En 1952, M. Lazhari Khaoua quitte l'Algérie et arrive à Besançon - Le travail et l’intégration progressive

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Le travail et l’intégration progressive

Grâce à l’intervention de Mlle Karrer auprès du directeur des Mines de Blanzy, L. Khaoua obtient un logement sur le chantier, au 78 de la rue de Clemenceau, dans une petite maison.

Après, pour moi, ça commençait à aller pour le français, et même bien ! Je me rappelle quand on faisait des écrits au tableau, mademoiselle Karrer était très contente. Je vous assure qu’ils lisaient. Tous, tous, tous ! Mais il a fallu qu’on suive les cours pendant longtemps. Tous les soirs, on descendait à l’école. Pendant quatre ans. Et pendant mon service militaire, à Besançon, le commandant m’a fait les papiers nécessaires pour que je puisse continuer à suivre les cours de français.
Au bout d’un an, des gens de ma famille sont venus me rejoindre. Ma foi, on a travaillé en équipe, ensemble aux Mines de Blanzy. Le directeur était bien content de nous.

En 1953, L. Khaoua fait son service militaire à la caserne Vauban où il sert d’interprète. Il est démobilisé avant terme car on juge qu’il est plus utile aux Mines de Blanzy. En 1955, après avoir obtenu son permis de conduire, il devient chauffeur-livreur.

J’envoyais un peu d’argent chaque mois à mes parents, tant qu’ils étaient vivants. Ce que nous touchions comme paie, c’était à l’époque dans les 250 francs, mais le paquet de Gauloises était à 10 centimes, comme le verre de rouge !
J’ai fait un travail dur, dur… vous savez ce que c’est, le charbon ! J’ai travaillé pendant cinq ans aux Mines de Blanzy. À ce moment-là, ce n’était pas comme maintenant, il n’y avait pas de gaz, le chauffage était souvent au charbon, alors je livrais le charbon. Sur le chantier, nous préparions les sacs, de 50 kilos, et puis après on apportait ça aux clients. Parfois, il fallait monter un sac de charbon jusqu’au 4e ou 5e étage, sur le dos. J’ai été au centre FPA, ici à Besançon, et après six mois de stage, j’ai eu mon diplôme. Après, j’ai travaillé dans une société parisienne qui faisait de la construction, ici, à Besançon.

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  • Les immigrés et la crise du logement 1950

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  • Les casemates (1945-1956)

    Les premiers algériens venus travailler à Besançon après la guerre de 1945 ont logé dans ces fortifications rue d'Arène jusqu'à ce que la Municipalité les fasse murer en 1956 après la construction du foyer d'hébergement de la rue Clémenceau.

  • Les Founottes, cité de l'Escale

    Certaines familles algériennes s’étaient regroupées sur un terrain vague et isolé, à l’extérieur de la ville au lieu-dit “les Founottes”.

  • L’abbé Chays : un trait lumineux dans l’histoire sociale de Besançon

    « Je pensais à bon droit et à juste titre que le droit à la vie passait avant le droit à la propriété et que le droit de propriété devait se mettre au service du droit à la vie »,

  • 1952 : création de l'AATEM. Jean Carbonare

    Chaque jour, il croise des travailleurs d’origine algérienne. Il apprend qu'ils logent comme des rats, dans les casemates des anciennes fortifications de la ville

  • 1952, création de l'AATEM, Henri Huot

    Demander à la municipalité de se préoccuper de leur sort n’était pas populaire : les conditions de vie lamentables de ces immigrés ne dérangeaient pas grand monde...

  • Ouvriers nord-africains en 1950

    Les journaux régionaux sont quasiment muets sur les conditions de travail des ouvriers Nord-Africains. Voici une exception.