on avait de la famille encore. On faisait un jardin juste là, en face du téléphone, là, en-bas. Il l’a fait tout de suite quand on est arrivés. On avait des haricots, des oignons, des salades… Et puis quand on va en direction de Beure vers la jardinerie haut dessus à droite, on passe le rond point là.  Eh bien on avait des jardins là-bas aussi. Depuis six ans on n'en fait plus. On n’a pas le temps. Enfin, nous on n’a pas le temps.

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