En 1952, M. Lazhari Khaoua quitte l'Algérie et arrive à Besançon - La famille

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La famille

Et j’ai trente-quatre petits-enfants, dont les plus grands ont dépassé les vingt-cinq ans. Et pour eux aussi, ça va. Quand on pense à ce que nous, nous avons fait, et que nous réfléchissons à ce qu’ils vont devenir, eux, il y en a tant qui ne veulent pas travailler ! C’est général, maintenant, ils sont dans la boisson, la drogue, et tout cela fait des malheurs.
Ma langue maternelle est l’arabe. J’ai lu le Coran, en arabe et en français. Mes enfants parlent français. Certains comprennent l’arabe mais nous répondent en français. Et nous aussi parfois nous leur parlons en français. Il n’y a pas beaucoup de petits-enfants qui veulent apprendre l’arabe, pas beaucoup… Mais même si nous voulions qu’ils apprennent l’arabe, nous n’avons pas d’autorité pour leur imposer ça. C’est leurs parents… mais les enfants maintenant, quand vous leur dites quelque chose, ça rentre par là et ça sort par là !
Ni mes enfants ni mes petits-enfants ne souffrent du racisme. La scolarité des petits se passe très bien. Ils ne sont pas sur Besançon, mais aux alentours.
Mes enfants sont musulmans mais il n’y en a pas beaucoup qui font la prière. La prière, c’est pour soi-même, c’est tous les jours et le vendredi est un jour spécial, où on se réunit tous avec l’imam. ils font tous le carême, le ramadan, et ne mangent pas de porc. Certains sont mariés à des Françaises qui se sont converties à l’islam. Moi je suis musulman, et je trouve bien que ma belle-fille se convertisse. L’islam est une religion douce. Il y en a plein qui sont musulmans, mais avec la langue, c’est tout ! Un vrai musulman qui pratique sa religion correctement ne fait de mal à personne ; il s’entend bien avec son voisinage, au travail… Mes petits-enfants font le ramadan, les garçons à partir de seize ou dix-sept ans, et les filles un peu plus tôt.

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  • Les casemates (1945-1956)

    Les premiers algériens venus travailler à Besançon après la guerre de 1945 ont logé dans ces fortifications rue d'Arène jusqu'à ce que la Municipalité les fasse murer en 1956 après la construction du foyer d'hébergement de la rue Clémenceau.

  • 1952 : création de l'AATEM. Jean Carbonare

    Chaque jour, il croise des travailleurs d’origine algérienne. Il apprend qu'ils logent comme des rats, dans les casemates des anciennes fortifications de la ville

  • Ouvriers nord-africains en 1950

    Les journaux régionaux sont quasiment muets sur les conditions de travail des ouvriers Nord-Africains. Voici une exception.

  • Les Founottes, cité de l'Escale

    Certaines familles algériennes s’étaient regroupées sur un terrain vague et isolé, à l’extérieur de la ville au lieu-dit “les Founottes”.

  • Les immigrés et la crise du logement 1950

    "Les 65 travailleurs nord-africains, sont logés gratuitement par l’entreprise dans les conditions suivantes : 49 Nord-africains dans 11 petites baraques en bois désaffectées, 16 Nord-africains dans 2 fourgons de la S.N.C.F. stationnés sur une voie de la gare de triage"

  • L’abbé Chays : un trait lumineux dans l’histoire sociale de Besançon

    « Je pensais à bon droit et à juste titre que le droit à la vie passait avant le droit à la propriété et que le droit de propriété devait se mettre au service du droit à la vie »,

  • 1952, création de l'AATEM, Henri Huot

    Demander à la municipalité de se préoccuper de leur sort n’était pas populaire : les conditions de vie lamentables de ces immigrés ne dérangeaient pas grand monde...