On est venus en contrat de migration

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Travail et logement

 

Mme El Garche : Chaque patron qui faisait le contrat, donnait le logement à ses ouvriers. Nous c’était Franois qui s’en est occupé. Les autres c’était la Gibelotte.

M. El Garche : Chaque patron était responsable des ouvriers, parce que ils ne savaient pas où ils allaient habiter, ils ne savaient pas où chercher, où coucher. Alors, il y a les logements pour ses ouvriers. Tout près de l’usine, pour que quand il a besoin, il ne va pas les chercher, il est plus près, à côté : il appelle.

J’habitais à Franois. Le patron m’avait offert une chambre meublée gratuite. J’ai quitté là-bas parce qu’il y avait trop de poussières. La poussière de l’argile, ça apporte la galle, l’eczema. J’ai quitté là-bas et je suis allé à Chateaufarine, chez les sœurs. C’était un peu plus proche que Franois. On se sauve de la poussière.

Là-bas à Franois c’était comme à l’Amitié. Il y avait des chambres de quatre personnes, de deux personnes, il y a des chambres de une seule personne ; ça dépend de l’ouvrier. Là où j’habite, il y avait quatre chambres, ça fait huit personnes, ou dix, vingt. Les chambres étaient comme le salon, salle à manger ici, c’était grand. Chaque chambre était grande et les cuisines ensemble, les douches ensemble, la salle à manger ensemble.
Et le travail chacun pour soi. Il y en a qui travaillaient 169 heures, il y en avait qui en faisaient 200, 260 parce que le patron avait besoin de qualité et de quantité. Alors les heures en supplément c’était ouvert. Vous vous dites, j’ai travaillé jusqu’à vendredi, ça y est j’arrête. Le travail c’est 8 heures et si tu veux continuer, tu continues. Mais ça a changé parce que maintenant on est aux 35 heures. On ne peut pas faire des heures supplémentaires comme avant. C’est interdit.

A Chateaufarine, c’était comme une crèche des sœurs. Et puis ils ont fait comme le centre nord-africain. J’ai logé là-bas aussi, un logement d’immigration aussi. Quand j’habitais là-bas, Planoise n’existait pas. Et puis il n’y avait pas de bus, pas de taxi ; il n’y avait que la charrue avec les chevaux.

Et puis après Chateaufarine, je suis venu à l’Amitié parce que je suis rentré chez B.. Je me rapproche un petit peu.

Mais de Franois, je n’ai déménagé qu’à cause des poussières. Parce que enfin, on travaille, on finit, on fait une douche et on sort. Et entre les rails du train et l’usine, il y a le logement puis, à côté du logement, le laminoir qui casse les pierres pousse beaucoup la poussière. Et puis le train à vapeur qui passe encore avec le charbon, les fumées. Alors la poussière plus la fumée, c’est terrible.
C’est pour ça que j’ai quitté le logement et même chez le patron, parce que j’étais chef chez lui, chez M. Je suis rentré comme manœuvre et j’ai vu l’usine, j’ai conduit toutes les machines : le four, la mouleuse, j’ai tout vu. Après le directeur m’a désigné adjoint chef et puis tout doucement ça monte : l’échelon 1, 2, 3, …

Ces logements existent encore. Même si l’usine s’est arrêtée à Franois, il reste un stock là-bas. L’usine qui travaille, c’est à Lantenne maintenant. Alors à Franois il y a le stock et puis les gens qui restent, les mêmes logements. Même maintenant, il y a encore des gens qui travaillent à Lantenne et le soir ils rentrent à Franois.

 

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