En 1952, M. Lazhari Khaoua quitte l'Algérie et arrive à Besançon - Un peu de désenchantement…

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Un peu de désenchantement…

Je regarde la télévision qui me plaît, mais c’est la honte, pour les musulmans, de regarder toutes ces conneries !
J’ai deux petits-enfants qui s’intéressent à l’Algérie. Il y en a même un qui veut partir en Algérie, parce que ça se développe là-bas. Avant, les gens avaient peur quand il y avait le Front Islamique du Salut, mais maintenant que tout va bien, ça se développe et on peut gagner des sous. Ici, il n’y a pas de boulot, rien du tout, et il y a même les Restaurants du Cœur…
Quand on regarde en arrière, bon, les parents, ils sont partis, c’est fini. Alors, la génération de maintenant, j’ai élevés mes enfants, mais pas comme on les élève maintenant. Car maintenant, ce sont des diables, pas des enfants. Il leur faut le portable dans la poche, c’est la misère, et quand les parents leur parlent, ils répondent… Ce qui a détruit cette génération, c’est les drogues. Regardez comment certains jeunes sont devenus. Surtout des gosses arabes, et surtout dans les quartiers comme Planoise ou Fontaine-Écu.

 

Un premier entretien avec Lazhari Khaoua a eu lieu le 6 septembre 2006. Ses propos, recueillis par Colette Bourlier et Alain Gagnieux, ont été tout d’abord publiés par la Ville de Besançon dans la brochure Les Nord-Africains à Besançon. De la Libération aux années 60, puis sur le site Migrations à Besançon. Le deuxième entretien a eu lieu en décembre 2009, au domicile de M. Khaoua, autour d’un bon café chaud. Ses propos ont été recueillis par Philippe Godard. Ce texte rassemble les deux entretiens.

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  • Les Founottes, cité de l'Escale

    Certaines familles algériennes s’étaient regroupées sur un terrain vague et isolé, à l’extérieur de la ville au lieu-dit “les Founottes”.

  • Les immigrés et la crise du logement 1950

    "Les 65 travailleurs nord-africains, sont logés gratuitement par l’entreprise dans les conditions suivantes : 49 Nord-africains dans 11 petites baraques en bois désaffectées, 16 Nord-africains dans 2 fourgons de la S.N.C.F. stationnés sur une voie de la gare de triage"

  • 1952, création de l'AATEM, Henri Huot

    Demander à la municipalité de se préoccuper de leur sort n’était pas populaire : les conditions de vie lamentables de ces immigrés ne dérangeaient pas grand monde...

  • L’abbé Chays : un trait lumineux dans l’histoire sociale de Besançon

    « Je pensais à bon droit et à juste titre que le droit à la vie passait avant le droit à la propriété et que le droit de propriété devait se mettre au service du droit à la vie »,

  • 1952 : création de l'AATEM. Jean Carbonare

    Chaque jour, il croise des travailleurs d’origine algérienne. Il apprend qu'ils logent comme des rats, dans les casemates des anciennes fortifications de la ville

  • Les casemates (1945-1956)

    Les premiers algériens venus travailler à Besançon après la guerre de 1945 ont logé dans ces fortifications rue d'Arène jusqu'à ce que la Municipalité les fasse murer en 1956 après la construction du foyer d'hébergement de la rue Clémenceau.

  • Ouvriers nord-africains en 1950

    Les journaux régionaux sont quasiment muets sur les conditions de travail des ouvriers Nord-Africains. Voici une exception.