On est venus en contrat de migration - Parcours

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Parcours

 

M. El Garche : Mon premier poste, c’était aux tuileries M. Je suis rentré comme manœuvre et avec les qualifications je suis devenu adjoint chef d’équipe. Et puis j’ai arrêtè là-bas. J’ai fait deux jours de calage et puis j’ai pris mon poste dans la métallurgie, chez B. dans le bas de Trépillot. C’est pareil, j’ai tout fait là-dedans : cisaillage, montage, cariste, et puis jusqu’aux nouvelles machines électriques. Et après ça change. Je suis passé sur toutes les presses, j’ai conduit toutes les machines. J’ai tout  fait : du sertissage, du montage, de l’assemblage… J’étais bien sur tous les postes qu’ils me donnaient.

Mme El Garche : Il faut bien accepter.

M. El Garche : Et je reste là-bas jusqu’en 93, quand a commencé la crise économique. Ils ont licencié pour ne pas garder les ouvriers pour rien. Quarante personnes de l’usine ont dû s’arrêter. Je suis sorti à 54 ans en licenciement économique et social.

Mme El Garche : Parce que quand il a été licencié, il avait 54 ans. Aucun patron ne pouvait le réembaucher. C’était trop tard. Il est resté trois ans au chômage, et puis après il est passé en une allocation spécifique de solidarité. Mais qu’est-ce qu’on a galéré ! Parce que les enfants, ils étaient en pleines études : la grande était en licence et les autres en DEUG et terminale. Et bien il faut bien travailler, il faut bien les aider. C’était pas notre joie quand même.

M. El  Garche : Et encore, j’ai travaillé avec plaisir pour mes enfants, j’ai bien construit.
C’est avant tout pour eux. Mais ils ont bien réussi leur vie. Je suis content.

Mme El Garche : Ils ont bien réussi, c’est bien. On a eu un petit peu de misère mais c’est pas grave. Toutes les familles c’est comme ça, quand un père est en chômage, les enfants il faut qu’ils s’adaptent. Quand il y a la moitié d’une paie, pas une paie, il faut bien s’habituer.

 

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