Les associations algéro-bisontines

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Quand Besançon se donne à lire: La ville comme objet théorique au sein des sciences humaines.

 

Quand Besançon se donne à lire(1) :

La ville comme objet théorique au sein des sciences humaines devient un axe de pensée spécifique et légitime au cours des années 1970 alors que le « champ urbain » de la recherche(2) s'affirme dans plusieurs disciplines telles que l'histoire, la géographie, la sociologie.

De même, « d'autres courants sont plus récemment convertis comme la sociologie des migrations ou l'anthropologie/ethnologie urbaine »(3). Sous l'influence de l'anthropologie urbaine, les milieux urbains deviennent de véritables laboratoires d'enquête qui privilégient l'observation de terrain et révèlent des organisations spécifiques. Ce sont ces méthodes qui sont mises en œuvre dans l'ouvrage Quand Besançon se donne à lire. Essais d'anthropologie urbaine, né de quatre années de stage de terrain réalisé par des étudiants en ethnologie(4), ouvrage dans lequel se déclinent douze profils de la ville de Besançon. Il s'agit alors de saisir les dynamiques qui s'exercent et organisent les territoires urbains tant au niveau des pratiques que des représentations.

 

Certains sujets prennent pour objet les modes de vie urbains contemporains dont font partie les associations, organismes au sein desquels s'organisent les « formes de la sociabilité citadine »(5). C'est pourquoi s'intéresser à la scène associative algéro-bisontine(6), c'est aussi se soucier de l'écho fait à la guerre civile algérienne dans la capitale comtoise, des enjeux locaux soulevés par ce drame, sans oublier les acteurs bisontins de ces associations perçus à travers l'expression de leurs intérêts sociaux, culturels et politiques.
À la différence des grandes métropoles françaises, il n'existe pas de représentation des partis politiques algériens à Besançon. C 'est alors via la scène associative algéro-bisontine que s'expriment les militants mobilisés par la situation en Algérie. De la genèse de cette scène associative à ses différentes formes, c'est d'une « chronique de la présence algérienne »(7) à Besançon dont il est ici question.

 

(1) Anne Raulin (dir.), Quand Besançon se donne à lire. Essais d'anthropologie urbaine, L'Harmattan, Collection Dossiers Sciences Humaines et Sociales, Paris, 1999.

(2) Selon l'expression d'Anne Raulin, Anthropologie urbaine, Armand Colin, Collection Cursus sociologie, Paris, 2001, p. 53.

(3) Ibid. , p. 53.

(4) Les stages de terrain sont mis en place dans le cadre du Centre de Formation à la Recherche Ethnologique dirigé alors par Anne Raulin et sont réalisés dans le cadre du deuxième et troisième cycle des études d'ethnologie de l'Université de Paris V.

(5) Anne Raulin (dir.), Quand Besançon se donne à lire. Essais d'anthropologie urbaine, p. 15.

(6) Vincent Joseph, « La scène associative algéro-bisontine », Quand Besançon se donne à lire. Essais d'anthropologie urbaine, Anne Raulin (dir.), p. 147 à 158.

(7) Selon l'expression de Vincent Joseph, p. 147.

 

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